PFU (flat tax) ou barème progressif : comment choisir en 2026
PFU flat tax ou barème progressif : quel régime choisir en 2026 pour vos dividendes ? Cas pratique chiffré, seuils de bascule et méthode de calcul complète.
Chaque année, au moment de la déclaration de revenus, la même case pose problème : cocher ou non l’option pour le barème progressif sur les revenus de capitaux mobiliers. Une case à cocher, deux régimes fiscaux radicalement différents, et souvent plusieurs centaines d’euros à la clé. En 2026, la hausse du taux de la flat tax rebat les cartes : pour un nombre croissant de contribuables, le barème redevient compétitif. Voici comment trancher avec des chiffres, pas des impressions.
Ce qui a changé en 2026 : la flat tax passe à 31,4 %
Depuis sa création en 2018, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) était fixé à 30 %, décomposé en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adoptée le 16 décembre 2025, a relevé le taux global des prélèvements sociaux sur les revenus du capital de 17,2 % à 18,6 % (la CSG passe de 9,2 % à 10,6 %). Résultat : le PFU applicable aux dividendes et aux produits de placement financiers atteint désormais 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux), applicable depuis le 1er janvier 2026.
Cette hausse ne concerne pas tous les revenus du capital de la même façon : l’assurance-vie, les plans d’épargne logement (PEL, CEL) et les revenus fonciers conservent un taux de prélèvements sociaux à 17,2 %, donc un PFU global resté à 30 % lorsqu’il s’applique. Pour les dividendes et les intérêts de placements financiers courants (compte-titres, actions détenues en direct), c’est bien 31,4 % qui s’applique par défaut au 1er euro perçu.
Cette augmentation d’1,4 point sur la part sociale change mécaniquement l’équation : plus le PFU grimpe, plus l’option pour le barème progressif devient intéressante pour les foyers faiblement imposés.
Les deux régimes en présence
Le PFU (flat tax) s’applique automatiquement par défaut. Il taxe l’intégralité du dividende brut perçu (aucun abattement) à un taux fixe de 31,4 %, quel que soit le niveau de revenu du foyer. Il est prélevé à la source par l’établissement payeur puis régularisé lors de la déclaration.
L’option pour le barème progressif est globale : elle s’applique à l’ensemble des revenus de capitaux mobiliers et plus-values mobilières du foyer pour l’année, sans possibilité de choisir régime par régime. Concrètement, elle offre deux avantages cumulables :
- un abattement de 40 % sur le montant brut des dividendes perçus de sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés, avant application du barème de l’impôt sur le revenu ;
- une déduction partielle de la CSG à hauteur de 6,8 points, imputable sur le revenu global de l’année suivante (ce mécanisme reste inchangé en 2026, seul le taux de CSG lui-même a augmenté).
En contrepartie, les 18,6 % de prélèvements sociaux restent dus dans tous les cas, que vous soyez au PFU ou au barème. Le choix ne porte que sur la partie impôt sur le revenu (12,8 % fixe contre barème progressif).
Le seuil de bascule : la tranche marginale d’imposition (TMI)
La règle générale, confirmée par le service public : l’option pour le barème n’est avantageuse que si votre tranche marginale d’imposition (TMI) est de 0 % ou 11 %. Au-delà, avec l’abattement de 40 % neutralisé par un taux d’imposition plus élevé, le PFU reste presque toujours plus favorable.
Le barème 2026 applicable aux revenus 2025, indexé de 0,9 % sur l’inflation, fixe les tranches suivantes :
| Tranche de revenu imposable (par part) | Taux |
|---|---|
| Jusqu’à 11 600 € | 0 % |
| De 11 600 € à 29 579 € | 11 % |
| De 29 579 € à 84 577 € | 30 % |
| De 84 577 € à 181 917 € | 41 % |
| Au delà de 181 917 € | 45 % |
Un ménage dont le revenu net imposable, dividendes exclus, se situe déjà dans la tranche à 30 % ou plus n’a quasiment jamais intérêt à opter : l’abattement de 40 % ne compense pas l’écart de taux entre 30 % ou 41 % et les 12,8 % du PFU. À l’inverse, un contribuable resté dans la tranche à 0 % ou 11 % a presque toujours intérêt à opter, car son taux marginal réel sur les dividendes après abattement devient très inférieur à 12,8 %.
