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Salaire & Impôts

Salaire moyen d'un dentiste en 2026 : revenus libéral vs salarié, charges et spécialités

Combien gagne un chirurgien dentiste en France en 2026 ? Revenus moyens en libéral et en salarié, charges de cabinet, impact des prothèses et soins conservateurs sur le chiffre d'affaires.

28 juillet 2026 9 min de lecture
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Le chirurgien dentiste fait partie des professions de santé les mieux rémunérées en France. Pourtant, derrière les chiffres bruts, la réalité est plus nuancée qu’il n’y paraît. Entre le praticien libéral installé depuis vingt ans et le jeune diplômé salarié en centre de santé, les écarts de revenus sont considérables. Charges de cabinet, cotisations sociales, choix de spécialisation : tout influence le revenu net final. Voici un panorama complet des revenus du chirurgien dentiste en 2026, fondé sur les données officielles de la CARCDSF, de la DREES et de l’URSSAF.

Revenu moyen du dentiste libéral en 2026

Plus de 80 % des chirurgiens dentistes exercent en libéral. Selon les données de la CARCDSF (Caisse Autonome de Retraite des Chirurgiens Dentistes et des Sages Femmes), le revenu annuel moyen avant impôt s’établit à 122 279 euros, soit environ 10 190 euros par mois.

Ce chiffre mérite toutefois d’être nuancé. La médiane se situe à 97 672 euros par an, ce qui signifie que la moitié des praticiens gagne moins. Cette différence entre moyenne et médiane traduit la concentration des très hauts revenus parmi une minorité de praticiens spécialisés.

Disparités selon l’âge et le sexe

CritèreRevenu annuel moyen
Moins de 35 ans82 046 €
35 à 44 ans110 000 € (estimation DREES)
45 à 54 ans135 000 € (estimation DREES)
55 à 59 ans153 975 €
Femmes (tous âges)99 779 €
Hommes (tous âges)142 473 €

L’écart entre hommes et femmes atteint environ 30 %, un différentiel qui s’explique en partie par des choix d’exercice différents (temps partiel plus fréquent, moindre recours aux actes prothétiques à honoraires libres) mais qui reste l’un des plus marqués parmi les professions de santé.

Disparités géographiques

La localisation du cabinet joue un rôle déterminant. Un chirurgien dentiste installé en Eure et Loir déclare en moyenne 181 513 euros par an, alors que son confrère des Hautes Alpes plafonne à 86 865 euros. Les zones sous dotées en praticiens offrent mécaniquement un volume de patients plus élevé, ce qui tire les revenus vers le haut.

Du chiffre d’affaires au revenu net : le poids des charges

Le chiffre d’affaires brut d’un cabinet dentaire installé oscille entre 250 000 et 300 000 euros par an en moyenne (source DREES). Mais les charges professionnelles absorbent entre 50 % et 65 % de ces recettes.

Décomposition des charges d’un cabinet type

Poste de dépensePart du CA
Personnel (assistante, secrétaire)15 à 22 %
Prothèses et laboratoire10 à 18 %
Loyer et charges locatives5 à 10 %
Matériel et amortissements5 à 8 %
Consommables (résines, anesthésiques, gants)5 à 8 %
Assurances (RCP, prévoyance)2 à 3 %
Cotisations sociales (URSSAF + CARCDSF)15 à 20 %

Au final, pour 100 euros de chiffre d’affaires, le dentiste libéral conserve en moyenne 35 à 45 euros de revenu net disponible après toutes charges et impôts.

Réforme URSSAF 2026 : ce qui change

Depuis avril 2026, les cotisations URSSAF et la CSG/CRDS sont calculées sur une base unifiée : le bénéfice professionnel diminué d’un abattement forfaitaire de 26 %, plafonné à 1,3 PASS soit 62 478 euros. Le taux de cotisation maladie maternité reste progressif, allant de 0 % pour les revenus inférieurs à 18 547 euros jusqu’à 6,50 % au delà de 5 PASS (235 500 euros).

Dentiste salarié : une alternative en progression

Le statut salarié concerne environ 20 % des chirurgiens dentistes, principalement dans les centres de santé dentaire, les hôpitaux et certaines cliniques privées.

Grille de rémunération 2026

La convention collective nationale des cabinets dentaires libéraux (IDCC 1619) a été revalorisée par l’accord du 12 février 2026. La valeur du point est fixée à 9,15 euros (revalorisation de +2,4 %). Le taux horaire minimum pour les emplois qualifiés atteint 13,93 euros, soit environ 2 113 euros brut mensuels pour 35 heures.

