Taux de CFE par commune : 17,83% à Paris, 39,50% à Toulouse
Taux de CFE par commune dans 10 grandes villes (derniers taux publiés, 2025) croisés avec la base minimum votée pour 2026. Pour 45 000 euros de chiffre d'affaires, la cotisation va de 75 à 893 euros.
Le taux de CFE par commune va de 17,83% à Paris à 39,50% à Toulouse parmi les dix grandes villes comparées ici. Mais le taux seul ne donne pas la facture. Un micro-entrepreneur sans local, qui a réalisé 45 000 euros de chiffre d’affaires en 2024, paierait environ 75 euros à Paris (taux 2025, avant frais), 659 euros à Lyon et 893 euros à Bordeaux. Près de douze fois plus à Bordeaux, pour la même activité.
Un mot sur les années avant le tableau. Les taux sont ceux de 2025, les derniers publiés par la direction générale des finances publiques (DGFiP), qui n’a pas encore mis en ligne de millésime 2026. Les bases minimum sont celles applicables en 2026. Votre avis de CFE de décembre reste la seule valeur qui fait foi.
Taux de CFE par commune (2025) et base 2026 : le tableau des 10 grandes villes
Le tableau suppose une activité sans local, avec un chiffre d’affaires de 2024 compris entre 32 601 et 100 000 euros (le chiffre de N-2 décide de la tranche). C’est la tranche d’un micro-entrepreneur à 45 000 euros. Les villes sont classées de la cotisation la plus basse à la plus haute.
| Ville | Taux voté | Taux global | Base minimum 2026 | Cotisation |
|---|---|---|---|---|
| Paris | 16,52% | 17,83% | 421 € | 75 € |
| Montpellier | 36,58% | 38,70% | 1 282 € | 496 € |
| Lille | 33,61% | 34,63% | 1 647 € | 570 € |
| Nantes | 31,49% | 32,86% | 1 992 € | 655 € |
| Lyon | 30,34% | 30,65% | 2 151 € | 659 € |
| Rennes | 28,73% | 29,27% | 2 287 € | 669 € |
| Strasbourg | 26,83% | 27,67% | 2 476 € | 685 € |
| Marseille | 32,87% | 34,11% | 2 095 € | 715 € |
| Toulouse | 36,58% | 39,50% | 1 931 € | 763 € |
| Bordeaux | 35,06% | 37,45% | 2 384 € | 893 € |
La cotisation est la base minimum multipliée par le taux global, arrondie à l’euro, avant frais de gestion. Pour Paris et Toulouse, le fichier de la DGFiP ne donne aucun montant de base pour les petites tranches de chiffre d’affaires (moins de 10 000 euros à Paris, jusqu’à 32 600 euros à Toulouse). Le tableau ne s’en sert donc pas, et il ne dit rien de ces cas.
Deux lignes se lisent mal au premier regard. Toulouse a le taux le plus élevé, mais Bordeaux la facture la plus lourde, parce que sa base est de 2 384 euros contre 1 931 euros. Montpellier affiche le deuxième taux (38,70%) et la deuxième facture la plus basse, grâce à une base de 1 282 euros.
Pourquoi 45 000 euros de chiffre d’affaires coûtent 75 euros à Paris et 893 à Bordeaux
Trois leviers jouent, et ils se cumulent.
La base minimum votée. Elle est fixée par le conseil municipal, ou par l’organe de l’intercommunalité quand celle-ci a la fiscalité professionnelle unique, ce qui est le cas des métropoles du tableau (hors Paris). À Paris, la Ville a voté 421 euros pour cette tranche, à Bordeaux la métropole en a voté 2 384. Un rapport de près de 6 à 1, qui explique la plus grande part de l’écart.
Le taux voté. Il va de 16,52% (Paris) à 36,58% (Toulouse et Montpellier). C’est le chiffre que citent la plupart des tableaux de villes, et c’est le plus trompeur des trois, puisqu’il ne dit rien de la base à laquelle il s’applique.
Les taxes annexes. La DGFiP présente un taux « global » qui additionne le taux voté et les taxes spéciales prélevées sur la même base : taxe spéciale d’équipement, taxe GEMAPI (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations) et, selon les territoires, d’autres taxes spéciales. À Paris, 16,52% de taux voté deviennent 17,83% (0,91 point de taxe spéciale d’équipement, 0,23 d’une autre taxe spéciale, 0,169 de GEMAPI). À Toulouse, près de trois points de plus que le taux voté. À Lyon, 0,31 point seulement.