Cas pratique : Camille, indépendante, 8 200 € de dividendes en 2026
Camille est auto-entrepreneuse, célibataire, une part fiscale. Son revenu net imposable hors dividendes (bénéfices professionnels après abattement) s’élève à 24 000 € en 2025, déclarés en 2026. Elle a perçu 8 200 € de dividendes bruts d’une SASU dont elle est associée minoritaire.
Sa TMI hors dividendes se situe dans la tranche à 11 % (24 000 € est compris entre 11 600 € et 29 579 €). C’est précisément le profil pour lequel l’option mérite d’être calculée.
Scénario 1 : PFU à 31,4 %
- Base taxable : 8 200 € (aucun abattement)
- Impôt sur le revenu (12,8 %) : 8 200 × 12,8 % = 1 049,60 €
- Prélèvements sociaux (18,6 %) : 8 200 × 18,6 % = 1 525,20 €
- Total prélevé : 2 574,80 €
- Net perçu : 5 625,20 €
Scénario 2 : option pour le barème progressif
- Abattement de 40 % : 8 200 × 40 % = 3 280 €
- Base taxable au barème : 8 200 − 3 280 = 4 920 €
- Cette base s’ajoute au revenu de Camille (24 000 €), portant son revenu imposable total à 28 920 €, ce qui la maintient dans la tranche à 11 % (le seuil de 29 579 € n’est pas franchi)
- Impôt supplémentaire lié aux dividendes : 4 920 × 11 % = 541,20 €
- Prélèvements sociaux dus dans tous les cas (18,6 %) : 8 200 × 18,6 % = 1 525,20 €
- CSG déductible générée pour l’année suivante : 8 200 × 6,8 % = 557,60 € (vient réduire le revenu imposable 2027, avantage différé non compté ici)
- Total prélevé en 2026 : 541,20 + 1 525,20 = 2 066,40 €
- Net perçu : 6 133,60 €
Écart en faveur du barème : 508,40 € dès la première année, sans même comptabiliser l’avantage différé de la CSG déductible qui viendra encore réduire l’impôt de Camille l’année suivante. Sur ce profil, l’option est nettement gagnante.
Pour vérifier votre propre situation avec vos montants exacts, utilisez le calculateur dividendes et flat tax qui compare automatiquement les deux régimes selon votre revenu et le montant perçu.
Le cas inverse : quand le PFU l’emporte largement
Prenons Marc, cadre en couple, deux parts fiscales, revenu imposable du foyer hors dividendes de 68 000 €, qui perçoit 5 000 € de dividendes. Sa TMI se situe dans la tranche à 30 %.
- PFU : 5 000 × 31,4 % = 1 570 € prélevés, net 3 430 €.
- Barème : abattement 40 % ramène la base à 3 000 €, imposés à 30 % = 900 €, plus 18,6 % de prélèvements sociaux sur les 5 000 € bruts = 930 €. Total : 1 830 €, net 3 170 €.
Ici, l’option coûterait 260 € de plus à Marc. Le PFU reste le bon choix dès la tranche à 30 %, et l’écart se creuse encore aux tranches à 41 % et 45 %.
Comment trancher concrètement avant de déclarer
- Calculez votre revenu net imposable hors dividendes de l’année et identifiez votre tranche marginale avec le simulateur d’impôt sur le revenu.
- Si cette tranche est à 0 % ou 11 %, testez systématiquement le calcul en barème : l’abattement de 40 % joue à plein.
- Si votre revenu hors dividendes est proche d’un seuil de tranche (29 579 € par exemple), vérifiez que l’ajout de la base dividendes abattue de 40 % ne vous fait pas basculer dans la tranche supérieure, ce qui annulerait l’avantage.
- Dès la tranche à 30 % confirmée, ne perdez pas de temps : le PFU est presque toujours gagnant.
- Souvenez-vous que l’option est globale et irrévocable pour l’année une fois la déclaration validée : elle s’applique à tous vos revenus de capitaux mobiliers et plus-values de cession de valeurs mobilières, pas seulement aux dividendes que vous souhaitez optimiser.
Un arbitrage à refaire chaque année
Le passage du PFU de 30 % à 31,4 % en 2026 déplace mécaniquement le point d’équilibre en faveur du barème pour les foyers aux revenus modestes. Mais le calcul dépend entièrement de votre situation : montant des dividendes, revenu global du foyer, et proximité avec un seuil de tranche. Il n’existe pas de règle universelle au delà du repère TMI 0 % ou 11 % : chaque dossier mérite un calcul chiffré avant de cocher la case 2OP sur la déclaration.