Pension de réversion après divorce et remariage : droits, partage et plafonds 2026
Comment se partage la pension de réversion entre ex conjoints divorcés ? Quel impact du remariage sur vos droits selon le régime (base ou complémentaire) ? Plafonds de ressources 2026, calcul prorata temporis et exemple chiffré.
La pension de réversion permet au conjoint survivant de percevoir une fraction de la retraite du défunt. Lorsque celui ci a été marié une seule fois, le calcul reste simple. Mais dès qu’il y a eu divorce puis remariage, la situation se complexifie considérablement : la réversion doit être partagée entre plusieurs ayants droit, et les règles diffèrent selon que l’on parle du régime de base ou de la retraite complémentaire. Voici un tour d’horizon complet des règles applicables en 2026, avec un exemple chiffré pour y voir clair.
Le principe du partage prorata temporis
Quand le défunt a été marié plusieurs fois, chaque ex conjoint et le conjoint survivant au moment du décès peuvent prétendre à une part de la pension de réversion. Cette part est calculée au prorata de la durée respective de chaque mariage par rapport à la durée totale cumulée de tous les mariages.
La formule est la suivante :
Part individuelle = (durée du mariage avec le demandeur / durée totale de tous les mariages) × montant de la réversion
Seules les années de mariage comptent : les périodes de concubinage, de PACS ou de séparation de fait ne sont pas prises en compte. La durée est calculée de la date du mariage à la date du divorce (ou du décès pour le dernier conjoint).
Ce partage prorata temporis s’applique aussi bien au régime de base (CNAV) qu’à la retraite complémentaire (Agirc-Arrco), mais les conséquences d’un éventuel remariage diffèrent radicalement d’un régime à l’autre.
Remariage : des règles opposées selon le régime
C’est le piège majeur de la réversion après divorce. Les deux principaux régimes de retraite appliquent des règles diamétralement opposées en cas de remariage de l’ex conjoint survivant.
| Critère | Régime de base (CNAV) | Complémentaire (Agirc-Arrco) |
|---|---|---|
| Taux de réversion | 54 % de la pension du défunt | 60 % de la pension du défunt |
| Âge minimum | 55 ans | 55 ans |
| Condition de ressources | Oui (plafond annuel) | Non |
| Effet du remariage | Aucun : le droit est maintenu | Perte définitive du droit |
| Effet du PACS ou concubinage | Aucun sur le droit lui même | Aucun sur le droit lui même |
Au régime de base, le remariage ne supprime jamais le droit à la pension de réversion. En revanche, les revenus du nouveau conjoint sont intégrés dans le calcul du plafond de ressources, ce qui peut indirectement réduire ou supprimer le versement.
À l’Agirc-Arrco, le remariage entraîne la perte pure et simple du droit à réversion. Cette suppression est définitive : même en cas de nouveau divorce ou de veuvage ultérieur, les droits ne sont pas rétablis. Le PACS et le concubinage, en revanche, n’ont aucun effet sur le maintien de la réversion complémentaire.
Cette différence fondamentale peut représenter plusieurs centaines d’euros par mois de manque à gagner. Avant de se remarier, il est donc indispensable de mesurer précisément l’impact financier sur la réversion complémentaire.
Les plafonds de ressources 2026 (régime de base)
Pour percevoir la pension de réversion du régime général, les ressources personnelles du demandeur (ou du couple, en cas de vie commune) ne doivent pas dépasser un plafond révisé chaque année en fonction du SMIC. Le plafond annuel est égal à 2 080 fois le SMIC horaire brut en vigueur au 1er janvier.
| Situation | Plafond annuel 2026 | Plafond mensuel 2026 |
|---|---|---|
| Personne vivant seule | 25 209,60 € | 2 100,80 € |
| Personne vivant en couple | 40 335,36 € | 3 361,28 € |
Parmi les ressources prises en compte figurent les pensions personnelles, les revenus du patrimoine, les revenus professionnels (avec un abattement de 30 % pour les revenus d’activité) et les avantages en nature. En revanche, certaines prestations sociales (comme l’allocation de solidarité aux personnes âgées) en sont exclues. Le détail complet est consultable sur service-public.fr.
Si les ressources dépassent le plafond, la réversion n’est pas forcément supprimée : elle peut être réduite du montant du dépassement, de sorte que le total (ressources + réversion) ne dépasse pas le plafond.
