Expatriation Géorgie : fiscalité, impôts et coût de la vie en 2026
S'expatrier en Géorgie : imposition territoriale, statut Small Business à 1 %, flat tax de 20 %, dividendes à 5 %, convention fiscale avec la France, coût de la vie et démarches en 2026.
La Géorgie est devenue en quelques années l’une des destinations préférées des entrepreneurs et travailleurs indépendants français. Deux raisons à cela : une imposition territoriale, où les revenus de source étrangère sont en règle générale non imposés pour les particuliers résidents, et un régime Small Business qui plafonne l’impôt à 1 % du chiffre d’affaires. Ajoutez un coût de la vie parmi les plus bas de la région, un accès sans visa jusqu’à un an pour les Français et une immatriculation d’activité en quelques jours, et l’on comprend l’engouement de la communauté des digital nomads pour Tbilissi et Batoumi. Voici le tableau complet pour 2026.
Fiscalité pour les résidents en Géorgie
Est résident fiscal géorgien celui qui séjourne plus de 183 jours sur une période de douze mois, ou qui obtient un statut de résidence spécifique. Le principe fondamental à retenir est la territorialité : la Géorgie impose principalement les revenus de source géorgienne. Les revenus tirés de l’étranger par un particulier échappent le plus souvent à l’impôt géorgien, ce qui constitue l’atout central du pays pour un expatrié dont les clients ou les actifs sont hors de Géorgie.
Impôt sur le revenu (flat tax de 20 %)
Le salaire et les revenus de source géorgienne sont soumis à un impôt forfaitaire de 20 %, sans tranches ni progressivité. Il n’existe pas de cotisations sociales comparables au modèle français : un régime de retraite par capitalisation ne prélève que quelques points, partagés entre le salarié, l’employeur et l’État. La charge sociale est donc sans commune mesure avec les 40 % et plus supportés en France.
Le statut Small Business : l’impôt à 1 %
C’est le dispositif qui fait la réputation fiscale du pays. Un entrepreneur individuel enregistré comme Small Business est imposé à 1 % de son chiffre d’affaires, tant que celui-ci reste sous le seuil de 500 000 GEL par an (environ 170 000 €, montant indicatif selon le change). Au-delà, le taux passe à 3 %. Un statut Micro Business existe même à 0 % sous 30 000 GEL de revenus annuels. Pour un freelance qui facture des clients hors de Géorgie, la combinaison territorialité plus Small Business aboutit à une charge fiscale très faible. Le traitement précis des revenus de source étrangère mérite toutefois d’être validé avec un conseil local selon votre activité, car l’administration examine la réalité de l’exploitation.
Sociétés, dividendes et TVA
| Impôt | Taux | |---|---| | Impôt sur les sociétés (modèle estonien) | 15 %, uniquement sur les bénéfices distribués | | Dividendes | 5 % | | Intérêts | 5 % | | TVA | 18 % | | Impôt foncier | jusqu’à 1 % |
Le modèle dit estonien est particulièrement intéressant : une société ne paie l’impôt sur les sociétés que lorsqu’elle distribue ses bénéfices. Les profits réinvestis ne sont pas taxés, ce qui favorise la croissance et l’autofinancement.
Autres impôts
- Impôt sur la fortune : inexistant.
- Droits de succession et de donation : inexistants.
- Impôt foncier : municipal, plafonné à 1 %, avec exonération pour les foyers dont les revenus annuels restent sous un seuil.
- Plus-values : les gains sur des actifs détenus plus de deux ans (immobilier résidentiel, véhicules sous conditions) sont souvent exonérés.
Convention fiscale entre la France et la Géorgie
Une convention fiscale lie la France et la Géorgie depuis 2010 (signée le 7 mars 2007). Elle attribue le droit d’imposer selon le type de revenu et prévient la double imposition. Points à retenir :
- Revenus d’activité : imposés en principe dans l’État où l’activité est exercée.
- Pensions privées : imposables dans l’État de résidence, donc en Géorgie pour un retraité qui s’y installe.
- Pensions publiques : imposables dans l’État qui les verse, donc en France.
- Revenus immobiliers : imposés dans l’État de situation du bien.
- Dividendes et intérêts : retenue à la source plafonnée par la convention.
- Élimination de la double imposition : par crédit d’impôt, pour éviter qu’un même revenu soit taxé deux fois.
Comme toujours, le bénéfice du régime géorgien suppose une résidence fiscale réellement transférée : présence effective, centre des intérêts vitaux sur place et sortie propre du système français. Le détail des mécanismes est expliqué dans notre article sur les conventions fiscales.
Coût de la vie
La Géorgie est l’un des pays les plus abordables de la région. À Tbilissi, un logement confortable, la restauration et les services coûtent une fraction des prix français. Estimation mensuelle indicative pour une personne seule :
| Poste de dépense | Tbilissi | Batoumi | Ville moyenne | |---|---|---|---| | Loyer T2 centre-ville | 400 à 700 € | 300 à 550 € | 200 à 350 € | | Alimentation | 150 à 250 € | 130 à 220 € | 100 à 180 € | | Transport | 15 à 40 € | 15 à 35 € | 10 à 25 € | | Santé (assurance privée) | 30 à 70 € | 30 à 70 € | 25 à 60 € | | Total estimé | 595 à 1 060 € | 475 à 875 € | 335 à 615 € |
Internet est rapide et bon marché, ce qui explique la forte communauté de digital nomads. Le pays autorise par ailleurs de nombreux étrangers, dont les Français, à séjourner jusqu’à un an sans visa, ce qui facilite une installation progressive avant de basculer en résidence fiscale.
Avantages et inconvénients
Avantages :
- Imposition territoriale : les revenus étrangers des particuliers sont en général non imposés
- Statut Small Business à 1 % du chiffre d’affaires, idéal pour les freelances
- Impôt sur les sociétés seulement sur les bénéfices distribués
- Ni impôt sur la fortune, ni droits de succession
- Coût de la vie très bas, internet rapide
- Accès sans visa jusqu’à un an pour les Français
Inconvénients :
- Monnaie locale (lari) : risque de change pour des revenus en euros
- Hors Union européenne, éloignement géographique
- Traitement fiscal des revenus étrangers à sécuriser au cas par cas
- Système de santé public de qualité variable, assurance privée recommandée
- Instabilité régionale à surveiller
- Ouverture de compte bancaire parfois plus exigeante qu’auparavant
Démarches pour s’expatrier
- Entrée en Géorgie : les Français peuvent séjourner jusqu’à un an sans visa, ce qui permet de tester l’installation avant tout engagement.
- Enregistrement de l’activité : immatriculer un entrepreneur individuel auprès du Revenue Service, puis demander le statut Small Business pour bénéficier du taux de 1 %.
- Résidence fiscale : atteindre 183 jours de présence ou obtenir un statut de résidence, afin d’être reconnu résident géorgien.
- Ouverture d’un compte bancaire : auprès de TBC Bank ou Bank of Georgia, avec justificatifs de domicile et d’activité.
- Déclaration de départ en France : informer le centre des finances publiques et ne déclarer ensuite que les revenus de source française.
- Assurance santé privée : fortement recommandée pour un accès rapide à des soins de qualité.
Pour comparer la Géorgie à un régime européen à très faible imposition, voir notre article sur l’expatriation en Andorre, et notre guide dédié aux freelances et digital nomads.
Sources : code fiscal géorgien (Tax Code of Georgia), régimes Small Business et Micro Business (Revenue Service géorgien), convention fiscale France-Géorgie du 7 mars 2007 (en vigueur depuis 2010).
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