Expatriation Andorre : fiscalité, impôts et coût de la vie en 2026
S'expatrier en Andorre : IRPF plafonné à 10 %, IGI à 4,5 %, ni impôt sur la fortune ni droits de succession, convention fiscale avec la France, résidence active ou passive et démarches en 2026.
Coincée entre la France et l’Espagne, la Principauté d’Andorre attire les expatriés français pour une raison simple : sa fiscalité reste l’une des plus légères d’Europe, tout en restant à moins de trois heures de route de Toulouse. Longtemps perçue comme un paradis fiscal opaque, Andorre a profondément réformé son système à partir de 2015 pour se conformer aux standards internationaux et signer une convention fiscale avec la France. Le pays applique désormais un vrai impôt sur le revenu, mais à des taux qui font toujours rêver un contribuable français. Voici le tableau complet pour 2026.
Fiscalité pour les résidents en Andorre
Est considérée comme résidente fiscale andorrane toute personne qui séjourne plus de 183 jours par an sur le territoire ou qui y établit le centre de ses intérêts économiques. La résidence effective est contrôlée : depuis les réformes, Andorre n’accepte plus les simples domiciliations de façade et exige une présence réelle.
Impôt sur le revenu (IRPF)
L’impôt sur le revenu des personnes physiques repose sur un barème à trois tranches, plafonné à 10 % :
| Revenu annuel imposable | Taux | |---|---| | Jusqu’à 24 000 € | 0 % | | De 24 000 € à 40 000 € | 5 % | | Au-delà de 40 000 € | 10 % |
Un résident qui déclare 80 000 € de revenus paie donc de l’ordre de 4 800 € d’impôt sur le revenu, contre plusieurs fois plus en France pour une situation équivalente. Les couples mariés bénéficient d’un abattement renforcé qui repousse le seuil d’entrée dans l’impôt, ce qui allège encore la note pour un foyer.
Impôt sur les sociétés et IGI
L’impôt sur les sociétés est fixé à 10 %, l’un des plus bas d’Europe de l’Ouest, ce qui rend le pays attractif pour les entrepreneurs qui domicilient une activité réelle sur place. L’équivalent de la TVA, appelé IGI (impôt général indirect), affiche un taux normal de seulement 4,5 %, avec des taux réduits allant jusqu’à 0 % sur la santé et l’éducation. C’est ce qui explique des prix attractifs sur de nombreux biens de consommation.
Autres impôts
- Plus-values mobilières : généralement exonérées lorsque la participation détenue reste inférieure à 25 %, ou lorsque les titres sont conservés plus de dix ans. Au-delà, le taux est de 10 %.
- Plus-values immobilières : barème dégressif selon la durée de détention, d’environ 15 % la première année jusqu’à l’exonération totale après une douzaine d’années.
- Impôt sur la fortune : inexistant.
- Droits de succession et de donation : inexistants en ligne directe (0 %).
- Cotisations sociales (CASS) : les résidents actifs cotisent à la caisse andorrane de sécurité sociale, qui rembourse environ 75 % des frais de santé, complétés le plus souvent par une mutuelle privée.
À la différence de nombreuses destinations à faible impôt sur le revenu, Andorre reste avantageuse même après prise en compte des cotisations sociales, car celles-ci sont modérées et l’absence d’impôt sur le patrimoine profite particulièrement aux profils aisés.
Résidence active ou passive
Andorre distingue deux voies légales pour s’installer, et le choix conditionne à la fois les démarches et le coût d’entrée :
- Résidence active : pour ceux qui travaillent ou créent une société sur place. Elle suppose une activité réelle, l’affiliation à la CASS et une présence effective importante dans l’année. C’est la voie des entrepreneurs et salariés.
- Résidence passive : pour les personnes vivant de leurs revenus ou de leur patrimoine, sans activité locale. Elle exige un investissement en Andorre (souvent immobilier ou financier, de l’ordre de 600 000 €, dont un dépôt non rémunéré auprès de l’autorité financière andorrane), une assurance santé privée, un casier judiciaire vierge et une présence minimale d’environ 90 jours par an.
Le choix dépend donc de votre projet : entrepreneur ou consultant en activité d’un côté, rentier ou retraité aisé de l’autre.