Exemple chiffré : le cas de Paul, Martine et Sophie
Prenons le cas de Paul, décédé en janvier 2026 à 72 ans. Il a été marié deux fois :
- Premier mariage avec Martine : de 1990 à 2010, soit 20 ans
- Second mariage avec Sophie : de 2012 au décès en 2026, soit 14 ans
La durée totale des mariages est de 34 ans. La clé de répartition est donc :
- Martine : 20/34 = 58,82 %
- Sophie : 14/34 = 41,18 %
Paul percevait les pensions suivantes :
- Retraite de base (régime général) : 1 400 €/mois
- Retraite complémentaire (Agirc-Arrco) : 650 €/mois
Calcul de la réversion
Régime de base : 54 % × 1 400 = 756 €/mois à partager.
| Bénéficiaire | Quote part | Montant mensuel |
|---|---|---|
| Martine | 58,82 % | 444,68 € |
| Sophie | 41,18 % | 311,32 € |
Agirc-Arrco : 60 % × 650 = 390 €/mois à partager.
| Bénéficiaire | Quote part | Montant mensuel |
|---|---|---|
| Martine | 58,82 % | 229,40 € |
| Sophie | 41,18 % | 160,60 € |
Sans remariage, Martine percevrait un total de 674,08 €/mois (444,68 + 229,40) et Sophie 471,92 €/mois (311,32 + 160,60), sous réserve du respect des conditions de ressources pour la part du régime de base.
L’impact du remariage de Martine
Supposons que Martine se soit remariée en 2018. Au régime de base, rien ne change : elle conserve ses 444,68 €/mois (à condition que les ressources de son nouveau foyer restent sous le plafond de 40 335 € annuels pour un couple). À l’Agirc-Arrco, en revanche, elle perd l’intégralité de sa part, soit 229,40 €/mois.
Résultat : Martine ne perçoit plus que 444,68 €/mois au lieu de 674,08 €, soit une perte de 34 % de sa réversion totale. Sur une année, cela représente un manque à gagner de 2 752,80 €. La part perdue par Martine à l’Agirc-Arrco n’est pas redistribuée à Sophie : celle ci continue de percevoir ses 160,60 €/mois de complémentaire, sans supplément.
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Cas particuliers et pièges fréquents
Le PACS ne donne aucun droit à réversion. Seul le mariage ouvre des droits, quel que soit le régime. Les partenaires pacsés et les concubins sont totalement exclus du dispositif, même après des décennies de vie commune. C’est une distinction essentielle à connaître avant toute décision patrimoniale.
La demande n’est pas automatique. La pension de réversion n’est jamais versée d’office. Chaque ayant droit doit en faire la demande auprès de la CNAV (pour le régime de base) et auprès de l’Agirc-Arrco (pour la complémentaire). Le formulaire Cerfa n° 13364*02 est disponible en ligne.
Aucun délai de prescription. La demande peut être déposée à tout moment après le décès, sans limite de temps. Toutefois, le versement ne prend effet qu’au premier jour du mois suivant la date de la demande (ou du décès, si la demande est déposée dans les 12 mois). Autrement dit, retarder la demande, c’est perdre des mois de versement.
La réversion est imposable. Les sommes perçues au titre de la réversion sont soumises à l’impôt sur le revenu, dans la catégorie des pensions et retraites. Elles bénéficient de l’abattement de 10 % applicable aux pensions. Calculez votre imposition avec notre simulateur d’impôt sur le revenu →
Questions fréquentes
Mon ex conjoint est décédé il y a plusieurs années. Puis je encore demander la réversion ? Oui. Il n’existe aucun délai de forclusion. Vous pouvez déposer votre demande à tout moment. Le versement débutera au premier jour du mois suivant votre demande.
Si je me remarie puis divorce à nouveau, est ce que je récupère mes droits Agirc-Arrco ? Non. La perte des droits à la réversion complémentaire est définitive dès le remariage, même si cette nouvelle union prend fin par la suite. C’est l’une des conséquences les plus lourdes et les moins connues du remariage.
Le montant minimum de la réversion du régime de base est il garanti ? Un montant plancher existe (environ 319 €/mois en 2026) à condition que le défunt ait cotisé au moins 60 trimestres au régime général. Si la durée de cotisation est inférieure, ce minimum est réduit proportionnellement.
Mon ex conjoint percevait une retraite très faible. Puis je toucher une réversion d’un autre régime ? Chaque régime auquel le défunt a cotisé (MSA, fonction publique, régimes spéciaux) dispose de ses propres règles de réversion. Il convient de contacter chaque caisse individuellement pour vérifier vos droits.
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