PER : sortie en capital ou en rente, quelle fiscalité en 2026
PER sortie capital ou rente : comparez la fiscalité 2026 (IR sur les versements déduits, PFU sur les gains, RVTG et RVTO) pour choisir le bon mode de sortie.
Choisir entre capital et rente à la sortie d’un plan d’épargne retraite n’est pas une question de préférence personnelle : c’est un calcul fiscal. Selon l’origine des sommes et le mode de sortie retenu, l’imposition change du tout au tout, avec des écarts qui se chiffrent en milliers d’euros pour un même capital de départ. Voici, chiffres 2026 à l’appui, comment se répartit la facture fiscale entre les deux options, avec des exemples calculés jusqu’au montant net perçu.
Ce qui détermine la fiscalité à la sortie du PER
Le PER regroupe trois compartiments : les versements volontaires, l’épargne salariale transférée (participation, intéressement, abondement) et les cotisations obligatoires. La règle fiscale de sortie dépend en premier lieu de la nature des versements, et en second lieu du mode choisi (capital, rente, ou un mélange des deux).
Un point mérite d’être clarifié d’emblée, car il est souvent mal présenté : ce n’est pas l’âge qui détermine le régime fiscal de la rente issue des versements volontaires déduits, mais bien l’origine des sommes. L’âge intervient en revanche pour les rentes issues de versements non déduits ou de l’épargne salariale, via un abattement propre aux rentes viagères à titre onéreux détaillé plus bas.
Sortie en capital : IR sur les versements déduits, PFU sur les gains
Pour un capital issu de versements volontaires ayant été déduits du revenu imposable à l’entrée, la sortie se décompose en deux blocs distincts, selon le mécanisme confirmé par service-public.fr et le Bulletin officiel des finances publiques :
- La part correspondant aux versements est réintégrée dans le revenu imposable de l’année de perception et soumise au barème progressif de l’impôt sur le revenu, sans abattement de 10 % applicable aux pensions.
- La part correspondant aux gains (plus-value générée par les placements) est soumise au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 %, soit 12,8 % au titre de l’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Une option pour le barème progressif reste possible si elle est plus favorable, mais les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus dans tous les cas.
Si les versements n’ont pas été déduits à l’entrée (option choisie volontairement lors du versement), la part en capital correspondant à ces versements est totalement exonérée d’impôt sur le revenu à la sortie ; seuls les gains restent taxés au PFU de 30 %.
Exemple chiffré : sortie en capital de 60 000 euros
Un salarié de 63 ans liquide son PER individuel en 2026 pour un capital total de 60 000 euros, composé de 45 000 euros de versements volontaires déduits chaque année de son revenu imposable, et de 15 000 euros de plus-value.
- Versements déduits (45 000 euros) : réintégrés au revenu imposable. Avec un taux marginal d’imposition (TMI) à 30 %, cette part génère 13 500 euros d’impôt sur le revenu.
- Gains (15 000 euros) : soumis au PFU de 30 %, soit 4 500 euros (12,8 % IR plus 17,2 % prélèvements sociaux).
- Total prélevé : 18 000 euros, soit 30 % du capital brut. Il reste 42 000 euros nets à l’épargnant.
Ce calcul varie fortement selon la TMI de l’année de sortie : à 11 %, le total prélevé tombe à 9 450 euros, soit 15,75 % du capital brut. À 41 %, il grimpe à 22 950 euros, soit 38,25 % du capital brut. C’est pourquoi étaler la sortie en capital sur plusieurs années fiscales, quand le contrat le permet, réduit souvent la note en évitant de faire grimper artificiellement le TMI d’une seule année.
Sortie en rente : RVTG ou RVTO selon l’origine des sommes
À la liquidation en rente viagère, le régime fiscal applicable dépend directement de la provenance du capital converti.
Rente issue des versements volontaires déduits : le régime RVTG
Lorsque la rente provient de versements volontaires qui ont été déduits du revenu imposable à l’entrée, elle relève du régime de la rente viagère à titre gratuit (RVTG), identique à celui des pensions de retraite. Concrètement :
- La rente est imposable en totalité au barème progressif de l’impôt sur le revenu, après application de l’abattement forfaitaire de 10 % réservé aux pensions, plafonné en 2026 à un maximum de 4 439 euros par foyer fiscal et à un minimum de 454 euros par pensionné (revalorisation de 0,9 % par rapport à 2025).
- Elle supporte les prélèvements sociaux applicables aux pensions de retraite, calculés sur le montant brut : CSG, CRDS et contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (CASA), pour un taux plein cumulé de 9,1 % (CSG à 8,3 %, CRDS à 0,5 %, CASA à 0,3 %). Un taux réduit (3,8 % ou 6,6 %) ou une exonération totale s’applique selon le revenu fiscal de référence du foyer.
Exemple : une rente RVTG de 8 000 euros par an, pour un foyer au TMI de 30 % et soumis au taux plein de prélèvements sociaux, laisse 7 200 euros imposables après abattement de 10 %. L’impôt sur le revenu s’élève à 2 160 euros, auxquels s’ajoutent 728 euros de CSG, CRDS et CASA calculés sur les 8 000 euros bruts, soit un prélèvement total de 2 888 euros par an. Ce prélèvement se reproduit chaque année, à vie, sur une base qui ne varie pas dans son principe.
