Prix de revient unitaire crypto : calcul du PRU, méthode fiscale et erreurs à éviter en 2026
Comment calculer votre PRU crypto en 2026 ? Méthode du prix moyen pondéré imposée par le fisc, comparaison avec le FIFO, exemple chiffré complet et pièges courants à connaître avant de déclarer.
Vous avez accumulé du Bitcoin à 25 000 €, puis à 60 000 €, puis racheté un peu à 45 000 € lors d’une correction. Le jour où vous vendez, quel est votre vrai prix d’achat ? La réponse dépend d’un chiffre que beaucoup de détenteurs de cryptomonnaies négligent jusqu’au moment de remplir leur déclaration de revenus : le prix de revient unitaire, ou PRU.
Ce chiffre est pourtant le pivot de toute votre fiscalité crypto. Un PRU mal calculé, c’est une plus‑value faussée, un impôt soit trop élevé, soit déclaré trop bas (avec le risque de redressement qui va avec). En 2026, alors que l’administration fiscale durcit ses contrôles sur les actifs numériques, comprendre comment se calcule votre PRU n’est plus optionnel.
Ce que signifie réellement le PRU en crypto
Le prix de revient unitaire représente le coût moyen auquel vous avez acquis chaque unité d’un actif numérique, en tenant compte de l’ensemble de vos achats successifs. Il ne correspond ni à votre premier achat, ni à votre dernier, ni au cours actuel. C’est une moyenne pondérée par les quantités acquises à chaque opération.
Pour un investisseur qui n’a réalisé qu’un seul achat, le PRU est simple : c’est le prix payé. Mais dès qu’on accumule un actif en plusieurs fois (ce que font la majorité des investisseurs en DCA ou par achats opportunistes), le calcul se complexifie.
Deux méthodes, une seule légale en France
Deux grandes méthodes existent dans le monde pour calculer le prix de revient d’un actif vendu par lots.
Le FIFO (First In, First Out)
Le principe est simple : les premiers jetons achetés sont considérés comme les premiers vendus. Si vous avez acheté 0,5 BTC en 2021 à 30 000 € puis 0,5 BTC en 2024 à 55 000 €, une vente de 0,5 BTC sera imputée sur le lot de 2021, avec un prix de revient de 30 000 €. Cette méthode est utilisée dans plusieurs pays (États Unis, Allemagne sous certaines conditions).
Le prix moyen pondéré d’acquisition (PMP)
C’est la méthode imposée par le droit fiscal français. L’article 150 VH bis du Code général des impôts, tel que précisé par le BOFiP (BOI RPPM PVBMC 30 10), impose de calculer la plus‑value de cession selon une formule globale qui revient à déterminer un prix moyen pondéré sur l’ensemble du portefeuille d’actifs numériques.
La formule légale de la plus‑value est la suivante :
Plus‑value = Prix de cession − (Prix total d’acquisition × Prix de cession / Valeur globale du portefeuille)
En pratique, cela signifie que chaque vente prend en compte la valeur totale de votre portefeuille au moment de la cession, pas uniquement l’actif vendu. C’est une particularité française qui rend le calcul nettement plus complexe que le simple FIFO.
Comparaison concrète : FIFO contre PMP sur un même scénario
Prenons un cas concret pour mesurer l’écart entre les deux méthodes.
| Opération | Date | Quantité BTC | Prix unitaire | Montant total |
|---|---|---|---|---|
| Achat 1 | Janvier 2024 | 0,20 | 38 000 € | 7 600 € |
| Achat 2 | Août 2024 | 0,30 | 52 000 € | 15 600 € |
| Achat 3 | Mars 2025 | 0,10 | 75 000 € | 7 500 € |
| Total acquis | 0,60 BTC | 30 700 € |
En juillet 2026, cet investisseur vend 0,25 BTC à 95 000 € l’unité, soit un prix de cession de 23 750 €. Supposons que la valeur globale de son portefeuille au moment de la vente est de 57 000 € (0,60 BTC × 95 000 €).
Résultat en FIFO
Les 0,25 BTC vendus sont imputés sur le premier lot (0,20 BTC à 38 000 €) puis sur le deuxième (0,05 BTC à 52 000 €).
Prix de revient FIFO : (0,20 × 38 000) + (0,05 × 52 000) = 7 600 + 2 600 = 10 200 €
Plus‑value FIFO : 23 750 − 10 200 = 13 550 €
Résultat en PMP (méthode légale française)
Plus‑value = 23 750 − (30 700 × 23 750 / 57 000)
Plus‑value = 23 750 − (30 700 × 0,4167)
Plus‑value = 23 750 − 12 792 = 10 958 €
L’écart est significatif : 2 592 € de plus‑value en plus avec le FIFO, ce qui représenterait environ 778 € d’impôt supplémentaire au taux du prélèvement forfaitaire unique (PFU). Utiliser la mauvaise méthode peut donc coûter cher, dans un sens comme dans l’autre.
