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Salaire & Impôts

Salaire policier et gendarme en 2026 : grille, primes et comparatif

Salaire policier et gendarme en 2026 : grille indiciaire, ISS/ISSP, prime de nuit, indemnité de résidence et logement en caserne. Exemple de calcul brut vers net détaillé et comparatif chiffré des deux métiers.

20 juillet 2026 8 min de lecture
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Sur le papier, un gardien de la paix et un gendarme au même niveau d’ancienneté touchent un traitement de base quasi identique. Dans les faits, celui qui vit en caserne peut disposer d’un pouvoir d’achat supérieur à celui de son collègue policier mieux payé en apparence, simplement parce que son logement ne lui coûte rien. C’est ce genre d’écart, invisible sur une fiche de salaire brute, que cet article détaille poste par poste.

La base commune : un même mode de calcul, deux grilles proches

Que l’on soit policier ou gendarme, le traitement indiciaire se calcule de la même façon : indice majoré multiplié par la valeur du point d’indice. Cette valeur est fixée à 4,92278 euros par mois et par point depuis le 1er juillet 2023, date de la dernière revalorisation générale (source : décret relatif au traitement indiciaire de la fonction publique, valeur annuelle de l’indice majoré 100 fixée à 5 907,34 euros). Elle est restée inchangée depuis, ce qui veut dire qu’à indice égal, aucun agent n’a vu son traitement de base progresser mécaniquement depuis plus de trois ans. Toute hausse de rémunération vient donc soit d’un avancement d’échelon, soit d’une revalorisation indemnitaire ciblée.

Les deux corps relèvent de la catégorie B. Le gardien de la paix appartient au corps d’encadrement et d’application de la police nationale, le gendarme est un sous-officier de la gendarmerie nationale, statut militaire régi par des textes distincts mais avec une logique indiciaire proche. En milieu de grille, autour de l’indice majoré 450, les deux touchent un traitement de base voisin de 2 215 euros bruts mensuels (450 fois 4,92278 euros). C’est à partir de ce socle commun que les trajectoires divergent, une fois les primes ajoutées.

L’ISS et l’ISSP : la prime qui pèse le plus lourd

C’est le poste qui distingue le plus les policiers et gendarmes des autres agents de catégorie B. Côté police, elle s’appelle indemnité de sujétions spéciales de police (ISSP), régie par l’arrêté du 6 juin 1972 modifié. Côté gendarmerie, elle prend le nom d’indemnité de sujétions spéciales (ISS), fixée par le décret n° 2013-1105 du 3 décembre 2013. Les deux compensent la même contrainte : disponibilité permanente, horaires décalés, exposition aux risques.

Historiquement, ces deux primes n’étaient pas au même taux. Un plan de convergence engagé en 2016 a progressivement rapproché les deux corps, l’objectif affiché étant d’aligner les taux de la police et de la gendarmerie sur un même palier autour de 26 % du traitement indiciaire brut. Ce point mérite d’être vérifié directement auprès de son service RH ou de sa direction des ressources humaines, car le taux exact appliqué peut encore varier selon le grade et la date d’entrée en vigueur des derniers arrêtés. Ce qui ne varie pas, en revanche, c’est un avantage rare dans la fonction publique : l’ISS et l’ISSP sont intégrées dans l’assiette de calcul de la pension de retraite, contrairement à la quasi-totalité des autres primes.

Prime de nuit et heures de sujétion

Les heures travaillées entre 21 heures et 6 heures ouvrent droit à une indemnité de nuit, versée non pas à l’heure mais par palier selon l’amplitude de la vacation effectuée.

Amplitude de la vacation de nuitIndemnité mensuelle indicative
Moins de 11 heures cumuléesenviron 25 €
Entre 11 et 12 heures cumuléesenviron 58 €
Plus de 12 heures cumuléesenviron 92 €

À cela peut s’ajouter une majoration spécifique dite du cœur de nuit lorsque la vacation couvre la plage minuit à 5 heures. Les heures supplémentaires effectuées de nuit sont par ailleurs majorées à un taux doublé par rapport à une heure supplémentaire de jour équivalente. Sur un planning chargé en horaires décalés, ces indemnités peuvent représenter plusieurs dizaines à plus d’une centaine d’euros supplémentaires par mois, un montant qui varie fortement d’un service à l’autre et mérite d’être vérifié sur son propre bulletin de paie plutôt que déduit d’une moyenne nationale.

