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Salaire & Impôts

Rachat de trimestres : est-ce rentable en 2026 ?

Rachat de trimestres retraite en 2026 : coût, options, rentabilité et déductibilité fiscale. Guide complet avec exemples chiffrés.

8 juillet 2026 9 min de lecture
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Le rachat de trimestres est un mécanisme qui permet de compléter sa carrière en versant une somme à la CNAV pour valider des périodes non cotisées. En 2026, avec le recul de l’âge légal à 64 ans et l’exigence de 172 trimestres pour une retraite à taux plein (génération 1968 et après), cette option intéresse de plus en plus d’actifs. Mais le coût est élevé. Voyons dans quels cas l’opération est réellement rentable.

Qui peut racheter des trimestres ?

Le rachat de trimestres (appelé officiellement “versement pour la retraite” ou VPLR) concerne trois situations précises :

  • Les années d’études supérieures : diplôme obtenu dans un établissement d’enseignement supérieur, grande école ou classe préparatoire. Maximum 12 trimestres rachetables.
  • Les années incomplètes : années civiles où vous avez cotisé, mais pas suffisamment pour valider 4 trimestres (par exemple, temps partiel, début ou fin d’activité en cours d’année).
  • Les stages non validés : stages en entreprise effectués après 2015 et qui n’ont pas donné lieu à une validation de trimestre.

Bon à savoir : la demande de rachat doit être faite avant le départ en retraite. Il n’y a pas de limite d’âge, mais le coût augmente considérablement avec l’âge. Plus vous rachetez tôt, moins c’est cher.

Les deux options de rachat

La CNAV propose deux formules, avec des implications très différentes sur votre pension :

| | Option 1 : Taux seul | Option 2 : Taux + durée | |---|---|---| | Effet | Améliore uniquement le taux de calcul de la pension | Améliore le taux ET la durée d’assurance | | Impact sur la décote | Réduit ou supprime la décote | Réduit ou supprime la décote | | Impact sur la proratisation | Aucun | Augmente le coefficient de proratisation | | Coût | Moins cher (environ 30 à 40 % de moins) | Plus cher | | Intérêt principal | Supprimer une décote sans payer trop cher | Maximiser le montant de la pension |

En clair : l’option “taux seul” est suffisante si votre seul problème est la décote. L’option “taux + durée” est pertinente si vous avez à la fois un problème de décote ET un nombre de trimestres insuffisant pour la proratisation.

Grille tarifaire indicative 2026

Le coût d’un trimestre dépend de trois facteurs : votre âge au moment du rachat, vos revenus des 12 derniers mois, et l’option choisie. Voici une grille indicative pour 2026 :

Option 1 — Taux seul (prix par trimestre)

| Revenu annuel brut | 25-30 ans | 35-40 ans | 45-50 ans | 50-55 ans | |---|---|---|---|---| | 25 000 € | 1 400 € | 2 200 € | 3 100 € | 3 800 € | | 35 000 € | 1 900 € | 3 000 € | 4 300 € | 5 200 € | | 45 000 € | 2 500 € | 3 900 € | 5 500 € | 6 700 € | | PASS (46 368 €) | 2 600 € | 4 000 € | 5 700 € | 6 900 € |

Option 2 — Taux + durée (prix par trimestre)

| Revenu annuel brut | 25-30 ans | 35-40 ans | 45-50 ans | 50-55 ans | |---|---|---|---|---| | 25 000 € | 2 100 € | 3 300 € | 4 600 € | 5 600 € | | 35 000 € | 2 900 € | 4 500 € | 6 300 € | 7 700 € | | 45 000 € | 3 700 € | 5 800 € | 8 100 € | 9 900 € | | PASS (46 368 €) | 3 800 € | 6 000 € | 8 400 € | 10 200 € |

Attention : ces montants sont indicatifs et basés sur les barèmes CNAV 2026. Le montant exact dépend de votre situation individuelle. Demandez un devis gratuit sur le site de l’Assurance Retraite.

Exemple chiffré : le cas de Sophie

Prenons un cas concret pour évaluer la rentabilité d’un rachat.

Profil de Sophie :

  • 55 ans en 2026
  • Revenu annuel brut : 45 000 €
  • Trimestres validés : 164 (il lui en manque 8 pour le taux plein à 172)
  • Elle envisage de racheter 4 trimestres d’études supérieures
  • Départ prévu à 64 ans (âge légal)

Coût du rachat

Sophie choisit l’option “taux + durée” pour maximiser sa pension :

  • Prix par trimestre à 55 ans avec un revenu de 45 000 € : environ 9 900 €
  • Coût total pour 4 trimestres : 39 600 €

Gain sur la pension

Sans rachat (168 trimestres à 64 ans, il lui manque 4 trimestres) :

  • Décote : 4 trimestres × 1,25 % = 5 % de décote
  • Taux de calcul : 50 % − 5 % = 45 %
  • Coefficient de proratisation : 168/172 = 0,9767
  • Salaire annuel moyen (SAM) estimé : 30 000 €
  • Pension annuelle : 30 000 × 45 % × 0,9767 = 13 186 €/an

Avec rachat de 4 trimestres (172 trimestres, taux plein) :

  • Taux de calcul : 50 % (taux plein, pas de décote)
  • Coefficient de proratisation : 172/172 = 1
  • Pension annuelle : 30 000 × 50 % × 1 = 15 000 €/an

Gain annuel : 15 000 − 13 186 = 1 814 €/an

Calcul du point mort

Le point mort (break-even) est le moment où le gain cumulé dépasse l’investissement :

  • Investissement : 39 600 € (avant avantage fiscal)
  • Gain annuel brut : 1 814 €
  • Point mort brut : 39 600 / 1 814 = 21,8 ans

Sophie devrait vivre jusqu’à environ 86 ans pour rentabiliser son rachat sans tenir compte de la fiscalité. L’espérance de vie d’une femme à 64 ans étant d’environ 25 ans en France, c’est serré mais réalisable.