La fiscalité applicable en 2026
En 2026, les plus‑values sur actifs numériques réalisées par des particuliers à titre occasionnel restent soumises au prélèvement forfaitaire unique de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux), conformément à l’article 150 VH bis du CGI.
L’option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu reste possible. Elle peut s’avérer avantageuse pour les contribuables dont le taux marginal d’imposition est inférieur à 12,8 %, typiquement ceux dont le revenu imposable ne dépasse pas 29 579 € pour une part (barème 2026 sur les revenus 2025, source : service public.fr).
Dans notre exemple, la plus‑value de 10 958 € calculée selon la méthode PMP génère un impôt de 3 287 € au PFU. Utilisez le simulateur de profit crypto → pour estimer rapidement votre imposition réelle.
Point de vigilance : les opérations entre cryptomonnaies (par exemple, échanger du BTC contre de l’ETH) ne constituent pas un fait générateur d’imposition tant qu’il n’y a pas de conversion vers une monnaie ayant cours légal ou de paiement en crypto pour un bien ou service.
Les cinq erreurs les plus fréquentes sur le PRU crypto
1. Ignorer les frais de transaction dans le prix d’acquisition. Les frais de plateforme (commissions d’achat, frais de réseau) s’ajoutent au prix d’acquisition. Un achat de 0,10 BTC à 90 000 € avec 45 € de frais donne un coût total de 9 045 €, pas 9 000 €. Négliger ces frais sur des dizaines d’opérations peut fausser votre PRU de plusieurs centaines d’euros.
2. Oublier les airdrops et les récompenses de staking. Les tokens reçus gratuitement (airdrops, staking, cashback) ont un prix d’acquisition nul. Si vous les intégrez à votre portefeuille sans ajuster votre calcul, votre PRU sera artificiellement bas, ce qui peut sembler avantageux mais pose problème en cas de contrôle si les montants ne correspondent pas à vos relevés.
3. Appliquer le FIFO alors que la loi impose le PMP. C’est l’erreur la plus répandue chez les investisseurs qui utilisent des outils ou des guides pensés pour le marché américain. Le fisc français ne reconnaît que la méthode globale du prix moyen pondéré. Déclarer avec un calcul FIFO expose à un redressement.
4. Ne pas recalculer le PRU après chaque vente partielle. Après une cession partielle, le « prix total d’acquisition net » de votre portefeuille diminue proportionnellement. Si vous conservez l’ancien prix total d’acquisition pour vos ventes suivantes, toutes les plus‑values ultérieures seront faussées. Le calculateur de PRU crypto → gère automatiquement ce recalcul.
5. Mélanger les portefeuilles de plusieurs plateformes sans consolidation. La formule légale prend en compte la valeur globale de l’ensemble de vos actifs numériques, toutes plateformes confondues. Calculer séparément le PRU par exchange (Binance d’un côté, Coinbase de l’autre) donne un résultat incorrect. Il faut consolider l’ensemble de vos positions.
Comment suivre son PRU efficacement
La meilleure approche reste de tenir un registre chronologique de toutes vos opérations : achats, ventes, échanges, transferts entre plateformes, récompenses de staking. Chaque entrée doit comporter la date, l’actif concerné, la quantité, le prix unitaire en euros, les frais et le type d’opération.
Les plateformes d’échange fournissent des historiques téléchargeables, mais ceux ci sont rarement suffisants pour un calcul fiscal conforme. Ils ne prennent pas en compte les actifs détenus sur d’autres exchanges ou en portefeuille personnel, et ils n’appliquent pas toujours la formule française.
Pour un suivi fiable sans tableur complexe, le calculateur de PRU crypto → vous permet d’entrer vos opérations successives et d’obtenir instantanément votre prix de revient unitaire actualisé, conforme à la méthode fiscale française.
Ce que la loi de finances 2026 n’a pas changé
Contrairement aux rumeurs qui circulent régulièrement dans la communauté crypto francophone, la loi de finances pour 2026 n’a pas modifié le régime fiscal des plus‑values sur actifs numériques pour les particuliers. Le taux du PFU reste à 30 %, la méthode de calcul reste le PMP global, et le seuil d’exonération pour les cessions occasionnelles n’a pas été réintroduit (il avait été supprimé en 2023 lorsque le seuil de 305 € a été abandonné au profit d’une imposition dès le premier euro).
Les discussions européennes autour du règlement MiCA et de la directive DAC8 (échange automatique d’informations sur les transactions crypto) renforcent toutefois la capacité de l’administration à recouper les données. Raison de plus pour que vos calculs de PRU soient irréprochables.