Réduction générale des cotisations 2026 : le calcul jusqu'à 3 SMIC
La réduction générale 2026 s'applique jusqu'à 3 SMIC, soit 5 469,09 € brut par mois. Formule, coefficient et montant de la réduction par salaire.
La réduction générale des cotisations patronales a changé de nom et de barème le 1er janvier 2026 : elle s’appelle désormais réduction générale dégressive unique, ou RGDU. Elle allège 39,81% du brut sur un salaire au SMIC, puis décroît jusqu’à zéro à 3 SMIC, soit 5 469,09 € brut par mois. Pour un salarié payé 2 500 € brut, elle vaut 429,75 € par mois, et encore 213,85 € à 3 500 €.
Le seuil de sortie ne suit plus le SMIC en vigueur. Il est figé sur la valeur du 1er janvier 2026 pour toute l’année, et c’est là que les calculs recopiés d’une année sur l’autre déraillent.
Qu’est-ce qui a changé avec la RGDU ?
La réforme des allègements généraux tient en trois mouvements, entrés en vigueur le 1er janvier 2026.
Le point de sortie passe de 1,6 à 3 SMIC. Les taux réduits de cotisations d’assurance maladie (7% au lieu de 13%) et d’allocations familiales (3,45% au lieu de 5,25%) disparaissent pour le droit commun : leur effet est absorbé dans un coefficient de réduction plus élevé. Un seuil minimal de 2% est introduit, pour que la réduction ne tombe pas à zéro au milieu de la courbe.
Résultat, le coefficient maximal grimpe à 0,3981 pour les employeurs de moins de 50 salariés et 0,4021 pour ceux de 50 salariés et plus. Ces deux valeurs ne sortent pas d’un chapeau : elles correspondent à la somme exacte des taux patronaux concernés, soit 13% de maladie, 10,66% de vieillesse, 5,25% d’allocations familiales, 0,49% d’accidents du travail, 6,01% de retraite complémentaire, 0,10% de FNAL, 0,30% de CSA et 4% de chômage.
Quelle formule donne le coefficient de réduction ?
La formule officielle, publiée par l’Urssaf, s’écrit ainsi pour une entreprise de moins de 50 salariés :
Coefficient = 0,0200 + (0,3781 × [(1/2) × (3 × SMIC annuel / rémunération annuelle brute − 1)]^1,75)
Quatre paramètres méritent d’être fixés avant tout calcul :
- Tmin = 0,0200, le plancher de 2% qui garantit une réduction minimale tant que le salarié reste sous le seuil de sortie.
- Tdelta = 0,3781 (moins de 50 salariés) ou 0,3821 (50 salariés et plus), la pente de la dégressivité.
- P = 1,75, l’exposant qui arrondit la descente et rapproche la réduction du SMIC d’un palier.
- SMIC annuel = 21 876,40 €, soit 12,02 € de l’heure sur 1 820 heures, la valeur du 1er janvier 2026.
Le résultat s’arrondit à quatre décimales, au dix millième le plus proche. Il ne peut pas dépasser 0,3981 (ou 0,4021). Le montant de la réduction s’obtient ensuite en multipliant ce coefficient par la rémunération brute annuelle, primes et heures supplémentaires comprises.
Un salarié à temps partiel, un contrat suspendu ou une durée collective inférieure à 35 heures font baisser le SMIC de référence au prorata. Une absence non rémunérée réduit donc la réduction, même à salaire brut inchangé sur le bulletin.
Combien vaut la réduction selon le salaire ?
Voici les montants pour une entreprise de moins de 50 salariés, sans heure supplémentaire, sur la base du SMIC au 1er janvier 2026.
| Brut mensuel | Coefficient | Réduction mensuelle | Réduction annuelle | Part du brut |
|---|---|---|---|---|
| 1 823,03 € (SMIC) | 0,3981 | 725,75 € | 8 708,99 € | 39,81% |
| 1 900 € | 0,3588 | 681,72 € | 8 180,64 € | 35,88% |
| 2 000 € | 0,3147 | 629,40 € | 7 552,80 € | 31,47% |
| 2 200 € | 0,2448 | 538,56 € | 6 462,72 € | 24,48% |
| 2 500 € | 0,1719 | 429,75 € | 5 157,00 € | 17,19% |
| 3 000 € | 0,0999 | 299,70 € | 3 596,40 € | 9,99% |
| 3 500 € | 0,0611 | 213,85 € | 2 566,20 € | 6,11% |
| 4 000 € | 0,0395 | 158,00 € | 1 896,00 € | 3,95% |
| 4 500 € | 0,0277 | 124,65 € | 1 495,80 € | 2,77% |
| 5 000 € | 0,0218 | 109,00 € | 1 308,00 € | 2,18% |
| 5 469,09 € | 0,0200 | 109,38 € | 1 312,58 € | 2,00% |
| 5 500 € | 0 | 0 € | 0 € | 0% |
L’écart entre les deux colonnes de réduction ne se contente pas de fondre, il s’effondre : la réduction perd un tiers de sa valeur entre 2 000 € et 2 500 € de brut. C’est l’effet de l’exposant 1,75, qui creuse la pente au voisinage du SMIC.