Mais il faut intégrer l’avantage fiscal.

La déductibilité fiscale : le vrai levier

Les sommes versées au titre du rachat de trimestres sont intégralement déductibles du revenu imposable (article 83-2° du Code Général des Impôts). C’est ce qui change fondamentalement l’équation.

Calcul de l’économie fiscale pour Sophie

  • Revenu imposable avant déduction : 45 000 €
  • Rachat étalé sur 2 ans : 19 800 €/an déduits
  • Tranche marginale d’imposition (TMI) à 45 000 € pour un célibataire : 30 %

Économie d’impôt : 39 600 × 30 % = 11 880 €

Le coût réel du rachat passe donc de 39 600 € à 27 720 €.

Point mort corrigé

  • Investissement net : 27 720 €
  • Gain annuel : 1 814 €
  • Point mort réel : 27 720 / 1 814 = 15,3 ans

Sophie doit vivre jusqu’à environ 79 ans pour rentabiliser son rachat. C’est nettement plus favorable.

Astuce : si votre TMI est à 41 % ou 45 %, la déductibilité rend le rachat encore plus intéressant. À une TMI de 41 %, le coût net de Sophie tomberait à 23 364 €, avec un point mort à 12,9 ans seulement.

Tableau récapitulatif : rentabilité selon la TMI

| TMI | Coût brut (4 trim.) | Économie fiscale | Coût net | Point mort | |---|---|---|---|---| | 11 % | 39 600 € | 4 356 € | 35 244 € | 19,4 ans | | 30 % | 39 600 € | 11 880 € | 27 720 € | 15,3 ans | | 41 % | 39 600 € | 16 236 € | 23 364 € | 12,9 ans | | 45 % | 39 600 € | 17 820 € | 21 780 € | 12,0 ans |

Quand le rachat est rentable

Le rachat de trimestres vaut le coup dans les situations suivantes :

  • TMI élevée (30 % et plus) : l’avantage fiscal réduit significativement le coût réel.
  • Peu de trimestres à racheter (1 à 4) : le coût total reste gérable et le gain par trimestre est maximal quand on est proche du taux plein.
  • Trimestres qui suppriment la décote : chaque trimestre qui réduit la décote apporte un gain proportionnellement plus important.
  • Bonne santé et espérance de vie favorable : le point mort se situe généralement entre 12 et 22 ans après le départ en retraite.
  • Rachat jeune : un rachat à 30 ans coûte environ 2 à 3 fois moins cher qu’à 55 ans.

Quand le rachat n’est pas rentable

  • TMI faible (0 % ou 11 %) : l’avantage fiscal est marginal et le point mort recule au-delà de 19 ans.
  • Beaucoup de trimestres à racheter (8+) : le coût total devient prohibitif et les derniers trimestres rachetés ont un rendement marginal décroissant.
  • Option “taux + durée” quand seul le taux pose problème : vous payez plus cher pour un bénéfice qui ne vous concerne pas.
  • Proximité de l’âge d’annulation de la décote (67 ans) : à 67 ans, la décote disparaît automatiquement. Si vous pouvez attendre, le rachat perd son intérêt.
  • Revenus faibles : si votre SAM est bas, le gain absolu en euros par trimestre sera faible, même si le pourcentage d’amélioration est identique.

L’alternative : travailler plus longtemps

Avant de racheter, posez-vous la question : pouvez-vous simplement travailler quelques trimestres de plus ? Chaque trimestre travaillé au-delà de l’âge légal ne coûte rien et apporte le même effet qu’un rachat. De plus, au-delà du taux plein, vous bénéficiez d’une surcote de 1,25 % par trimestre supplémentaire.

Dans le cas de Sophie, travailler un an de plus (4 trimestres) lui donnerait le taux plein sans débourser 39 600 €, plus une année de salaire supplémentaire.

Le rachat n’est optimal que si vous ne pouvez pas ou ne voulez pas prolonger votre activité.

Étapes pour racheter des trimestres

  1. Demandez votre relevé de carrière sur le site de l’Assurance Retraite (lassuranceretraite.fr)
  2. Identifiez les périodes rachetables : études, années incomplètes, stages
  3. Demandez un devis gratuit en ligne ou en agence CARSAT
  4. Comparez les deux options (taux seul vs taux + durée) sur votre devis
  5. Calculez votre point mort en intégrant l’avantage fiscal
  6. Échelonnez le paiement : vous pouvez payer en 1, 3, 5, 10 ou 15 ans (au-delà de 12 mois, des intérêts s’appliquent)

Simulez le coût et la rentabilité de votre rachat de trimestres

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