Retraite à taux plein 2026 : âge et trimestres requis
Retraite taux plein 2026 : découvrez l'âge légal et le nombre exact de trimestres requis selon votre génération, avec le barème complet après la suspension de la réforme.
Deux textes se superposent en 2026 pour fixer votre âge de départ : la loi Retraites de 2023, qui relevait l’âge légal jusqu’à 64 ans, et la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) adoptée le 16 décembre 2025, qui gèle une partie de cette hausse pour cinq générations précises. Conséquence directe : l’âge et le nombre de trimestres requis pour partir sans décote dépendent désormais de votre trimestre de naissance exact si vous êtes né en 1965, et non plus seulement de votre année.
Le barème 2026 : âge légal et trimestres par génération
Ces seuils s’appliquent aux départs à compter du 1er septembre 2026, selon la LFSS 2026 et les barèmes publiés par l’Assurance retraite et service-public.fr.
| Génération | Âge légal de départ | Trimestres requis pour le taux plein |
|---|---|---|
| 1961 (sept. à déc.) | 62 ans et 3 mois | 169 |
| 1962 | 62 ans et 6 mois | 169 |
| 1963 | 62 ans et 9 mois | 170 |
| 1964 | 62 ans et 9 mois | 170 |
| 1965 (janv. à mars) | 62 ans et 9 mois | 170 |
| 1965 (avril à déc.) | 63 ans | 171 |
| 1966 | 63 ans et 3 mois | 172 |
| 1967 | 63 ans et 6 mois | 172 |
| 1968 | 63 ans et 9 mois | 172 |
| 1969 et après | 64 ans | 172 |
Deux repères à garder en tête : l’âge légal plafonne à 64 ans pour les générations nées à partir de 1969, et le seuil de 172 trimestres s’applique dès la génération née à partir d’avril 1966, et même dès 1965 selon le trimestre de naissance.
Pourquoi 1964 à 1968 ont un barème allégé
La loi de 2023 imposait un relèvement continu jusqu’à 64 ans pour la génération 1968. La LFSS 2026 a suspendu cette trajectoire pour cinq générations, du 1er septembre 2026 au 1er janvier 2028. Deux logiques différentes coexistent selon l’année de naissance : les générations 1964 et le premier trimestre 1965 gagnent à la fois sur l’âge légal et sur le nombre de trimestres, tandis que 1966, 1967 et 1968 ne bénéficient que d’un recul uniforme de trois mois sur l’âge légal, sans réduction du nombre de trimestres exigé.
- Génération 1964 : 62 ans et 9 mois au lieu de 63 ans, avec 170 trimestres au lieu de 171.
- Génération 1965 (1er trimestre) : 62 ans et 9 mois au lieu de 63 ans et 3 mois, avec 170 trimestres au lieu de 172.
- Génération 1965 (à partir d’avril) : 63 ans au lieu de 63 ans et 3 mois, avec 171 trimestres au lieu de 172.
- Génération 1966 : 63 ans et 3 mois au lieu de 63 ans et 6 mois, trimestres inchangés.
- Génération 1967 : 63 ans et 6 mois au lieu de 63 ans et 9 mois, trimestres inchangés.
- Génération 1968 : 63 ans et 9 mois au lieu de 64 ans, trimestres inchangés.
Le Premier ministre a chiffré cette mesure à environ 3,5 millions de bénéficiaires potentiels sur l’ensemble des cinq générations, pour un coût estimé par le gouvernement à 400 millions d’euros en 2026 puis 1,8 milliard en 2027. Cette suspension n’est pas une abrogation : sauf nouvelle décision politique, la trajectoire de la réforme de 2023 reprend son cours au 1er janvier 2028 pour quiconque n’aurait pas encore liquidé sa pension.
La décote quand il manque des trimestres
Partir sans le nombre de trimestres requis n’empêche pas de liquider sa pension, mais déclenche une décote de 1,25 % par trimestre manquant, plafonnée à 20 trimestres, soit 25 % maximum. La caisse retient le calcul le plus favorable entre deux méthodes : l’écart avec le barème de votre génération, ou l’écart avec l’âge de 67 ans converti en trimestres. C’est ce second calcul qui protège les carrières incomplètes : personne ne peut subir une décote sur plus de 20 trimestres, même avec un déficit de cotisation bien plus important.
À l’inverse, prolonger son activité au-delà de l’âge légal une fois le nombre de trimestres atteint génère une surcote de 1,25 % par trimestre supplémentaire, sans plafond, ce qui augmente durablement la pension de base.
67 ans : le taux plein automatique, sans condition de trimestres
Quelle que soit votre génération et quel que soit le nombre de trimestres validés, la Sécurité sociale accorde le taux plein automatique dès 67 ans, sans aucune décote. Ce seuil n’a pas bougé avec la suspension de la LFSS 2026 : il concerne toutes les générations depuis 1955 et reste le filet de sécurité pour les carrières heurtées (temps partiel subi, chômage non indemnisé, interruptions pour enfants). Attendre 67 ans efface mécaniquement tout déficit de trimestres, au prix de trois années de cotisation de plus que l’âge légal théorique de 64 ans pour les générations nées après 1969.
