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Salaire & Impôts

Salaire moyen médecin généraliste et spécialiste en 2026

Combien gagne un médecin en France en 2026 ? Revenus moyens des généralistes et spécialistes, différences secteur 1 et secteur 2, charges BNC et revenu net réel selon la DREES.

28 juillet 2026 9 min de lecture
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La rémunération des médecins en France fait régulièrement débat. Entre les honoraires affichés et le revenu réellement perçu après charges, cotisations sociales et impôts, l’écart est considérable. En 2026, les chiffres publiés par la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) permettent de dresser un portrait précis de ce que gagnent réellement les médecins français, qu’ils soient généralistes ou spécialistes, en secteur 1 ou en secteur 2.

Revenus moyens des médecins libéraux en 2026

Les données les plus récentes de la DREES, publiées en 2025 sur les revenus 2023, actualisées par les revalorisations conventionnelles entrées en vigueur depuis, donnent les ordres de grandeur suivants pour les médecins libéraux exerçant à temps plein.

SpécialitéHonoraires bruts moyensRevenu BNC net moyenRevenu net mensuel
Généraliste secteur 1165 000 €92 000 €7 670 €
Généraliste secteur 2195 000 €105 000 €8 750 €
Dermatologue210 000 €115 000 €9 580 €
Ophtalmologue310 000 €165 000 €13 750 €
Radiologue350 000 €190 000 €15 830 €
Chirurgien380 000 €195 000 €16 250 €
Anesthésiste370 000 €185 000 €15 420 €
Cardiologue260 000 €140 000 €11 670 €
Psychiatre145 000 €82 000 €6 830 €

Ces montants correspondent au revenu BNC (bénéfices non commerciaux) net de charges professionnelles, avant impôt sur le revenu. Le revenu mensuel est indicatif, calculé sur 12 mois.

Secteur 1 contre secteur 2 : quelles différences concrètes ?

Le choix du secteur conventionnel impacte directement les revenus, mais aussi les charges et les avantages sociaux du médecin.

Le secteur 1 impose le respect strict des tarifs conventionnels fixés par l’Assurance maladie. Depuis la dernière revalorisation, la consultation du généraliste est fixée à 30 euros (contre 26,50 euros avant novembre 2024). En contrepartie, le médecin de secteur 1 bénéficie de la prise en charge d’une partie de ses cotisations sociales par la CPAM, représentant environ 10 000 à 12 000 euros par an.

Le secteur 2 autorise les dépassements d’honoraires. Le médecin fixe librement ses tarifs, dans le respect du « tact et mesure ». En pratique, les dépassements moyens constatés par la DREES s’établissent autour de 56 % au dessus du tarif conventionnel pour les spécialistes chirurgicaux et autour de 30 % pour les généralistes en secteur 2. Le médecin de secteur 2 ne bénéficie pas de la prise en charge de ses cotisations par la CPAM, sauf s’il a adhéré à l’OPTAM (Option Pratique Tarifaire Maîtrisée), qui limite ses dépassements en échange d’une prise en charge partielle.

CritèreSecteur 1Secteur 2Secteur 2 OPTAM
Tarif de consultation30 € (généraliste)LibreLibre avec plafond
Dépassements autorisésNonOuiOui, modérés
Prise en charge cotisations CPAMOui (~10 000 €/an)NonPartielle
Remboursement patientBase intégraleBase seuleBase majorée

La structure des charges d’un médecin libéral

Contrairement à un salarié dont l’employeur absorbe une large part des cotisations, le médecin libéral supporte l’intégralité de ses charges professionnelles. Celles ci représentent en moyenne 45 à 55 % des honoraires encaissés.

Les principaux postes de charges sont les suivants.

Cotisations sociales obligatoires : URSSAF (CSG, CRDS, allocations familiales, contribution formation), CARMF (caisse de retraite des médecins), ASV (avantage social vieillesse). Pour un généraliste de secteur 1 réalisant 165 000 euros d’honoraires, les cotisations sociales obligatoires représentent environ 35 000 à 40 000 euros par an, après prise en charge CPAM.

Charges professionnelles : loyer du cabinet, matériel médical, logiciels, secrétariat, assurance responsabilité civile professionnelle (RCP), fournitures, téléphonie, formation continue. Ces frais varient selon la localisation et le mode d’exercice, mais tournent autour de 25 000 à 40 000 euros par an.

Contribution économique territoriale (ex taxe professionnelle) et contribution foncière complètent la liste.

Au total, sur 165 000 euros d’honoraires bruts, un généraliste de secteur 1 conserve environ 92 000 euros de bénéfice imposable, soit un taux de charges effectif de 44 %.

Exemple concret : le cas de Claire Dumont, généraliste en secteur 1

Claire Dumont, 42 ans, exerce comme médecin généraliste en secteur 1 dans une ville moyenne du Centre Val de Loire. Elle travaille cinq jours par semaine et réalise en moyenne 25 consultations par jour, à 30 euros la consultation.