Convention fiscale entre la France et Andorre
La convention fiscale bilatérale a été signée le 2 avril 2013 et est entrée en vigueur en 2015. Elle répartit le droit d’imposer entre les deux États et élimine la double imposition. Points à retenir :
- Revenus d’activité : imposés en principe dans l’État où l’activité est exercée.
- Pensions privées : imposables dans l’État de résidence, donc en Andorre pour un retraité qui s’y installe réellement.
- Pensions publiques : imposables dans l’État qui les verse, donc en France.
- Revenus immobiliers : imposés dans l’État de situation du bien (un bien resté en France reste imposé en France).
- Élimination de la double imposition : par la méthode du crédit d’impôt, afin qu’un même revenu ne soit pas taxé deux fois.
Point crucial : pour que la France cesse de vous imposer sur vos revenus mondiaux, votre départ doit être réel et votre résidence andorrane effective. Un simple transfert d’adresse sans installation véritable expose à un redressement. Le mécanisme est détaillé dans notre guide sur le fonctionnement des conventions fiscales.
Coût de la vie
La fiscalité légère ne signifie pas que tout est bon marché. Le logement, en particulier à Andorre-la-Vieille et Escaldes-Engordany, est cher et l’offre est limitée par la géographie montagneuse. En revanche, le carburant, le tabac, l’alcool, l’électronique et de nombreux biens de consommation restent nettement moins taxés qu’en France. Estimation mensuelle indicative pour une personne seule :
| Poste de dépense | Fourchette mensuelle | |---|---| | Loyer T2 (Andorre-la-Vieille / Escaldes) | 900 à 1 400 € | | Alimentation | 300 à 450 € | | Transport (voiture quasi indispensable) | 40 à 90 € | | Santé (mutuelle en complément de la CASS) | 50 à 120 € | | Total estimé | 1 300 à 2 060 € |
Le cadre de vie (montagne, ski, sécurité, air pur) séduit autant que la fiscalité. À noter : Andorre n’a pas d’aéroport, les plus proches étant Toulouse, Barcelone et Perpignan, à deux ou trois heures de route.
Avantages et inconvénients
Avantages :
- IRPF plafonné à 10 %, IGI à 4,5 %
- Ni impôt sur la fortune, ni droits de succession en ligne directe
- Impôt sur les sociétés à 10 %, intéressant pour les entrepreneurs
- Sécurité, qualité de vie et proximité de la France
- Euro utilisé comme monnaie, sans risque de change
Inconvénients :
- Logement cher et rare, coût d’entrée élevé pour la résidence passive
- Présence effective réellement contrôlée
- Pays enclavé, sans aéroport ni mer, hivers longs
- Andorre n’est pas membre de l’Union européenne : accès au marché du travail européen non automatique
- Le gain fiscal n’est vraiment marquant qu’au-delà d’un certain niveau de revenus
Démarches pour s’expatrier
- Choisir le type de résidence : active (travail ou société) ou passive (investissement). Ce choix détermine toute la suite du dossier.
- Constituer le dossier d’immigration : passeport, casier judiciaire vierge, justificatif de ressources ou d’investissement, assurance santé, auprès du service d’immigration andorran.
- Résidence passive : réaliser l’investissement requis et le dépôt auprès de l’autorité financière, souscrire une assurance privée et justifier de ressources suffisantes.
- Résidence active : créer ou intégrer une société andorrane, s’affilier à la CASS et justifier d’une activité réelle.
- Déclarer son départ en France : informer le centre des finances publiques, déposer la dernière déclaration de résident, puis ne déclarer ensuite que les revenus de source française.
- Vérifier son statut de résidence : la règle des 183 jours et le centre des intérêts vitaux doivent être respectés pour être reconnu résident andorran et non plus français.
Pour comparer Andorre à d’autres destinations à faible imposition, voir notre article sur l’expatriation en Géorgie et notre panorama pour les freelances et digital nomads.
Sources : loi 5/2014 sur l’IRPF andorran, code fiscal de la Principauté d’Andorre (IGI, IS, plus-values), convention fiscale France-Andorre du 2 avril 2013 (en vigueur depuis 2015), ministère des Finances andorran.
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