Impact-Site-Verification: b08d1e25-1766-4a07-afed-cb737caf3195 Aller au contenu
Immobilier

Taxe d habitation résidence secondaire : la surtaxe en zone tendue

Taxe habitation résidence secondaire surtaxe zone tendue en 2026 : jusqu'à 60% de majoration, communes concernées, calcul, exceptions et exonérations à connaître.

20 juillet 2026 7 min de lecture
taxe habitation résidence secondaire zone tendue surtaxe logement fiscalité immobilière impôts locaux 2026

Propriétaire d’une résidence secondaire dans une grande ville ou en bord de mer, vous avez sans doute déjà reçu un avis de taxe d’habitation bien plus salé que celui d’un bien équivalent situé ailleurs. Ce n’est pas une erreur de calcul du fisc : c’est la majoration résidence secondaire, un dispositif que les communes en zone tendue ont le droit d’appliquer depuis 2017, et que de plus en plus de mairies activent chaque année. En 2026, la mécanique change d’échelle : le périmètre des communes autorisées s’est considérablement élargi, et le taux moyen appliqué grimpe. Voici comment cette surtaxe fonctionne, où elle s’applique et comment vérifier si elle vous concerne.

La taxe d’habitation sur les résidences secondaires n’a pas disparu

La suppression de la taxe d’habitation votée sous le précédent quinquennat ne concernait que les résidences principales. Sur les logements meublés non affectés à l’habitation principale, c’est-à-dire les résidences secondaires, la taxe d’habitation reste due dans son intégralité, calculée comme avant : valeur locative cadastrale du bien multipliée par les taux votés par la commune et l’intercommunalité (impots.gouv.fr). Aucune réforme n’a modifié cette règle depuis, et rien n’indique qu’elle disparaisse avant 2027 au plus tôt.

Cette taxe s’ajoute à la taxe foncière que le propriétaire paie déjà, et dans certaines communes elle peut désormais être alourdie d’une seconde couche : la majoration pour zone tendue.

Le mécanisme de majoration : entre 5% et 60% de la part communale

L’article 1407 ter du Code général des impôts autorise les communes classées en zone tendue à voter une majoration de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires. Le conseil municipal fixe librement un taux compris entre 5% et 60%, appliqué non pas sur la taxe totale mais sur la part communale de celle ci. La délibération doit intervenir avant le 1er octobre pour s’appliquer l’année suivante, et le taux choisi reste valable tant que la commune ne délibère pas pour le modifier.

Sur le terrain, cette latitude produit des écarts importants d’une ville à l’autre. Certaines communes très tendues comme Paris, Nice ou Bordeaux appliquent le taux plafond de 60%, tandis que des communes plus modestes en zone tendue optent pour des majorations de 20% à 30%. Selon les données disponibles pour 2026, plus de 1450 communes ont effectivement délibéré pour appliquer cette majoration, avec un taux moyen constaté autour de 41%.

Exemple chiffré : un studio à Annecy

Prenons un studio utilisé comme résidence secondaire à Annecy, avec une valeur locative cadastrale de 3200 euros et un taux global de taxe d’habitation (commune plus intercommunalité) de 25%, dont 18% de part communale.

  • Taxe d’habitation de base : 3200 euros x 25% = 800 euros
  • Part communale seule : 3200 euros x 18% = 576 euros
  • Majoration votée par la commune : 60% (taux plafond)
  • Montant de la surtaxe : 576 euros x 60% = 345,60 euros
  • Taxe d’habitation totale due : 800 + 345,60 = 1145,60 euros

Le propriétaire paie donc 43% de plus que le montant théorique sans majoration, uniquement parce que son bien se trouve en zone tendue et que la commune a choisi le taux maximal. Pour vérifier ce que représente l’ensemble de la fiscalité locale sur ce type de bien, il est utile de croiser ce montant avec celui de la taxe foncière via le simulateur de taxe foncière, qui reste due en parallèle et suit ses propres taux communaux.