Pour une entreprise de 50 salariés et plus, les montants sont légèrement supérieurs : 733,04 € par mois au SMIC, 635,60 € à 2 000 €, 433,75 € à 2 500 €. La différence tient au FNAL, à 0,50% au lieu de 0,10%.
Pourquoi la réduction disparaît d’un coup à 3 SMIC ?
Le coefficient plancher de 2% produit une petite anomalie, visible dans le tableau. À 5 000 € de brut, la réduction vaut 109,00 €. À 5 469,09 €, elle monte à 109,38 €. Et à 5 469,10 €, elle tombe à zéro.
La marche est brutale. Un salarié qui franchit le seuil de 3 SMIC par une prime de 10 € fait perdre à son employeur environ 1 300 € de réduction sur l’année. Ce n’est pas un bug de la formule, mais la conséquence directe de la suppression du mécanisme antérieur, qui lissait la sortie jusqu’à 1,6 SMIC sans plancher.
D’où un piège de calcul facile à commettre en 2026. Le seuil officiel est de 5 469,09 €, calculé sur le SMIC du 1er janvier 2026. Le SMIC a été revalorisé au 1er juin 2026, à 12,31 € de l’heure et 1 867,02 € par mois : multiplier cette valeur par trois donne 5 601 €, un chiffre faux de 132 €. Le décret n° 2026-509 du 12 juin 2026 a explicitement gelé la référence au 1er janvier pour toute l’année 2026. Une seule tolérance existe, pour les salariés dont le contrat prend fin entre le 1er et le 30 juin 2026.
Comment le montant se répartit-il entre l’Urssaf et l’Agirc-Arrco ?
La réduction ne se déduit pas en totalité sur le même appel de cotisations. Elle se partage au prorata des taux concernés.
| Effectif | Part Urssaf | Part Agirc-Arrco |
|---|---|---|
| Moins de 50 salariés | réduction × (0,3380 / 0,3981), soit 84,9% | réduction × (0,0601 / 0,3981), soit 15,1% |
| 50 salariés et plus | réduction × (0,3420 / 0,4021), soit 85,1% | réduction × (0,0601 / 0,4021), soit 14,9% |
À 2 000 € brut dans une entreprise de moins de 50 salariés, la réduction annuelle de 7 552,80 € se décompose donc en 6 412,58 € sur l’Urssaf et 1 140,22 € sur la retraite complémentaire. Ces ratios doivent être ajustés en cas de taux particuliers, notamment quand l’assurance chômage n’est pas recouvrée par l’Urssaf.
Quels salariés et quelles cotisations sont concernés ?
La réduction s’applique à tout salarié dont l’employeur cotise à l’assurance chômage, et dont la rémunération annuelle reste sous 65 629,20 €, primes et PPV incluses. Depuis 2025, la prime de partage de la valeur entre dans l’assiette, qu’elle soit placée sur un plan d’épargne ou non. Un oubli de ce côté suffit à faire basculer un salarié au-dessus du seuil.
Trois limites pratiques à garder en tête :
- La cotisation AT-MP est prise en compte dans la réduction, mais son taux est plafonné à 0,49% depuis le 1er janvier 2026. Un taux réel de 3% ne gonfle donc pas la réduction.
- Les particuliers employeurs sont exclus du dispositif.
- Mayotte garde ses paramètres propres, avec un seuil à 1,6 SMIC et un coefficient maximal de 0,2449.
Le cumul est autorisé avec la déduction forfaitaire patronale sur les heures supplémentaires et avec la déduction forfaitaire spécifique pour frais professionnels, cette dernière restant plafonnée à 130% de la réduction calculée sans DFS. En revanche, aucune autre exonération totale ou partielle de cotisations patronales ne se cumule avec la RGDU pour un même salarié.
