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Immobilier

Nue propriété : décote, fiscalité et récupération du bien en 2026

Investir en nue propriété permet d'acheter un bien avec 30 à 40 % de décote, sans fiscalité pendant le démembrement. Barème fiscal article 669 CGI, exonération IFI, exemple chiffré et stratégies 2026.

28 juillet 2026 9 min de lecture
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Nue propriété : décote, fiscalité et récupération du bien en 2026

Acheter un bien immobilier avec 30 à 40 % de réduction, ne payer ni impôt sur les loyers ni IFI pendant toute la durée de l’opération, puis récupérer la pleine propriété sans frais supplémentaires : c’est exactement ce que propose l’investissement en nue propriété. Ce mécanisme, encore méconnu du grand public, repose sur le démembrement temporaire du droit de propriété. Il séduit aussi bien les investisseurs patrimoniaux que les contribuables soumis à l’IFI qui cherchent à réduire leur assiette taxable.

Le principe du démembrement de propriété

Le démembrement consiste à séparer le droit de propriété en deux composantes distinctes. D’un côté, l’usufruit confère le droit d’utiliser le bien et d’en percevoir les revenus (loyers). De l’autre, la nue propriété donne le droit de disposer du bien, c’est à dire d’en être le propriétaire « dormant » jusqu’à la fin du démembrement.

Concrètement, le nu propriétaire acquiert le bien à un prix réduit puisqu’il renonce temporairement à l’usage et aux revenus. L’usufruitier, souvent un bailleur social ou un investisseur institutionnel, exploite le bien pendant une durée fixée contractuellement (généralement 15 à 20 ans). À l’extinction de l’usufruit, le nu propriétaire récupère automatiquement la pleine propriété, sans formalité ni taxation supplémentaire.

Le barème fiscal de l’article 669 du CGI

L’article 669 du Code général des impôts fixe la répartition de la valeur entre usufruit et nue propriété en fonction de l’âge de l’usufruitier. Ce barème, en vigueur depuis le 1er janvier 2004, reste inchangé en 2026. Il s’applique obligatoirement pour le calcul des droits de donation, de succession et des droits de mutation.

Âge de l’usufruitierValeur de l’usufruitValeur de la nue propriété
Moins de 21 ans90 %10 %
De 21 à 30 ans80 %20 %
De 31 à 40 ans70 %30 %
De 41 à 50 ans60 %40 %
De 51 à 60 ans50 %50 %
De 61 à 70 ans40 %60 %
De 71 à 80 ans30 %70 %
De 81 à 90 ans20 %80 %
Plus de 91 ans10 %90 %

Ce barème sert de référence pour évaluer la décote appliquée lors de l’achat en nue propriété. Plus l’usufruitier est jeune (ou plus la durée du démembrement est longue), plus la décote est importante.

La décote : combien économise le nu propriétaire ?

Dans le cadre d’un investissement en nue propriété avec un démembrement temporaire (fixé dans le temps, et non viager), la décote varie selon la durée retenue et le marché. En pratique, pour un démembrement de 15 ans, la décote se situe entre 35 et 40 % de la valeur en pleine propriété. Pour 20 ans, elle peut atteindre 40 à 45 %.

Cette décote n’est pas un cadeau : elle correspond à la valeur actualisée des loyers que le nu propriétaire ne percevra pas pendant la durée du démembrement. C’est un arbitrage entre un rendement immédiat (loyers) et une plus value latente (récupération de la pleine propriété à terme).

Triple avantage fiscal pendant le démembrement

Aucun revenu foncier imposable

Le nu propriétaire ne perçoit aucun loyer pendant toute la durée du démembrement. Il n’a donc aucun revenu foncier à déclarer, ce qui signifie zéro impôt sur le revenu et zéro prélèvements sociaux (17,2 %) sur cette opération. Pour un contribuable dans la tranche marginale à 41 % ou 45 %, l’économie fiscale annuelle par rapport à un investissement locatif classique est considérable.

Exonération totale d’IFI

Conformément à l’article 968 du CGI, en cas de démembrement de propriété, c’est l’usufruitier qui déclare le bien pour sa valeur en pleine propriété dans son patrimoine soumis à l’IFI. Le nu propriétaire est totalement exonéré. Le seuil d’assujettissement à l’IFI reste fixé à 1 300 000 euros de patrimoine net taxable en 2026. Pour les patrimoines importants, cette exonération constitue un levier puissant de réduction d’impôt.

Taxe foncière à la charge de l’usufruitier

Pendant toute la durée du démembrement, c’est l’usufruitier qui supporte la taxe foncière. Le nu propriétaire n’a donc aucune charge fiscale récurrente liée au bien, ce qui simplifie considérablement la gestion.

Exemple concret : le cas de Sophie Marchand

Sophie Marchand, cadre supérieure de 48 ans résidant à Lyon, dispose d’un patrimoine immobilier net de 1 450 000 euros. Elle est assujettie à l’IFI et cherche à investir dans l’immobilier sans alourdir sa fiscalité.