Calcul de ses revenus annuels :

Honoraires bruts annuels : 25 consultations x 30 € x 220 jours travaillés = 165 000 €

À cela s’ajoutent environ 8 000 euros de rémunérations complémentaires : forfait patientèle médecin traitant (FPMT), forfait structure, rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP). Son chiffre d’affaires total atteint donc 173 000 euros.

Déduction des charges :

PosteMontant annuel
Cotisations URSSAF18 500 €
CARMF (retraite + invalidité décès)14 200 €
Loyer cabinet9 600 €
Assurance RCP3 200 €
Secrétariat (temps partiel)12 000 €
Logiciel médical, matériel, fournitures4 500 €
Comptable2 800 €
Téléphonie, internet1 200 €
Formation continue1 500 €
Total charges67 500 €

Après prise en charge CPAM de ses cotisations (environ 11 000 €), ses charges nettes s’élèvent à 56 500 euros.

Bénéfice BNC imposable : 173 000 € moins 56 500 € = 116 500 €

Sur ce bénéfice, Claire paie l’impôt sur le revenu. Célibataire sans enfant, son impôt s’élève à environ 27 800 euros (barème 2026 avec la tranche marginale à 41 % applicable au dessus de 82 341 euros de revenu imposable). Vous pouvez estimer votre propre imposition avec notre simulateur d’impôt sur le revenu →.

Revenu net après impôt : 116 500 € moins 27 800 € = 88 700 € par an, soit environ 7 390 € par mois.

Ce montant est son revenu disponible réel, comparable au salaire net après impôt d’un cadre salarié. Pour établir cette comparaison, le simulateur salaire brut net → permet de vérifier l’équivalence.

Généraliste ou spécialiste : l’écart de revenus se creuse

L’écart de rémunération entre généralistes et spécialistes reste structurel en France. Les spécialistes à plateaux techniques lourds (radiologues, anesthésistes, chirurgiens) affichent des revenus BNC nets deux à trois fois supérieurs à ceux des généralistes. Cet écart s’explique par plusieurs facteurs : tarifs d’actes techniques plus élevés, possibilité de dépassements en secteur 2, volume d’actes plus rémunérateur à l’heure.

En revanche, certaines spécialités comme la psychiatrie ou la pédiatrie affichent des revenus comparables, voire inférieurs, à ceux des généralistes. La psychiatrie libérale, avec un revenu BNC net moyen de 82 000 euros, reste la spécialité la moins rémunératrice parmi les médecins libéraux.

L’impact de la revalorisation du tarif de consultation

Le passage de la consultation généraliste de 26,50 à 30 euros fin 2024 représente une hausse de 13,2 %. Pour un généraliste réalisant 5 500 consultations par an, le gain brut annuel atteint 19 250 euros. Après absorption par les charges (les cotisations proportionnelles augmentent mécaniquement), le gain net réel est estimé entre 10 000 et 12 000 euros par an, soit environ 900 euros de revenu net mensuel supplémentaire.

Cette revalorisation, saluée par la profession, ne comble toutefois pas l’écart avec les spécialistes et reste inférieure à l’inflation cumulée depuis la précédente revalorisation significative.

Questions fréquentes

Un médecin généraliste gagne t il vraiment 7 000 euros par mois ? En revenu net avant impôt, le revenu moyen d’un généraliste de secteur 1 se situe effectivement autour de 7 500 à 8 000 euros par mois. Après impôt sur le revenu, le disponible tombe entre 5 500 et 7 500 euros selon la situation familiale. Ces montants supposent un exercice à temps plein et ne tiennent pas compte des congés non rémunérés (le libéral n’a pas de congés payés).

Quel est l’équivalent salarié du revenu d’un médecin libéral ? Pour percevoir 88 700 euros nets après impôt comme Claire Dumont dans notre exemple, un cadre salarié devrait afficher un salaire brut annuel d’environ 155 000 à 165 000 euros, soit 13 000 euros bruts mensuels. La comparaison doit aussi intégrer les avantages du salariat : congés payés, prévoyance employeur, cotisations retraite complémentaire plus généreuses.

Les médecins hospitaliers gagnent ils moins que les libéraux ? En général, oui. Un praticien hospitalier (PH) en début de carrière perçoit environ 4 500 euros nets mensuels. En fin de carrière, avec les gardes et astreintes, le salaire peut atteindre 8 000 à 10 000 euros nets. Les émoluments sont fixés par grille indiciaire (décret du 24 février 1984 modifié). L’écart avec le libéral se réduit lorsqu’on intègre la sécurité de l’emploi, la retraite de la fonction publique et les congés.

Comment réduire ses charges en tant que médecin libéral ? Plusieurs leviers existent : exercice en groupe pour mutualiser les frais de structure, adhésion à une association de gestion agréée (AGA) qui ouvre droit à une non majoration du bénéfice imposable, optimisation du régime de prévoyance via la loi Madelin, et choix stratégique entre secteur 1 (prise en charge cotisations) et secteur 2 (liberté tarifaire).

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