Si vous hésitez entre deux villes pour domicilier votre activité, comparez la base d’abord, le taux ensuite. Un taux bas appliqué à une base haute coûte parfois plus cher qu’un taux élevé sur une base basse.
Cas pratique : 45 000 euros de chiffre d’affaires à Lyon, ligne à ligne
Une consultante en communication, micro-entrepreneuse, travaille depuis son appartement lyonnais. Elle n’a ni local ni terrain. Son chiffre d’affaires 2024 est de 45 000 euros, et l’avis de CFE qu’elle recevra en 2026 se calcule sur cette année-là.
- Chiffre d’affaires de 2024 : 45 000 euros, donc tranche de 32 601 à 100 000 euros.
- Pas de local : la CFE se calcule sur la base minimum.
- Base minimum votée par la Métropole de Lyon pour cette tranche en 2026 : 2 151 euros.
- Taux global : 30,65% (30,34% voté, plus 0,31 point de GEMAPI).
- Cotisation : 2 151 × 30,65% = 659,28 euros.
- Frais de gestion de 3% (2% de dégrèvements et non-valeurs, 1% d’assiette et de recouvrement, article 1641 du CGI) : 19,78 euros.
- Total : environ 679 euros.
Le même calcul à Paris donne 421 × 17,83% = 75,06 euros, avant frais de gestion. À Bordeaux, 2 384 × 37,45% = 892,81 euros, avant frais de gestion. Entre Lyon et Paris, l’écart est de 584 euros avant frais, chaque année.
Une limite : la taxe additionnelle de la chambre de commerce ou des métiers n’est pas dans ce calcul. Un micro-entrepreneur la règle à part, sur le site de l’Urssaf. Et si vous avez un local, la CFE se calcule sur la valeur locative des biens, pas sur la base minimum, avec un autre résultat.
Le même taux, six tranches de chiffre d’affaires
Le chiffre d’affaires de N-2 fait varier la facture autant que la ville. À Lyon, avec le taux global de 30,65% :
| Chiffre d’affaires de N-2 | Base minimum 2026 | Cotisation |
|---|---|---|
| Jusqu’à 10 000 € | 597 € | 183 € |
| De 10 001 € à 32 600 € | 1 194 € | 366 € |
| De 32 601 € à 100 000 € | 2 151 € | 659 € |
| De 100 001 € à 250 000 € | 2 749 € | 843 € |
| De 250 001 € à 500 000 € | 4 063 € | 1 245 € |
| Plus de 500 000 € | 5 256 € | 1 611 € |
Sous 5 000 euros de chiffre d’affaires, la ligne tombe à zéro (voir plus bas). Pour savoir où se situe votre propre chiffre d’affaires par rapport aux plafonds de la micro-entreprise, l’article sur les plafonds de chiffre d’affaires de l’auto-entrepreneur donne les seuils de l’année. La CFE s’ajoute ensuite aux cotisations sociales que chiffre le calculateur de charges auto-entrepreneur.
Le barème national qui encadre chaque commune
La loi ne fixe pas la base minimum, elle fixe un couloir par tranche de chiffre d’affaires. Chaque commune ou intercommunalité vote son montant dans ce couloir, avant le 1er octobre pour l’année suivante. Le plancher est de 250 euros partout. Les plafonds de 2026, revalorisés chaque année :
| Chiffre d’affaires de N-2 | Fourchette de la base minimum 2026 |
|---|---|
| Jusqu’à 10 000 € | 250 € à 597 € |
| De 10 001 € à 32 600 € | 250 € à 1 194 € |
| De 32 601 € à 100 000 € | 250 € à 2 509 € |
| De 100 001 € à 250 000 € | 250 € à 4 183 € |
| De 250 001 € à 500 000 € | 250 € à 5 974 € |
| À partir de 500 001 € | 250 € à 7 769 € |
Lyon, Bordeaux et Rennes votent le plafond légal pour les deux premières tranches (597 et 1 194 euros). Toutes trois restent bien en dessous du plafond pour la tranche de 32 601 à 100 000 euros : 2 151, 2 384 et 2 287 euros, contre 2 509 possibles.