Rente issue de versements non déduits ou de l’épargne salariale : le régime RVTO
Lorsque la rente provient de versements volontaires non déduits ou de l’épargne salariale (participation, intéressement, abondement), elle relève du régime de la rente viagère à titre onéreux (RVTO). Ici, c’est bien l’âge de l’épargnant au moment du premier versement de la rente qui détermine la fraction imposable, et ce taux reste figé à vie :
| Âge au premier versement de la rente | Fraction imposable |
|---|---|
| Moins de 50 ans | 70 % |
| De 50 à 59 ans | 50 % |
| De 60 à 69 ans | 40 % |
| 70 ans et plus | 30 % |
Cette fraction s’applique aussi bien à l’impôt sur le revenu (barème progressif) qu’aux prélèvements sociaux, fixés à 17,2 % sur la part imposable seulement, contrairement à la RVTG où les prélèvements sociaux portent sur la totalité de la rente.
Exemple : une rente RVTO de 6 000 euros par an, liquidée à 65 ans (fraction imposable de 40 %), rend 2 400 euros imposables. Pour un TMI de 30 %, l’impôt sur le revenu atteint 720 euros et les prélèvements sociaux, calculés sur les mêmes 2 400 euros, s’élèvent à 412,80 euros. Le prélèvement total ressort à 1 132,80 euros par an, soit 18,9 % de la rente brute, contre 36,1 % pour l’exemple RVTG ci-dessus à TMI et prélèvements sociaux équivalents. L’écart illustre pourquoi l’origine des sommes pèse souvent plus lourd que le choix capital ou rente lui-même.
Tableau comparatif : capital contre rente en 2026
| Critère | Sortie en capital | Sortie en rente (RVTG) | Sortie en rente (RVTO) |
|---|---|---|---|
| Origine typique des sommes | Versements déduits + gains | Versements volontaires déduits | Versements non déduits, épargne salariale |
| Base imposable IR | Versements au barème, gains au PFU | Totalité de la rente, après abattement forfaitaire de 10 % | Fraction selon l’âge (30 % à 70 %) |
| Prélèvements sociaux | 17,2 % sur les gains uniquement | 9,1 % (taux plein) sur le montant brut, réduction ou exonération possible | 17,2 % sur la fraction imposable seulement |
| Impact sur le TMI de l’année | Fort si sortie en une fois | Récurrent chaque année, à vie | Récurrent chaque année, à vie |
| Disponibilité des fonds | Immédiate, capital reconstituable | Aucune, revenu périodique fixé | Aucune, revenu périodique fixé |
| Risque de longévité | Porté par l’épargnant | Couvert (revenu garanti à vie) | Couvert (revenu garanti à vie) |
| Transmission en cas de décès | Capital transmissible aux héritiers | Éteinte, sauf option de réversion | Éteinte, sauf option de réversion |
La sortie mixte, une option souvent négligée
La plupart des contrats PER autorisent une sortie fractionnée : une partie en capital, une partie en rente, dans les proportions choisies par l’épargnant à la liquidation. Sur un capital de 60 000 euros comme dans l’exemple précédent, prendre 20 000 euros en capital et convertir 40 000 euros en rente réduit d’un coup la part réintégrée au revenu imposable de l’année de sortie, tout en garantissant un complément de revenu régulier sur le reste.
Pour comparer précisément les deux scénarios sur votre propre situation, utilisez le simulateur de plan d’épargne retraite : il permet de tester différentes hypothèses de TMI et de montants pour visualiser le net perçu selon chaque mode de sortie, avant d’arrêter une décision définitive.
Cas particuliers à ne pas négliger
Deux situations changent la donne par rapport au schéma général présenté plus haut.
- Déblocage anticipé pour accident de la vie (invalidité, décès du conjoint, surendettement, fin des droits au chômage, liquidation judiciaire de l’activité non salariée) : le capital sort en une fois et bénéficie d’une exonération totale d’impôt sur le revenu, y compris sur les versements déduits à l’entrée. Seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus sur les gains.
- Déblocage anticipé pour achat de la résidence principale : ce motif suit le régime fiscal classique décrit plus haut, sans exonération liée au motif du déblocage.
Sur la transmission, la différence entre les deux modes de sortie est structurante : un capital non liquidé au décès de l’épargnant reste transmissible aux bénéficiaires désignés, avec une fiscalité proche de celle de l’assurance vie pour les PER assurantiels. Une rente viagère s’éteint au décès du crédirentier, sauf option de réversion souscrite au moment de la liquidation, ce qui réduit mécaniquement le montant servi du vivant de l’épargnant.
Quel mode de sortie privilégier selon votre profil
Trois situations reviennent le plus souvent :
- TMI élevée à la retraite et besoin de capital ponctuel (achat immobilier, aide familiale, remboursement de dette) : la sortie en capital, éventuellement fractionnée sur deux ou trois exercices fiscaux, limite la progressivité de l’impôt tout en libérant les fonds rapidement.
- Recherche de sécurité et faible tolérance au risque de longévité : la rente, en particulier issue de versements non déduits ou d’épargne salariale (RVTO), offre une fiscalité allégée grâce à l’abattement lié à l’âge, avec un revenu garanti jusqu’au décès.
- Patrimoine diversifié et volonté de transmettre : le capital reste transmissible aux héritiers en cas de décès avant liquidation complète, alors qu’une rente viagère s’éteint sauf option de réversion, qui réduit le montant servi.
Avant toute décision, simulez les deux hypothèses avec votre TMI réelle prévue à la retraite : c’est elle, bien plus que le montant du capital, qui fait basculer l’arbitrage d’un côté ou de l’autre. Le simulateur de plan d’épargne retraite reste le point de départ le plus fiable pour chiffrer votre cas avant d’en parler avec votre conseiller ou votre assureur.