Étape 1 : acquisition en nue propriété

Sophie acquiert la nue propriété d’un appartement T3 de 65 m² situé à Villeurbanne, dont la valeur en pleine propriété est estimée à 250 000 euros. Le démembrement temporaire est fixé à 15 ans, avec un bailleur social comme usufruitier. La décote retenue est de 37 %, soit un prix d’acquisition de 157 500 euros pour la nue propriété.

Étape 2 : impact fiscal annuel

Si Sophie avait acheté ce même bien en pleine propriété et l’avait mis en location à 750 euros par mois (9 000 euros annuels), voici ce qu’elle aurait payé chaque année :

PosteInvestissement classiqueNue propriété
Revenus fonciers imposables9 000 €0 €
IR (tranche à 41 %)3 690 €0 €
Prélèvements sociaux (17,2 %)1 548 €0 €
IFI supplémentaireenviron 625 €0 €
Taxe foncière1 200 €0 €
Total charges fiscales annuelles7 063 €0 €

Sur 15 ans, Sophie évite environ 105 945 euros de charges fiscales cumulées. Parallèlement, elle a économisé 92 500 euros à l’achat grâce à la décote. Utilisez notre simulateur de rentabilité locative → pour comparer les deux scénarios avec vos propres chiffres.

Étape 3 : récupération de la pleine propriété

En 2041, à l’extinction de l’usufruit, Sophie récupère automatiquement la pleine propriété de l’appartement. Si le bien s’est apprécié de 2 % par an en moyenne, sa valeur atteindra environ 336 500 euros. Sophie aura donc acquis un patrimoine de 336 500 euros pour un investissement initial de 157 500 euros, soit un gain brut de 179 000 euros en capital.

Qui porte les charges et les travaux ?

La répartition des charges entre nu propriétaire et usufruitier suit des règles précises, codifiées aux articles 605 et 606 du Code civil :

L’usufruitier supporte les charges courantes : entretien, réparations locatives, taxe foncière, charges de copropriété courantes et assurance habitation.

Le nu propriétaire supporte les grosses réparations, c’est à dire celles qui touchent à la structure du bien (toiture, murs porteurs, charpente). En pratique, dans les programmes de nue propriété gérés par des bailleurs institutionnels, une convention prévoit souvent que l’usufruitier prend en charge l’ensemble des travaux, y compris les grosses réparations, ce qui protège le nu propriétaire de toute dépense imprévue.

Questions fréquentes

Peut on revendre la nue propriété avant la fin du démembrement ?

Oui, la nue propriété est un droit réel cessible. Le nu propriétaire peut revendre sa nue propriété à tout moment sur le marché secondaire. La valeur de revente augmente naturellement à mesure que l’on se rapproche de la date de reconstitution de la pleine propriété, puisque la décote résiduelle diminue avec le temps.

Peut on financer l’achat en nue propriété à crédit ?

C’est tout à fait possible et même recommandé dans certains cas. Les intérêts d’emprunt peuvent être déduits des revenus fonciers existants (provenant d’autres biens mis en location), ce qui génère un déficit foncier imputable sur le revenu global dans la limite de 10 700 euros par an. Cette stratégie est particulièrement pertinente pour les investisseurs qui possèdent déjà un patrimoine locatif.

Que se passe t il si l’usufruitier ne respecte pas ses obligations ?

Le nu propriétaire dispose de recours juridiques en cas de dégradation du bien ou de manquement de l’usufruitier à ses obligations d’entretien. Dans les programmes institutionnels, la qualité du bailleur social (organisme HLM, CDC Habitat, etc.) offre une garantie solide sur la bonne gestion du bien.

La plus value est elle taxée à la récupération de la pleine propriété ?

Non. La reconstitution de la pleine propriété à l’extinction de l’usufruit ne constitue pas un fait générateur d’imposition. Aucune plus value n’est calculée ni taxée à ce moment. La taxation n’intervient qu’en cas de revente ultérieure du bien en pleine propriété, avec le régime classique des plus values immobilières (exonération totale après 22 ans de détention pour l’IR et 30 ans pour les prélèvements sociaux).

Les points de vigilance avant d’investir

L’investissement en nue propriété présente un inconvénient majeur : l’absence totale de revenus pendant toute la durée du démembrement. Ce n’est donc pas adapté aux investisseurs qui ont besoin de cash flow immédiat pour rembourser un crédit ou compléter leurs revenus.

Il faut également être attentif à la qualité de l’emplacement du bien. La décote ne compense l’absence de loyers que si le bien se valorise correctement sur la période. Un mauvais emplacement peut annuler l’avantage de la décote initiale.

Enfin, vérifiez la solidité de l’usufruitier institutionnel et les termes de la convention de démembrement, notamment la clause relative aux grosses réparations et l’état de restitution du bien en fin de période. Pour évaluer la pertinence financière de votre projet, simulez votre opération avec notre simulateur de rentabilité locative →.

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