Trouver le taux et la base de votre commune
Trois chemins, du plus simple au plus détaillé.
- Votre avis de CFE. Il arrive en version dématérialisée sur votre compte fiscal en ligne, avec le montant et la date limite de paiement.
- Le service en ligne de l’administration fiscale pour connaître les taux d’imposition directe locale par commune : vous choisissez l’exercice, la région, le département.
- Les jeux de données de la DGFiP. Le jeu « Fiscalité locale des professionnels » donne le taux global de CFE (colonne hors zone d’activité). Les jeux « Délibérations de fiscalité directe locale applicables en 2026 » donnent la base minimum des six tranches, dans un fichier pour les communes et un autre pour les intercommunalités.
Dernier point, qui fait perdre du temps : si votre commune appartient à une métropole ou à une communauté à fiscalité professionnelle unique, cherchez la ligne de l’intercommunalité, pas celle de la commune. Pour Lyon, Marseille ou Bordeaux, la ligne « commune » est vide. Exception en Île-de-France : dans la Métropole du Grand Paris, Paris se lit sur la ligne de la commune, les autres communes sur celle de leur établissement public territorial (par exemple Plaine Commune ou Est Ensemble), pas sur celle de la métropole.
Quand la CFE tombe à zéro ou baisse
- Chiffre d’affaires de N-2 de 5 000 euros ou moins : aucune CFE. Pour une entreprise créée l’année précédente, c’est le chiffre d’affaires de cette première année, ramené à douze mois, qui compte.
- Année de création : exonération. L’année suivante, la base d’imposition est réduite de moitié. Une activité lancée en 2026 ne paie rien pour 2026, puis la moitié de la base pour 2027. Le détail est dans l’article sur l’exonération de CFE la première année.
- Exonérations de plein droit pour certaines professions : artistes plasticiens (peintres, sculpteurs, graveurs, dessinateurs) qui ne vendent que le produit de leur art, graphistes limités à la création d’œuvres graphiques, auteurs, compositeurs, traducteurs percevant des droits d’auteur, photographes auteurs, sportifs pour la seule pratique de leur sport (article 1460 du CGI).
- Exonérations facultatives, votées par la collectivité : quartiers prioritaires de la politique de la ville, zones France ruralités revitalisation, bassins d’emploi à redynamiser. Elles ne s’appliquent que si votre commune ou votre intercommunalité les a décidées.
Si vous comparez le statut de micro-entrepreneur à celui d’une société, gardez en tête qu’une société peut aussi devoir la CFE. Le calculateur de charges SASU et EURL chiffre les cotisations, la CFE est à ajouter.
Calendrier 2026
- Du 26 mai au 16 juin : acompte de 50% de la CFE de l’année précédente, seulement si celle-ci dépassait 3 000 euros.
- 15 décembre 2026 (un mardi) : date limite de paiement, ou du solde si un acompte a été versé. Si la date tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié, elle passe au premier jour ouvrable suivant.
- Jusqu’au 30 novembre : option pour le prélèvement à l’échéance. La mensualisation (un dixième par mois, prélevé le 15 de chaque mois de janvier à octobre) se choisit jusqu’au 30 juin, ou jusqu’au 15 juin si la CFE dépasse 3 000 euros.
Les bases minimum ne demandent aucune déclaration annuelle : l’administration établit l’avis seule.
Sources
- Service-public.fr, Cotisation foncière des entreprises (CFE) : barème de la base minimum due en 2026, exonérations, paiement, acompte, taxe additionnelle.
- DGFiP, data.economie.gouv.fr, Fiscalité locale des professionnels (extrait du fichier REI 2025) : taux de CFE 2025 par commune.
- DGFiP, data.economie.gouv.fr, Délibérations de fiscalité directe locale des communes applicables en 2026 et des groupements à fiscalité propre : bases minimum 2026 par tranche.
- BOFiP, BOI-IF-CFE-20-20-40-10 : base minimum, délibération avant le 1er octobre, frais de gestion.
- Légifrance, article 1641 du Code général des impôts : frais de dégrèvement, de non-valeurs, d’assiette et de recouvrement.