PEL et CEL en 2026 : taux, fiscalité et prêt épargne logement
PEL et CEL 2026 : taux de 2 % pour le PEL, jusqu'à 1,25 % pour le CEL depuis le 1er août. Comparatif chiffré de la fiscalité PFU, des plafonds et des droits à prêt épargne logement.
Le Plan Épargne Logement et le Compte Épargne Logement restent les deux seuls produits d’épargne réglementée qui ouvrent un droit à prêt immobilier à taux garanti. En 2026, leurs règles ont bougé sur trois points précis : le taux du PEL a été revalorisé au 1er janvier, le taux du CEL a suivi la baisse puis la remontée du Livret A en cours d’année, et la fiscalité applicable aux plans récents reste soumise au prélèvement forfaitaire unique dès le premier euro d’intérêt. Ce comparatif détaille chiffre par chiffre ce qui distingue les deux produits et ce qu’ils rapportent réellement une fois la fiscalité déduite.
PEL et CEL 2026 : le comparatif chiffré
| Caractéristique | PEL (plan ouvert en 2026) | CEL |
|---|---|---|
| Taux de rémunération brut | 2 % par an, fixé à l’ouverture pour toute la durée | 1,25 % depuis le 1er août 2026 (1 % du 1er février au 31 juillet 2026) |
| Mode de calcul du taux | Fixé par arrêté, garanti pendant toute la vie du plan | Deux tiers du taux du Livret A, arrondi au quart de point le plus proche, révisé chaque semestre |
| Taux net après PFU (30 %) | Environ 1,40 % net | Environ 0,88 % net à 1,25 %, environ 0,70 % net à 1 % |
| Plafond de versement | 61 200 € | 15 300 € |
| Versement minimum | 225 € à l’ouverture, puis 540 €/an minimum | 300 € à l’ouverture, versements libres ensuite |
| Durée | 4 ans minimum de détention, versements possibles jusqu’à 10 ans, plan conservé jusqu’à 15 ans maximum | Pas de durée minimale ni maximale, retrait possible à tout moment |
| Taux du prêt épargne logement | 3,20 % pour les plans ouverts en 2026 | Taux de rémunération de l’épargne acquise majoré de 1,5 point, soit 2,75 % au taux actuel de 1,25 % |
| Montant maximum du prêt | 92 000 € | 23 000 € |
| Fiscalité | PFU 30 % (12,8 % impôt + 17,2 % prélèvements sociaux) dès la première année pour les plans ouverts depuis 2018 | PFU 30 % dans les mêmes conditions |
| Prime d’État | Supprimée pour les plans ouverts depuis 2018 | Supprimée pour les plans ouverts depuis 2018 |
Ces chiffres concernent les plans ouverts en 2026. Un PEL ouvert avant cette date conserve le taux fixé à son ouverture jusqu’à son terme : c’est la règle centrale à retenir, le taux ne bouge jamais en cours de vie du plan, contrairement au CEL dont le taux évolue chaque semestre en fonction du Livret A.
Taux du PEL en 2026 : ce qui change réellement
Depuis le 1er janvier 2026, le taux de rémunération du PEL est passé de 1,75 % à 2 % brut par an, un taux publié au Journal officiel du 20 décembre 2025 et confirmé par legifiscal.fr. Cette revalorisation ne concerne que les plans ouverts à partir du 1er janvier 2026 : si vous détenez déjà un PEL ouvert en 2023, 2024 ou 2025, votre taux reste celui négocié à l’ouverture, sans possibilité de rattrapage sur les nouveaux plans. Le taux du prêt épargne logement associé aux plans 2026 s’établit à 3,20 %, soit la rémunération du plan majorée de 1,20 point selon la formule officielle rappelée par meilleurtaux.com. Ce niveau reste attractif dans un contexte où les taux moyens de crédit immobilier classique se situent nettement plus haut selon les barèmes bancaires courants. Pour comparer ce taux de prêt PEL à une offre bancaire classique sur votre projet, le simulateur de crédit immobilier permet de chiffrer précisément vos mensualités selon le montant emprunté et la durée choisie.
Un point souvent oublié : la durée de vie d’un PEL ne s’arrête pas à 10 ans. Les versements réguliers ou libres sont possibles pendant 10 ans maximum, après quoi le plan continue de porter intérêt au taux garanti pendant 5 années supplémentaires, sans nouveau versement possible. Au terme de ces 15 ans, la banque convertit automatiquement le PEL en compte d’épargne ordinaire, rémunéré à un taux nettement moins favorable. Il est donc utile de surveiller la date des 15 ans de son plan pour ne pas laisser son capital dériver vers une rémunération résiduelle.
Taux du CEL en 2026 : une mécanique indexée sur le Livret A
Le CEL fonctionne différemment : son taux n’est pas fixé une fois pour toutes, il suit une formule automatique égale aux deux tiers du taux du Livret A, arrondi au quart de point le plus proche. Cette mécanique explique pourquoi le taux du CEL a bougé deux fois en 2026 : il est passé à 1 % au 1er février 2026, puis à 1,25 % au 1er août 2026 dans le sillage de la remontée du taux du Livret A à 1,70 %, comme le confirment moneyvox.fr et france-epargne.fr. Concrètement, si vous voulez suivre l’évolution du taux de référence qui pilote celui du CEL, le simulateur Livret A permet de visualiser le rendement du produit dont dépend directement votre rémunération CEL.
