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Entreprise

Calcul TVA : formule HT → TTC et TTC → HT expliquée

Comment passer du HT au TTC et inversement. Les 4 taux de TVA en France (20%, 10%, 5.5%, 2.1%) et un exemple de facture.

3 juillet 2026 5 min de lecture
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C’est le chiffre qu’on regarde en premier sur une facture, et pourtant il reste source de confusion : le passage du hors taxes au TTC. La TVA — taxe sur la valeur ajoutée — touche la quasi-totalité des biens et services vendus en France. Quand on crée une entreprise, la comprendre n’est pas un luxe. C’est un prérequis.

Pourquoi la France a quatre taux (et pas un seul)

La TVA est née en 1954, invention française exportée dans toute l’Union européenne. Dès l’origine, le législateur a voulu moduler la charge fiscale selon la nature du produit. L’idée : taxer moins ce qui relève du nécessaire, davantage ce qui relève du confort.

Résultat : quatre taux coexistent aujourd’hui en France métropolitaine.

  • 20 % — le taux normal, appliqué par défaut à la majorité des biens et services
  • 10 % — le taux intermédiaire, pour la restauration, les travaux de rénovation ou le transport de voyageurs
  • 5,5 % — le taux réduit, réservé aux produits de première nécessité : alimentation, livres, abonnements énergétiques
  • 2,1 % — le taux super-réduit, limité aux médicaments remboursés par la Sécurité sociale et à la presse

À noter — La Corse applique des taux spécifiques (13 %, 10 %, 2,1 %, 0,9 %). Les DOM (Guadeloupe, Martinique, Réunion) fonctionnent avec un taux normal de 8,5 %. La Guyane et Mayotte ne sont tout simplement pas soumises à la TVA.

Ces taux sont encadrés par la directive européenne 2006/112/CE, qui impose un taux normal d’au moins 15 % et autorise un maximum de deux taux réduits. La France utilise cette marge à plein.

Les trois formules, et l’erreur que tout le monde fait

Passer du HT au TTC, c’est une multiplication. L’inverse, une division. On retient trois formules :

Du HT vers le TTC :

TTC = HT × (1 + taux)

Du TTC vers le HT :

HT = TTC ÷ (1 + taux)

Montant de TVA seul :

TVA = HT × taux

Avec un taux de 20 %, le coefficient multiplicateur est 1,20. Pour 10 %, c’est 1,10. Pour 5,5 %, c’est 1,055.

L’erreur classique — On ne « retire pas 20 % » du TTC pour retrouver le HT. Retirer 20 % de 1 200 € donne 960 €, ce qui est faux. Le bon calcul : 1 200 ÷ 1,20 = 1 000 € HT. La différence paraît subtile, mais elle fausse une facture entière.

Franchise en base de TVA : le seuil qui change tout pour les auto-entrepreneurs

Quand on lance une micro-entreprise, on bénéficie souvent de la franchise en base de TVA. Concrètement, en dessous de certains seuils de chiffre d’affaires, on ne facture pas la TVA et on ne la reverse pas à l’État. On facture directement en HT, avec la mention obligatoire « TVA non applicable, article 293 B du CGI » sur chaque facture.

Les seuils en vigueur (au 1er janvier 2025, selon le Bulletin officiel des finances publiques) :

  • 36 800 € pour les prestations de services
  • 91 900 € pour les activités de vente de marchandises

Au-delà de ces plafonds, on bascule dans le régime classique : on collecte la TVA auprès de ses clients et on la reverse au Trésor public. L’avantage disparaît, mais un autre apparaît.

La récupération de TVA : l’avantage invisible des assujettis

Dès qu’on facture la TVA, on peut aussi la déduire sur ses achats professionnels. C’est le mécanisme de récupération. Un graphiste freelance qui achète un ordinateur à 1 200 € TTC récupère 200 € de TVA — son coût réel tombe à 1 000 €.

Règle pratique — On ne récupère la TVA que sur les dépenses directement liées à l’activité professionnelle, et uniquement si on est soi-même assujetti. Un auto-entrepreneur en franchise ne récupère rien : il paie tout TTC.

C’est souvent ce calcul qui pousse un indépendant à opter volontairement pour la TVA avant d’atteindre les seuils, surtout quand ses clients sont eux-mêmes des entreprises (qui récupèrent la TVA de leur côté et sont donc indifférentes au montant TTC).

Vendre à un client européen : l’autoliquidation en deux mots

Quand on facture une prestation de services à une entreprise établie dans un autre État membre de l’UE, la TVA française ne s’applique pas. C’est le client qui déclare et paie la TVA dans son propre pays : c’est le mécanisme d’autoliquidation (reverse charge). On émet alors une facture HT avec la mention « Autoliquidation — article 283-2 du CGI » et le numéro de TVA intracommunautaire des deux parties.

Point de vigilance — Ce régime ne concerne que les échanges B2B. Si le client est un particulier européen, on facture la TVA française (ou celle du pays du client au-delà de certains seuils, via le guichet unique OSS).

Un exemple complet pour ancrer les chiffres

On est consultant indépendant, assujetti à la TVA au taux normal. On facture une mission de conseil à 2 500 € HT.

  • Montant TVA : 2 500 × 0,20 = 500 €
  • Prix TTC : 2 500 × 1,20 = 3 000 €

Le client règle 3 000 €. On encaisse la totalité, puis on reverse 500 € de TVA à l’État lors de la déclaration. Le chiffre d’affaires réel reste 2 500 €.

Simuler avec ses propres chiffres →


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