Pension de réversion Agirc-Arrco : conditions et calcul 2026
Pension réversion Agirc-Arrco 2026 : conditions d'âge, 60% des points, absence de plafond de ressources, calcul détaillé avec exemple chiffré et démarches à connaître.
Un conjoint qui perd son époux ou son épouse touche généralement deux pensions de réversion : celle du régime de base (Cnav) et celle du régime complémentaire Agirc-Arrco. Les deux obéissent à des règles totalement différentes, et confondre les deux fait perdre des mois de versements à de nombreux veufs et veuves. Voici le calcul exact applicable en 2026, chiffres à l’appui.
Les 4 conditions pour toucher la réversion Agirc-Arrco en 2026
Le régime complémentaire des salariés du privé pose quatre conditions cumulatives, nettement plus simples que celles du régime de base.
1. Avoir été marié au défunt. Le Pacs et le concubinage n’ouvrent aucun droit à la réversion Agirc-Arrco, contrairement à certaines idées reçues. Seul le mariage compte, y compris s’il a été suivi d’un divorce (l’ex-conjoint garde alors un droit proportionnel, détaillé plus bas).
2. Avoir au moins 55 ans. C’est l’âge plancher fixé par l’Agirc-Arrco pour percevoir la réversion, un seuil bien plus bas que celui du régime de base (55 ans également depuis la réforme, mais avec des règles de ressources en plus). Une exception existe : sous les 55 ans, la réversion peut être versée si le conjoint survivant a au moins deux enfants à charge ou est reconnu invalide au moment du décès.
3. Ne pas s’être remarié. C’est la condition qui piège le plus de bénéficiaires. Contrairement au régime de base où le remariage n’entraîne pas de suspension automatique (seul le niveau de ressources compte), un remariage supprime définitivement la réversion Agirc-Arrco, même si le nouveau conjoint décède à son tour ou si le couple divorce ensuite. Le Pacs et le concubinage, eux, ne remettent rien en cause.
4. Aucune condition de ressources. C’est la deuxième grande différence avec le régime de base. Selon l’Agirc-Arrco, le montant de la réversion complémentaire ne dépend ni des revenus du conjoint survivant, ni de sa situation professionnelle. Un veuf qui gagne 5 000 euros par mois touche exactement la même réversion, à points égaux, qu’un veuf sans aucun revenu.
Le calcul en 3 étapes
Étape 1 : le taux de réversion, fixé à 60%
La pension de réversion Agirc-Arrco correspond à 60% des points de retraite complémentaire accumulés par le défunt sur toute sa carrière, tous régimes Agirc et Arrco fusionnés depuis 2019. Ce taux est fixe, sans dégressivité ni plafond, quel que soit l’âge ou les ressources du bénéficiaire.
Étape 2 : la valeur du point 2026
Chaque point Agirc-Arrco a une valeur de service fixée par le conseil d’administration du régime. Pour 2026, cette valeur est de 1,4386 euro, inchangée depuis le 1er novembre 2025. Fait notable : faute d’accord entre syndicats et patronat à l’automne 2025, le point n’a pas été revalorisé, un gel inédit depuis la fusion Agirc-Arrco de 2019. Les pensions complémentaires, y compris de réversion, restent donc au même niveau qu’en 2025.
Étape 3 : la formule complète
Montant annuel de la réversion = (nombre de points du défunt x 60%) x 1,4386 euro
Le résultat est ensuite versé mensuellement, la Cnav et l’Agirc-Arrco fonctionnant en règlement à terme échu chaque mois.
Exemple chiffré concret
Prenons un cas réel. M. Roussel décède à 67 ans après une carrière complète dans le privé. Son relevé Agirc-Arrco indique 12 500 points accumulés. Son épouse, âgée de 58 ans, dépose sa demande de réversion trois mois après le décès.
| Étape du calcul | Valeur |
|---|---|
| Points du défunt | 12 500 points |
| Taux de réversion | 60% |
| Points reversés | 7 500 points |
| Valeur du point 2026 | 1,4386 euro |
| Montant annuel | 10 789,50 euros |
| Montant mensuel | 899,13 euros |
Ce montant s’ajoute à la réversion du régime de base calculée séparément par la Cnav, elle-même soumise à un plafond de ressources de 25 001,60 euros par an pour une personne seule en 2026. Si Mme Roussel perçoit déjà une pension personnelle ou des revenus qui dépassent ce plafond, seule la réversion Agirc-Arrco reste garantie en intégralité, la réversion de base pouvant être réduite ou supprimée.