Cette indexation a une conséquence pratique : les intérêts du CEL sont cumulés par période, et chaque tranche d’intérêts acquis à un taux donné génère un droit à prêt calculé sur ce même taux majoré de 1,5 point de frais de gestion. Un épargnant qui a accumulé des intérêts à 1 % entre février et juillet 2026, puis à 1,25 % à partir d’août, verra son droit à prêt composé de deux tranches à des taux de crédit différents, 2,50 % et 2,75 %, plutôt que d’un taux unique.
Fiscalité 2026 : le PFU s’applique dès le premier euro
C’est le point le plus mal compris par les épargnants qui ouvrent un PEL ou un CEL aujourd’hui : contrairement aux plans ouverts avant 2018, qui bénéficiaient d’une exonération d’impôt sur le revenu pendant les 12 premières années, tout plan ouvert depuis le 1er janvier 2018 est soumis au prélèvement forfaitaire unique de 30 % dès la première année. Ce PFU se décompose en 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, prélevés directement par la banque chaque année sur les intérêts acquis, sans attendre la clôture du plan. Il n’y a plus de période d’exonération, et la prime d’État a également disparu pour les plans récents : le rendement affiché de 2 % brut sur le PEL ou 1,25 % brut sur le CEL doit donc toujours être ramené à son équivalent net avant toute comparaison avec un autre placement. Les foyers non imposables peuvent opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu plutôt que pour le PFU si cela leur est plus favorable, une option à cocher chaque année lors de la déclaration.
Exemple chiffré : un PEL ouvert en 2026 avec 20 000 € de versement initial
Prenons le cas de Camille, qui ouvre un PEL en janvier 2026 avec un versement initial de 20 000 €, puis verse 100 € par mois pendant quatre ans sans autre mouvement.
- Capital versé sur 4 ans : 20 000 € + (100 € x 48 mois) = 24 800 €
- Taux brut garanti : 2 % par an
- Intérêts bruts cumulés sur la période (calcul simplifié par quinzaine) : environ 1 050 €
- PFU de 30 % appliqué chaque année sur les intérêts acquis : environ 315 € prélevés au total
- Intérêts nets perçus par Camille : environ 735 €
- Rendement net réel sur la période : environ 1,40 % par an, conforme au taux net théorique du PEL 2026
Au bout de ces quatre ans, Camille peut soit continuer à verser jusqu’à 10 ans pour renforcer ses droits à prêt, soit mobiliser son droit à prêt immédiatement. Avec environ 1 050 € d’intérêts acquis multipliés par le coefficient de 2,5 applicable à une utilisation classique du crédit, elle disposerait d’un droit à prêt théorique d’environ 2 625 € de capacité d’emprunt, un montant très inférieur au plafond de 92 000 € qui illustre pourquoi le PEL fonctionne surtout comme un complément d’apport, rarement comme financement principal d’un achat immobilier.
Droits à prêt : la formule que peu d’épargnants calculent correctement
Le droit à prêt du PEL ne dépend pas du capital versé mais des intérêts acquis à la date du dernier anniversaire du plan, multipliés par un coefficient qui varie selon la durée de remboursement choisie : 2,5 pour une utilisation classique du crédit, 1,5 pour l’acquisition de parts de SCPI. Plus la durée de remboursement est courte, plus le coefficient appliqué est élevé, ce qui augmente le droit à prêt mais aussi le montant de la mensualité. Pour le CEL, la logique est identique mais le coefficient grimpe fortement selon la durée retenue : il atteint 240 pour un remboursement sur 3 ans, contre 153 pour un remboursement sur 15 ans, avec un plafond de prêt fixé à 23 000 €. Dans les deux cas, une condition d’ancienneté s’applique : 18 mois de détention minimum pour le CEL, et le respect de la phase d’épargne de 4 ans minimum pour le PEL avant de pouvoir mobiliser le prêt.
Faut-il ouvrir un PEL ou un CEL en 2026 ?
Le PEL 2026 a un avantage net sur le CEL : son taux de 2 % est garanti pour toute la durée du plan, à l’abri d’une baisse future du Livret A, alors que le CEL reste exposé à la prochaine révision semestrielle. En contrepartie, le PEL impose un blocage des versements réguliers et une durée minimale de 4 ans avant tout retrait sans pénalité sur les droits acquis, tandis que le CEL reste disponible à tout moment sans condition de durée. Pour un projet immobilier à horizon de 4 à 10 ans, le PEL 2026 mérite d’être ouvert avant une éventuelle nouvelle baisse de taux. Pour une épargne de précaution qui doit rester mobilisable rapidement tout en conservant un droit à prêt d’appoint, le CEL reste plus flexible malgré un rendement inférieur. Une stratégie courante consiste à ouvrir les deux produits en parallèle : le CEL sert de liquidité immédiate pendant que le PEL capitalise à taux garanti, les deux droits à prêt pouvant ensuite se cumuler dans la limite globale de 92 000 €. Dans tous les cas, comparez le taux net après PFU à celui d’un Livret A ou d’un LDDS non fiscalisés avant de choisir entre plusieurs enveloppes d’épargne réglementée.
Sources : legifiscal.fr, service-public.gouv.fr, economie.gouv.fr, moneyvox.fr, meilleurtaux.com, france-epargne.fr.