Mais cette grille concerne surtout le personnel auxiliaire. Pour le chirurgien dentiste salarié en centre de santé, la rémunération se situe dans une fourchette différente :

ExpérienceSalaire brut mensuelSalaire net estimé
Débutant (centre de santé)4 200 €3 300 €
Confirmé (3 à 5 ans)5 500 €4 300 €
Expérimenté (clinique privée)7 500 €5 900 €
Moyenne tous profils7 800 €6 100 €

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Libéral vs salarié : le comparatif

CritèreLibéralSalarié
Revenu net moyen mensuel8 500 à 12 000 €3 300 à 6 100 €
Gestion administrativeLourde (comptabilité, charges, personnel)Aucune
Investissement initial150 000 à 300 000 €Aucun
Protection socialeCARCDSF + complémentaire privéeRégime général
Congés payésÀ financer soi même5 semaines garanties
Liberté de pratiqueTotaleEncadrée par l’employeur

Prothèses vs soins conservateurs : l’impact sur les revenus

La composition de l’activité du cabinet influence directement la rentabilité. En moyenne, les soins conservateurs (caries, détartrages, dévitalisations) représentent environ 70 % des actes réalisés, tandis que les prothèses comptent pour 19 % du volume d’actes.

L’enjeu des honoraires libres

Les soins conservateurs sont facturés à tarif opposable (fixé par la Sécurité sociale) dans 70 à 80 % des cas. La marge par acte reste limitée. À l’inverse, les prothèses et les implants relèvent majoritairement des honoraires libres, ce qui permet au praticien de fixer ses prix.

Un cabinet orienté vers la prothèse et l’implantologie peut ainsi générer un chiffre d’affaires nettement supérieur, à condition de supporter les charges associées : frais de laboratoire plus élevés (10 à 18 % du CA), investissement en matériel spécialisé, et formation continue obligatoire.

Exemple concret : le budget de Sophie Delcourt, dentiste libérale à Nantes

Sophie Delcourt, 38 ans, exerce en libéral depuis 2018 dans un cabinet individuel à Nantes. Voici ses chiffres pour l’année 2025/2026 :

PosteMontant annuel
Chiffre d’affaires total280 000 €
dont soins conservateurs (65 % des actes)112 000 €
dont prothèses et implants (25 % des actes)140 000 €
dont orthodontie légère (10 % des actes)28 000 €
Charges professionnelles
Salaire assistante dentaire (temps plein)32 000 €
Frais de laboratoire prothétique39 200 € (14 % du CA)
Loyer cabinet18 000 €
Matériel et amortissements16 800 €
Consommables15 400 €
Assurances (RCP + prévoyance)6 200 €
Cotisations URSSAF (après abattement 26 %)22 400 €
Cotisations CARCDSF18 500 €
Total charges168 500 €
Bénéfice net avant impôt111 500 €

Sophie dégage donc un revenu net mensuel d’environ 9 290 euros avant impôt sur le revenu. Après application du barème progressif de l’IR (avec un quotient familial de 2 parts), son revenu disponible avoisine 7 200 euros nets par mois.

Si Sophie avait choisi le statut salarié en centre de santé avec son niveau d’expérience, elle percevrait environ 5 500 euros brut, soit 4 300 euros nets mensuels : un écart de presque 3 000 euros par mois, mais sans aucun risque d’investissement ni charge de gestion.

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Questions fréquentes

Un dentiste débutant peut il bien gagner sa vie dès l’installation ?

En début d’exercice libéral, les revenus tournent autour de 82 000 euros par an avant impôt, soit environ 6 800 euros mensuels. C’est déjà confortable, mais il faut tenir compte du remboursement de l’emprunt d’installation (souvent 150 000 à 300 000 euros) qui réduit le disponible réel pendant les premières années.

Les implants sont ils vraiment plus rentables que les soins classiques ?

Oui, en valeur par acte. Un implant facturé entre 1 200 et 2 500 euros génère une marge bien supérieure à un soin conservateur facturé au tarif opposable. Cependant, les frais de laboratoire et l’investissement matériel (scanner, moteur d’implantologie) augmentent proportionnellement les charges fixes du cabinet.

Combien de jours travaille un dentiste libéral en moyenne ?

La plupart des praticiens libéraux exercent 4 à 4,5 jours par semaine, soit environ 200 à 220 jours par an. Les vacances ne sont pas « payées » : chaque jour non travaillé représente un manque à gagner direct, contrairement au statut salarié.

Le plafonnement du « reste à charge zéro » a t il impacté les revenus ?

Le dispositif 100 % Santé, entré en vigueur en 2021, impose des prix plafonnés sur certaines prothèses (couronnes, bridges). Les dentistes qui réalisaient une forte proportion d’actes prothétiques standard ont vu leur marge se réduire. En contrepartie, la demande en prothèses haut de gamme (à honoraires libres) reste soutenue.

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