Le dispositif carrières longues : partir avant l’âge légal
Un dispositif dérogatoire permet de partir avant l’âge légal si vous avez commencé à travailler tôt. Selon les règles de la réforme de 2023, confirmées par service-public.fr, un départ anticipé reste possible dès 58, 60, 62 ou 63 ans selon l’âge auquel vous avez validé vos quatre premiers trimestres (avant 16, 18, 20 ou 21 ans), à condition d’avoir aussi cotisé, et non simplement validé, le nombre total de trimestres requis pour votre génération.
Cette nuance entre cotisé et validé change concrètement des droits. Prenons deux personnes nées en 1965, ayant validé le même total de 170 trimestres. La première a travaillé sans interruption : ses 170 trimestres sont tous cotisés, elle remplit le critère carrières longues. La seconde a connu deux ans de maladie longue durée en milieu de carrière : ses trimestres de maladie comptent dans le total validé pour le taux plein classique, mais pas dans le quota cotisé exigé pour un départ anticipé. À trimestres validés strictement identiques, seule la première peut partir avant l’âge légal.
Ce dispositif n’a pas été touché par la suspension de 2026, qui ne modifie que le barème général par génération. Une carrière longue reste donc le seul moyen légal de partir plusieurs années avant l’âge officiel sans décote.
Exemple chiffré : un salarié né en mai 1965
Marc est né en mai 1965. Il appartient au groupe avril à décembre 1965 du barème suspendu : son âge légal est 63 ans et il lui faut 171 trimestres pour le taux plein. À 63 ans, il n’a validé que 155 trimestres, en raison d’une reconversion professionnelle de quatre ans passée sans emploi ni chômage indemnisé.
Il lui manque 171 moins 155, soit 16 trimestres par rapport au barème de sa génération. Le second calcul, celui basé sur l’écart à 67 ans, donne aussi 16 trimestres, puisque 67 ans moins 63 ans représente 4 années de 4 trimestres. Les deux résultats coïncident : la décote retenue est de 16 trimestres, sous le plafond de 20.
- Décote appliquée : 16 fois 1,25 %, soit 20 %
- Salaire annuel moyen retenu par la caisse : 24 000 euros
- Pension de base théorique au taux plein (50 %) : 24 000 fois 50 %, soit 12 000 euros par an
- Pension de base réelle après décote : 12 000 fois 0,80, soit 9 600 euros par an, ou 800 euros par mois
Marc a deux options concrètes : partir à 63 ans avec une pension amputée de 20 %, ou patienter jusqu’à 67 ans pour toucher 1 000 euros par mois sans décote sur sa retraite de base, à salaire annuel moyen constant. Chaque trimestre de report entre 63 et 67 ans réduit sa décote de 1,25 point.
Trimestres cotisés, validés, assimilés : une distinction qui change tout
Le mot trimestre recouvre trois notions que les caisses distinguent avec précision. Les trimestres cotisés correspondent à des périodes de travail ayant donné lieu au versement de cotisations. Les trimestres validés incluent en plus les périodes de chômage indemnisé, de maladie, de maternité ou de service national, qui ouvrent des droits sans cotisation directe. Les trimestres assimilés sont un sous-ensemble de ces derniers, comptabilisés selon des règles propres à chaque situation, par exemple un trimestre de chômage indemnisé qui valide un trimestre de retraite sous conditions de durée.
Pour le taux plein classique décrit dans le barème ci-dessus, seuls les trimestres validés comptent, cotisés ou non. Pour le dispositif carrières longues, un quota minimal de trimestres réellement cotisés s’ajoute au total validé, comme illustré par l’exemple des deux profils nés en 1965 ci-dessus.
Vérifier votre situation avant de décider
Ce barème national donne le cadre, mais votre pension exacte dépend de votre relevé de carrière individuel : trimestres réellement validés, salaire annuel moyen sur vos 25 meilleures années, et régime complémentaire Agirc-Arrco le cas échéant. Le simulateur de retraite permet d’entrer votre année de naissance, votre nombre de trimestres actuels et votre salaire pour estimer votre âge de départ optimal et le montant de votre pension selon plusieurs scénarios.
Demandez aussi votre relevé de situation individuelle (RIS) sur le site de l’Assurance retraite : c’est le seul document qui recense vos trimestres réels, y compris ceux validés au titre du chômage, de la maladie ou de la maternité, souvent oubliés dans une estimation manuelle. Combiner ce relevé officiel avec le simulateur de retraite reste la méthode la plus fiable pour arbitrer entre un départ anticipé avec décote et un report jusqu’au taux plein.