Retraite au Portugal, Maroc ou Thaïlande : comparatif fiscal et coût de la vie 2026
Fiscalité des pensions françaises, coût de la vie, couverture santé et conventions fiscales : comparatif complet pour choisir votre pays de retraite entre le Portugal, le Maroc et la Thaïlande en 2026.
Partir à la retraite hors de France : un choix fiscal autant que personnel
Chaque année, plusieurs milliers de retraités français quittent l’Hexagone pour s’installer sous des cieux plus cléments. Le Portugal, le Maroc et la Thaïlande figurent parmi les destinations les plus plébiscitées, mais le choix ne peut reposer uniquement sur le climat. La fiscalité applicable aux pensions, le coût de la vie réel, la qualité du système de santé et les conventions fiscales bilatérales déterminent le budget quotidien autant que le confort de vie.
Ce comparatif 2026 rassemble les données officielles et les chiffres actualisés pour éclairer votre décision. Pour une simulation personnalisée selon votre situation, utilisez notre comparateur d’expatriation →.
Fiscalité des pensions françaises selon le pays de résidence
Le principe général
Lorsqu’un retraité français s’installe à l’étranger, l’imposition de sa pension dépend de la convention fiscale signée entre la France et le pays d’accueil. Pour les pensions du secteur privé (régime général, Agirc Arrco), la règle la plus courante attribue le droit d’imposer au pays de résidence. Les pensions de la fonction publique restent, sauf exception, imposables en France (article 19 du modèle OCDE).
Portugal : la fin du régime RNH
Le régime des Résidents Non Habituels (RNH), qui offrait une exonération totale des pensions étrangères pendant dix ans, n’accepte plus de nouvelles inscriptions depuis le 1er janvier 2024. Les retraités qui s’installent au Portugal en 2026 sont donc soumis au barème progressif portugais (IRS), dont les taux s’échelonnent de 14,5 % à 48 %. Conformément à l’article 18 de la convention fiscale entre la France et le Portugal, les pensions privées sont imposées au Portugal ; les pensions publiques restent imposées en France.
Pour une pension mensuelle nette de 2 200 €, le taux effectif portugais se situe autour de 18 % à 20 % après abattements standards, soit un impôt annuel d’environ 4 750 € à 5 280 €.
Maroc : l’abattement de 80 % toujours en vigueur
Le Maroc reste fiscalement très attractif pour les retraités étrangers. L’article 82 du Code Général des Impôts marocain prévoit un abattement de 80 % sur les pensions de source étrangère perçues par un résident fiscal marocain, à condition que ces sommes soient définitivement transférées au Maroc. Seuls 20 % du montant sont donc soumis au barème progressif (0 % à 38 %).
En vertu de la convention fiscale franco marocaine (article 18), les pensions privées françaises sont imposables au Maroc. Les pensions publiques restent taxées en France.
Concrètement, pour une pension de 2 200 € mensuels (26 400 € annuels), la base imposable marocaine tombe à 5 280 €, ce qui place le retraité dans la tranche à 10 %, soit un impôt d’environ 528 € par an. Un niveau de prélèvement quasi symbolique.
Thaïlande : attention au changement de 2024
Historiquement, la Thaïlande ne taxait les revenus de source étrangère que s’ils étaient rapatriés dans le pays la même année civile que leur perception. Depuis le 1er janvier 2024, la règle a changé : tout revenu étranger transféré en Thaïlande est désormais imposable, quelle que soit l’année de sa perception. Le barème progressif thaïlandais va de 0 % à 35 %, avec une première tranche exonérée de 150 000 bahts (environ 3 900 €).
La convention fiscale entre la France et la Thaïlande (1974) attribue l’imposition des pensions privées à l’État de résidence. Pour 2 200 € mensuels transférés intégralement, l’impôt thaïlandais annuel se situe autour de 2 500 € à 3 200 € selon les déductions applicables.
Tableau comparatif : fiscalité sur une pension de 2 200 €/mois
| Critère | Portugal | Maroc | Thaïlande |
|---|---|---|---|
| Taux effectif estimé | 18 % à 20 % | ≈ 2 % | 10 % à 12 % |
| Abattement spécifique | Non (RNH fermé) | 80 % sur pensions étrangères | Exonération 150 000 THB |
| Impôt annuel estimé | 4 750 € à 5 280 € | ≈ 528 € | 2 500 € à 3 200 € |
| Pensions publiques | Imposées en France | Imposées en France | Imposées en France |
| Convention fiscale | Oui (2016) | Oui (1970, révisée) | Oui (1974) |
| Risque de double imposition | Faible | Faible | Moyen (crédit d’impôt) |
Coût de la vie : ce que disent les chiffres 2026
Le pouvoir d’achat d’une pension française varie considérablement selon la destination. Voici une estimation mensuelle pour un couple de retraités, fondée sur les indices Numbeo actualisés et les données consulaires.
| Poste de dépense | Portugal (Algarve) | Maroc (Marrakech) | Thaïlande (Chiang Mai) |
|---|---|---|---|
| Alimentation | 450 € | 250 € | 300 € |
| Transports | 120 € | 80 € | 70 € |
| Santé (mutuelle locale) | 180 € | 100 € | 150 € |
| Loisirs, sorties | 200 € | 150 € | 130 € |
| Loyer (T2 meublé) | 850 € | 400 € | 350 € |
| Total estimé | 1 800 € | 980 € | 1 000 € |
Le Portugal affiche un coût de la vie en hausse constante depuis 2020, notamment à Lisbonne et Porto. L’Algarve reste plus accessible, mais se rapproche progressivement des prix français. Le Maroc et la Thaïlande offrent un rapport qualité/prix nettement supérieur, avec un budget mensuel inférieur à 1 000 € pour un couple vivant confortablement en dehors des quartiers touristiques.
