Calcul TVA : formule HT → TTC et TTC → HT expliquée
Comment passer du HT au TTC et inversement. Les 4 taux de TVA en France (20%, 10%, 5.5%, 2.1%) et un exemple de facture.
C’est le chiffre qu’on regarde en premier sur une facture, et pourtant il reste source de confusion : le passage du hors taxes au TTC. La TVA — taxe sur la valeur ajoutée — touche la quasi-totalité des biens et services vendus en France. Quand on crée une entreprise, la comprendre n’est pas un luxe. C’est un prérequis.
Pourquoi la France a quatre taux (et pas un seul)
La TVA est née en 1954, invention française exportée dans toute l’Union européenne. Dès l’origine, le législateur a voulu moduler la charge fiscale selon la nature du produit. L’idée : taxer moins ce qui relève du nécessaire, davantage ce qui relève du confort.
Résultat : quatre taux coexistent aujourd’hui en France métropolitaine.
- 20 % — le taux normal, appliqué par défaut à la majorité des biens et services
- 10 % — le taux intermédiaire, pour la restauration, les travaux de rénovation ou le transport de voyageurs
- 5,5 % — le taux réduit, réservé aux produits de première nécessité : alimentation, livres, abonnements énergétiques
- 2,1 % — le taux super-réduit, limité aux médicaments remboursés par la Sécurité sociale et à la presse
À noter — La Corse applique des taux spécifiques (13 %, 10 %, 2,1 %, 0,9 %). Les DOM (Guadeloupe, Martinique, Réunion) fonctionnent avec un taux normal de 8,5 %. La Guyane et Mayotte ne sont tout simplement pas soumises à la TVA.
Ces taux sont encadrés par la directive européenne 2006/112/CE, qui impose un taux normal d’au moins 15 % et autorise un maximum de deux taux réduits. La France utilise cette marge à plein.
Les trois formules, et l’erreur que tout le monde fait
Passer du HT au TTC, c’est une multiplication. L’inverse, une division. On retient trois formules :
Du HT vers le TTC :
TTC = HT × (1 + taux)
Du TTC vers le HT :
HT = TTC ÷ (1 + taux)
Montant de TVA seul :
TVA = HT × taux
Avec un taux de 20 %, le coefficient multiplicateur est 1,20. Pour 10 %, c’est 1,10. Pour 5,5 %, c’est 1,055.
L’erreur classique — On ne « retire pas 20 % » du TTC pour retrouver le HT. Retirer 20 % de 1 200 € donne 960 €, ce qui est faux. Le bon calcul : 1 200 ÷ 1,20 = 1 000 € HT. La différence paraît subtile, mais elle fausse une facture entière.
Franchise en base de TVA : le seuil qui change tout pour les auto-entrepreneurs
Quand on lance une micro-entreprise, on bénéficie souvent de la franchise en base de TVA. Concrètement, en dessous de certains seuils de chiffre d’affaires, on ne facture pas la TVA et on ne la reverse pas à l’État. On facture directement en HT, avec la mention obligatoire « TVA non applicable, article 293 B du CGI » sur chaque facture.
Les seuils en vigueur (au 1er janvier 2025, selon le Bulletin officiel des finances publiques) :
- 36 800 € pour les prestations de services
- 91 900 € pour les activités de vente de marchandises
Au-delà de ces plafonds, on bascule dans le régime classique : on collecte la TVA auprès de ses clients et on la reverse au Trésor public. L’avantage disparaît, mais un autre apparaît.
La récupération de TVA : l’avantage invisible des assujettis
Dès qu’on facture la TVA, on peut aussi la déduire sur ses achats professionnels. C’est le mécanisme de récupération. Un graphiste freelance qui achète un ordinateur à 1 200 € TTC récupère 200 € de TVA — son coût réel tombe à 1 000 €.
Règle pratique — On ne récupère la TVA que sur les dépenses directement liées à l’activité professionnelle, et uniquement si on est soi-même assujetti. Un auto-entrepreneur en franchise ne récupère rien : il paie tout TTC.
C’est souvent ce calcul qui pousse un indépendant à opter volontairement pour la TVA avant d’atteindre les seuils, surtout quand ses clients sont eux-mêmes des entreprises (qui récupèrent la TVA de leur côté et sont donc indifférentes au montant TTC).
Vendre à un client européen : l’autoliquidation en deux mots
Quand on facture une prestation de services à une entreprise établie dans un autre État membre de l’UE, la TVA française ne s’applique pas. C’est le client qui déclare et paie la TVA dans son propre pays : c’est le mécanisme d’autoliquidation (reverse charge). On émet alors une facture HT avec la mention « Autoliquidation — article 283-2 du CGI » et le numéro de TVA intracommunautaire des deux parties.
Point de vigilance — Ce régime ne concerne que les échanges B2B. Si le client est un particulier européen, on facture la TVA française (ou celle du pays du client au-delà de certains seuils, via le guichet unique OSS).
Un exemple complet pour ancrer les chiffres
On est consultant indépendant, assujetti à la TVA au taux normal. On facture une mission de conseil à 2 500 € HT.
- Montant TVA : 2 500 × 0,20 = 500 €
- Prix TTC : 2 500 × 1,20 = 3 000 €
Le client règle 3 000 €. On encaisse la totalité, puis on reverse 500 € de TVA à l’État lors de la déclaration. Le chiffre d’affaires réel reste 2 500 €.
Simuler avec ses propres chiffres →
Calculateurs liés
- Calculateur de TVA — passer du HT au TTC et inversement en un clic
- Calculateur charges auto-entrepreneur — estimer ses cotisations selon son activité