Comment la déclarer ?
La réduction se déclare chaque mois dans la DSN. Le montant va sur le CTP 668 pour le cas général, la régularisation d’un trop-déduit sur le CTP 669. Les salariés dont l’assurance chômage n’est pas recouvrée par l’Urssaf passent par les CTP 671 et 801.
L’Urssaf contrôle ces déclarations lors de campagnes de fiabilisation et conserve la possibilité de demander les justificatifs du calcul. Un coefficient recopié d’une année sur l’autre se repère vite : les valeurs Tmin et Tdelta ont bougé avec la réforme.
Questions fréquentes
La réduction générale 2026 est-elle plus généreuse qu’avant ? Oui pour les salaires compris entre 1,6 et 3 SMIC, qui étaient exclus du dispositif jusqu’au 31 décembre 2025. La contrepartie se trouve au niveau du SMIC, où la réduction intègre désormais les anciens taux réduits maladie et famille, mais où les cotisations patronales de droit commun ont augmenté du même montant.
La RGDU s’applique-t-elle aux apprentis ? Oui, mais seulement aux contrats pour lesquels l’employeur ne bénéficie pas déjà de l’exonération spécifique liée à l’apprentissage. Les deux dispositifs ne se cumulent pas, et l’exonération apprenti reste plus favorable dans la très grande majorité des cas.
Faut-il recalculer en cas de hausse du SMIC en cours d’année ? Non pour 2026. La valeur de référence reste celle du 1er janvier, soit 21 876,40 € par an. La revalorisation du 1er juin n’entre dans le calcul que pour les contrats qui se terminent entre le 1er et le 30 juin 2026, par tolérance de la Direction de la sécurité sociale.
Que se passe-t-il si le salarié dépasse 3 SMIC en fin d’année ? La réduction s’apprécie sur la rémunération annuelle, pas sur le mois. Un dépassement en décembre peut annuler le droit pour l’ensemble de l’année, et donner lieu à une régularisation négative en DSN. Mieux vaut l’anticiper avant de verser une prime de fin d’année.
Pour aller plus loin
- Coût d’un salarié 2026 : charges patronales et réductions : le coût employeur complet, poste par poste.
- Coût d’un salarié à Paris : SMIC à cadre, RGDU et charges réelles : la même mécanique appliquée à des salaires élevés.
- Heures supplémentaires 2026 : majoration et exonération : ce qui entre dans l’assiette de la réduction.
- SMIC 2026 : brut, net, horaire et mensuel : les deux valeurs de l’année, janvier et juin.
Pour chiffrer le coût réel d’une embauche avec la réduction déduite, le simulateur de coût salarié reprend le brut, l’effectif et le taux AT-MP de l’entreprise. Côté salarié, le simulateur de salaire brut-net donne le net versé sur le même bulletin.
Dernière revue : 20 octobre 2026.
Sources
- Urssaf, « La réduction générale dégressive unique », page employeur mise à jour le 13 juillet 2026 (formule, valeurs Tmin et Tdelta, ratios de répartition, plafond AT-MP à 0,49%).
- Urssaf, « Ce qu’il faut savoir au 1er janvier 2026 », actualité 2026 sur la valeur du SMIC à retenir pour le coefficient.
- service-public.gouv.fr (Entreprendre), « Réduction générale dégressive unique (RGDU) de cotisations patronales », fiche F24542 vérifiée le 15 juin 2026 (seuil de 3 SMIC, montants de sortie, exemples de calcul au SMIC et à 3 500 €).
- Bulletin officiel de la Sécurité sociale, communiqué du 5 septembre 2025 sur la réforme des allègements généraux applicable au 1er janvier 2026 (suppression des taux réduits maladie et famille, point de sortie à 3 SMIC, seuil minimal de 2%, exposant P de 1,75), pris en application de l’article 18 de la loi n° 2025-199 du 28 février 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2025.
- Décret n° 2026-509 du 12 juin 2026 relatif aux modalités d’application de la réduction générale dégressive unique prévue à l’article L. 241-13 du code de la sécurité sociale, JORF n° 0138 du 14 juin 2026 (valeur du SMIC gelée au 1er janvier 2026 pour le calcul de l’année 2026).
- Code de la sécurité sociale, article L. 241-13, et articles D. 241-7 à D. 241-10.
- Ministère du Travail, « Le SMIC », montants horaires au 1er janvier 2026 (12,02 €) et au 1er juin 2026 (12,31 €).