Quelles communes sont concernées en 2026

Le périmètre des zones tendues s’est fortement étendu depuis l’origine du dispositif. Historiquement, seules 1151 communes réparties sur 28 grandes agglomérations (Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille, Genève française, zones littorales tendues) pouvaient appliquer la majoration, en vertu du décret n° 2013-392. Depuis la loi de finances pour 2023 et le décret n° 2023-822 du 25 août 2023, toutes les communes classées en zone tendue au titre de la taxe sur les logements vacants peuvent désormais voter cette majoration, soit un périmètre élargi à 3697 communes, contre 1151 auparavant.

Concrètement, une commune entre dans le périmètre de la zone tendue lorsqu’elle présente une tension marquée entre l’offre et la demande de logements : niveau élevé des loyers ou des prix à l’achat dans l’ancien, et proportion importante de logements affectés à un usage autre que la résidence principale (locations saisonnières, résidences secondaires) par rapport au parc total. Ce classement recoupe largement les grandes métropoles, les villes universitaires tendues et une large partie du littoral atlantique, méditerranéen et des zones de montagne touristiques.

ÉlémentAvant août 2023Depuis 2023-2026
Communes pouvant majorer11513697
Périmètre couvert28 grandes agglomérationsZones tendues élargies (littoral, montagne, villes moyennes tendues)
Taux de majoration possible5% à 60%5% à 60% (inchangé)
Communes ayant effectivement délibéré en 2026(dispositif récent)plus de 1450

Deux précisions pratiques s’imposent. D’abord, être situé en zone tendue ne signifie pas automatiquement payer la surtaxe : la commune doit avoir voté la délibération, ce que toutes ne font pas malgré leur éligibilité. Ensuite, le classement en zone tendue évolue chaque année par arrêté, une commune peut donc entrer ou sortir du dispositif d’une année sur l’autre. Pour connaître le statut exact d’une adresse, le simulateur officiel disponible sur service-public.fr permet de vérifier commune par commune si la majoration s’applique et à quel taux.

Les trois cas d’exonération à connaître

La majoration n’est pas automatique même dans les zones où elle s’applique en théorie : trois situations permettent d’en demander l’exonération, à condition d’en faire la demande active auprès du service des impôts des particuliers dont dépend le bien.

La nécessité professionnelle. Si vous êtes contraint par votre activité professionnelle de résider dans un logement distinct de votre résidence principale (proximité du lieu de travail, mobilité géographique imposée), ce logement peut être exclu de la majoration, même s’il est fiscalement classé résidence secondaire.

L’hébergement en établissement de soins ou médico-social. Une personne hébergée durablement en EHPAD ou en établissement de soins de longue durée qui conserve la jouissance exclusive de son ancien logement principal peut demander l’exonération de la majoration sur ce bien, puisqu’il ne s’agit pas d’une résidence secondaire choisie par convenance.

L’impossibilité objective d’occupation à titre principal. Lorsque des raisons indépendantes de la volonté du propriétaire empêchent l’usage du logement comme résidence principale, par exemple un logement rendu inhabitable en permanence par des travaux ou des conditions locales précaires, l’exonération peut également être accordée.

Dans les trois cas, la demande doit être déposée avant le 1er janvier de l’année d’imposition ou, à défaut, dans le délai de réclamation classique, et elle doit être renouvelée chaque année tant que la situation perdure : l’administration ne reconduit pas automatiquement une exonération accordée l’année précédente.

Ce que cela change concrètement pour un propriétaire

Pour un propriétaire de résidence secondaire en zone tendue, l’addition de la taxe d’habitation majorée et de la taxe foncière (à estimer avec le simulateur de taxe foncière) peut représenter une charge annuelle significative, parfois plusieurs milliers d’euros pour un bien de standing dans une métropole ou une station touristique prisée. Avant tout achat d’un bien destiné à un usage secondaire dans une zone tendue, il vaut mieux intégrer ce surcoût récurrent dans le calcul de rentabilité, au même titre que la taxe foncière, les charges de copropriété et l’entretien. Certains propriétaires choisissent d’ailleurs de transformer leur résidence secondaire en location meublée à l’année pour sortir du champ de la majoration, ce qui change en revanche le régime fiscal applicable aux revenus tirés du bien.

À l’inverse, dans les communes qui n’ont pas encore délibéré malgré leur éligibilité, la situation peut évoluer d’une année sur l’autre : suivre les délibérations municipales publiées avant le 1er octobre permet d’anticiper une hausse plutôt que de la découvrir sur l’avis d’imposition suivant.