Couverture santé : trois modèles très différents
Portugal : le système national de santé (SNS) est accessible aux résidents. La qualité des soins est correcte dans les grandes villes, mais les délais d’attente peuvent être longs. Une assurance santé privée coûte entre 150 € et 250 € par mois pour un retraité de 65 ans. Avantage décisif : en tant que pays de l’Espace économique européen, le formulaire S1 permet de transférer ses droits à l’assurance maladie française.
Maroc : le système public s’améliore avec la généralisation de l’AMO (Assurance Maladie Obligatoire) depuis 2022. Les cliniques privées offrent des soins de bonne qualité à des tarifs accessibles. Une couverture santé privée complète coûte entre 80 € et 150 € par mois. En revanche, le formulaire S1 ne s’applique pas : il faut souscrire une assurance locale ou internationale.
Thaïlande : les hôpitaux privés thaïlandais (Bumrungrad, Bangkok Hospital) comptent parmi les meilleurs d’Asie du Sud Est. Le coût des soins reste inférieur aux standards européens, mais l’assurance santé pour les plus de 60 ans peut atteindre 200 € à 400 € par mois, avec des exclusions croissantes après 70 ans. Comme pour le Maroc, aucun transfert de droits via le S1.
Dans les trois cas, les retraités français conservent la possibilité de se faire rembourser des soins programmés en France, sous réserve de maintien de leurs droits auprès de la CPAM.
Exemple concret : Martine, 64 ans, pension de 2 200 € nets
Martine, ancienne cadre dans l’agroalimentaire, perçoit une pension nette de 2 200 € par mois (retraite de base CNAV plus complémentaire Agirc Arrco). Célibataire, elle envisage de quitter Toulouse pour l’un de ces trois pays. Voici sa situation financière mensuelle estimée.
Scénario 1 : Faro, Algarve (Portugal) Revenu après impôt : environ 1 792 €/mois. Dépenses mensuelles : 1 800 €. Reste à vivre : quasi nul. Le Portugal, sans le régime RNH, n’est plus adapté aux pensions modestes. Martine conserverait cependant sa carte européenne d’assurance maladie.
Scénario 2 : Marrakech (Maroc) Revenu après impôt : environ 2 156 €/mois. Dépenses mensuelles : 980 €. Reste à vivre : 1 176 €/mois. Le Maroc offre la meilleure combinaison fiscalité/coût de la vie, avec un excédent mensuel confortable. Martine devrait souscrire une assurance santé privée locale (environ 100 €/mois, déjà inclus dans les dépenses).
Scénario 3 : Chiang Mai (Thaïlande) Revenu après impôt : environ 1 967 €/mois. Dépenses mensuelles : 1 000 €. Reste à vivre : 967 €/mois. La Thaïlande propose un excellent confort de vie, mais l’éloignement géographique et l’absence de transfert de droits santé européens impliquent une assurance internationale plus coûteuse à long terme.
Pour estimer votre propre situation selon votre pension et votre profil, notre simulateur de retraite → vous permet de projeter vos revenus nets.
Questions fréquentes
Faut il continuer à déclarer ses revenus en France ? Oui. Tout contribuable français, même résident fiscal à l’étranger, doit déposer une déclaration de revenus auprès du Service des Impôts des Particuliers Non Résidents (SIPNR) à Noisy le Grand. Les pensions imposables dans l’autre pays y sont déclarées et bénéficient d’un crédit d’impôt ou d’une exonération selon la convention applicable.
La CSG/CRDS s’applique t elle aux retraités expatriés ? Non. Les retraités qui ne sont plus résidents fiscaux français sont exonérés de CSG et de CRDS sur leurs pensions. En revanche, une cotisation d’assurance maladie de 5,9 % (au lieu de 3,2 % pour les résidents couverts) peut s’appliquer dans certains cas, selon l’article L.131 9 du Code de la Sécurité sociale.
Peut on revenir en France sans perdre ses avantages ? Oui, mais avec vigilance. Le retour en France implique un changement de résidence fiscale, qui entraîne la perte des avantages du pays d’accueil. Il est possible de séjourner en France (moins de 183 jours par an) sans perdre sa résidence fiscale étrangère, à condition de ne pas y conserver son centre d’intérêts économiques.
Calculateurs liés
- Comparateur d’expatriation → : simulez l’impact fiscal d’un départ à l’étranger selon votre pension et votre destination.
- Simulateur de retraite → : estimez le montant de votre pension nette et projetez vos revenus à la retraite.