Cumul avec sa propre retraite : ce qui change concrètement
La réversion Agirc-Arrco se cumule intégralement avec la retraite personnelle du bénéficiaire, sans écrêtement ni plafond de cumul, à la différence du régime de base où un plafond de ressources limite parfois le cumul total. Une personne qui perçoit déjà 1 400 euros de retraite personnelle et qui a droit à 899 euros de réversion Agirc-Arrco touchera bien 2 299 euros au total sur ce volet complémentaire, sans aucune minoration liée au cumul. Pour vérifier l’impact exact sur votre budget mensuel une fois les deux pensions combinées, le simulateur de retraite permet d’estimer votre pension personnelle avant d’y ajouter la réversion.
Le cas particulier des ex-conjoints divorcés
Un ex-époux ou ex-épouse non remarié conserve un droit à la réversion Agirc-Arrco, mais celui-ci est calculé au prorata de la durée du mariage par rapport à la durée totale d’assurance du défunt. S’il y a plusieurs ex-conjoints et un conjoint survivant au moment du décès, la réversion totale (les 60% des points) est répartie entre eux proportionnellement à la durée de chaque union. Un remariage de l’ex-conjoint avant le décès du défunt fait perdre ce droit, exactement comme pour le conjoint survivant.
D’où viennent les points du défunt : la base du calcul
Les points Agirc-Arrco à réverser correspondent au total des points acquis par le défunt pendant toute sa carrière de salarié du privé, cadre ou non cadre, y compris les points gratuits accordés pour les périodes de chômage indemnisé, de maladie longue durée ou d’invalidité. Les points achetés en cas de rachat de trimestres entrent aussi dans le calcul. Ce total figure sur le relevé de carrière Agirc-Arrco du défunt, consultable par ses ayants droit auprès de la caisse de retraite complémentaire. Une erreur fréquente consiste à confondre ce total de points avec le montant de la pension que touchait le défunt de son vivant : les deux ne se calculent pas de la même façon, car la pension du défunt intégrait aussi d’éventuels coefficients de minoration liés à un départ anticipé, alors que la réversion se base sur le stock brut de points, sans ces minorations.
Erreurs fréquentes qui retardent ou réduisent la réversion
Trois situations reviennent régulièrement dans les dossiers de réversion Agirc-Arrco. La première concerne les couples pacsés ou en concubinage au moment du décès : aucun droit à la réversion Agirc-Arrco n’existe dans ces situations, seul un mariage civil (même ancien, même suivi d’une séparation de fait non actée par un divorce) ouvre le droit. La deuxième erreur touche les personnes qui attendent d’avoir liquidé leur propre retraite avant de demander la réversion : les deux démarches sont indépendantes, et retarder l’une ne sert à rien puisque la réversion se cumule intégralement avec la pension personnelle. La troisième erreur, la plus coûteuse, concerne le délai de demande : au delà de 12 mois après le décès, les mois non réclamés sont perdus définitivement, sans possibilité de rattrapage rétroactif.
Démarches et délai de versement
La demande de réversion Agirc-Arrco n’est jamais automatique : elle doit être déposée dans les 12 mois suivant le décès pour un versement rétroactif à la date du décès. Passé ce délai, la pension n’est due qu’à partir du premier jour du mois suivant la demande, avec perte définitive des mois antérieurs. La demande se fait en ligne sur le site Agirc-Arrco ou via le formulaire Cerfa dédié, en parallèle de la demande de réversion du régime de base qui suit un circuit distinct auprès de la Cnav ou de la caisse de retraite du défunt. Les pièces à fournir incluent l’acte de décès, le livret de famille (ou l’acte de mariage), un justificatif d’identité et un relevé d’identité bancaire pour le versement mensuel. Le traitement du dossier prend en moyenne quelques semaines une fois le dossier complet transmis à la caisse Agirc-Arrco du défunt.
Ce qu’il faut retenir avant de déposer sa demande
Le régime complémentaire Agirc-Arrco applique des règles nettement plus généreuses que le régime de base sur deux points précis : aucune condition de ressources, et un accès dès 55 ans sans attendre l’âge légal de départ. En contrepartie, la condition de non-remariage est stricte et définitive, là où le régime de base se montre plus souple sur ce point mais impose un plafond de revenus. Avant de faire une simulation de vos droits propres à la retraite pour anticiper le cumul avec une future réversion, le simulateur de retraite de Calcunet permet d’estimer votre pension personnelle en quelques minutes, chiffres 2026 à l’appui.