L’indemnité de résidence : la géographie fait le salaire

Tous les fonctionnaires et militaires y ont droit selon la zone de leur commune d’affectation. Trois zones existent, avec un taux appliqué au traitement brut : zone 1 à 3 %, zone 2 à 1 %, zone 3 à 0 %. La zone 1 couvre l’ensemble de l’Île-de-France ainsi que plusieurs grandes agglomérations. La zone 2 regroupe des agglomérations de taille intermédiaire. La majorité des communes rurales et des villes moyennes se trouvent en zone 3, sans indemnité de résidence du tout.

Pour un agent à 2 215 euros bruts de traitement de base, la différence entre une affectation en zone 1 et une affectation en zone 3 représente environ 66 euros bruts par mois, uniquement liés au code postal du poste occupé. Deux collègues au même grade, avec la même ancienneté, peuvent donc toucher des montants différents chaque mois pour la seule raison qu’ils ne servent pas dans la même ville.

Le logement gratuit du gendarme, un avantage qui ne figure pas sur la fiche de paie

C’est la vraie différence structurelle entre les deux métiers. La quasi-totalité des gendarmes en activité est logée par l’État par concession de logement liée à une obligation de disponibilité permanente, contrepartie du statut militaire. Ce logement, en caserne ou en résidence dédiée, est gratuit : seules certaines charges comme l’eau ou l’électricité peuvent faire l’objet d’une retenue modeste.

Cet avantage n’apparaît jamais en euros sur le bulletin de solde, mais il représente une économie réelle et mensuelle. Dans une commune moyenne, un loyer équivalent coûterait couramment entre 400 et 800 euros par mois, et davantage encore dans une zone tendue. Un policier, lui, doit se loger par ses propres moyens, sans dispositif équivalent lié à son statut (hors cas particulier du logement de fonction pour nécessité absolue de service, marginal dans la police).

Exemple chiffré : du traitement brut au pouvoir d’achat réel

Prenons un gendarme à l’indice majoré 450, affecté en zone 2, logé en caserne, sans charges de famille.

Étape du calculMontant
Traitement indiciaire brut (450 x 4,92278 €)2 215 €
ISS à un taux estimé de 26 %+ 576 €
Indemnité de résidence en zone 2 (1 %)+ 22 €
Total brut mensuel avant cotisations2 813 €
Net estimé après cotisations et CSG/CRDSenviron 2 365 €
Équivalent loyer économisé grâce au logement gratuit+ 500 à 700 €
Pouvoir d’achat mensuel réel estiméenviron 2 865 à 3 065 €

Le net indiqué ici est une estimation construite à partir d’un ratio net sur brut usuel dans la fonction publique d’État, de l’ordre de 84 %. Le taux exact dépend du nombre de parts fiscales, de la mutuelle et d’éventuelles cotisations spécifiques, ce qui explique l’écart possible avec le montant réellement versé. Pour obtenir un chiffre précis à partir de son propre brut mensuel, primes comprises, il vaut mieux passer directement par le simulateur salaire brut en net, qui applique les cotisations propres à la fonction publique d’État plutôt qu’un ratio moyen.

Un gardien de la paix au même indice majoré, sans logement de fonction, toucherait un brut comparable une fois l’ISSP appliquée, mais devrait financer seul son logement. Sur cet exemple, avec un loyer de 600 euros dans une ville moyenne, son pouvoir d’achat réel se rapprocherait de 1 765 euros une fois le loyer déduit du net, contre environ 2 365 à 3 065 euros pour le gendarme logé, selon que l’on compte ou non l’avantage en nature. L’écart ne vient donc pas principalement du taux de prime, très proche entre les deux corps, mais du poste logement, totalement absent du bulletin de paie et pourtant décisif dans le calcul du pouvoir d’achat réel.

Ce qu’il faut retenir avant de comparer les deux métiers

Comparer un gardien de la paix et un gendarme uniquement sur leur traitement indiciaire ou leur brut affiché conduit à une conclusion fausse. Les deux grilles convergent vers un indice sommital proche, et les taux d’ISS et d’ISSP ont été rapprochés par la politique de convergence engagée depuis 2016. Ce qui creuse réellement l’écart de pouvoir d’achat, ce sont deux variables souvent absentes des comparatifs : l’affectation géographique, qui déclenche ou non l’indemnité de résidence, et surtout le logement gratuit quasi systématique côté gendarmerie, qui vaut chaque mois l’équivalent d’un loyer entier. Avant de simuler sa propre situation, mieux vaut donc partir de son brut total réel, primes et indemnité de résidence incluses, et le passer dans le simulateur salaire brut en net pour obtenir un montant net fiable, plutôt que de se fier à une moyenne nationale qui ne tient compte ni du grade exact, ni de l’affectation, ni du logement.