Mi-temps thérapeutique : salaire et indemnités en 2026
Mi temps thérapeutique salaire indemnités : calcul exact du cumul salaire et IJ, plafond 2026, durée maximale et cas pratique chiffré pour anticiper votre reprise.
Reprendre le travail à temps partiel après un arrêt maladie ne veut pas dire toucher un demi salaire. Le mécanisme du temps partiel thérapeutique combine une rémunération proratisée par l’employeur et un complément versé par l’Assurance Maladie, mais son calcul exact reste flou pour la plupart des salariés concernés. Voici comment ce cumul fonctionne réellement, avec un cas chiffré complet.
L’accord préalable : médecin traitant et CPAM, deux feux verts obligatoires
Le temps partiel thérapeutique (TPT) n’est jamais une décision unilatérale du salarié ou de l’employeur. Il suppose deux validations successives, selon ameli.fr :
- Le médecin traitant prescrit la reprise à temps partiel pour motif thérapeutique, en précisant la quotité de travail recommandée (souvent 50 %, 60 % ou 80 %) et sa durée.
- Le médecin conseil de la CPAM doit donner son accord après examen du dossier, car c’est lui qui autorise le maintien, total ou partiel, des indemnités journalières pendant la reprise.
L’employeur n’a pas de droit de veto sur la prescription médicale, mais il doit accepter d’aménager le poste et les horaires. En pratique, l’entreprise formalise cette reprise par un avenant au contrat de travail précisant la nouvelle durée de travail. Sans accord de la CPAM, l’employeur peut verser un salaire au prorata du temps travaillé, mais aucune indemnité journalière ne complétera ce revenu.
Le calcul du complément versé par l’Assurance Maladie
Le principe retenu par la Sécurité sociale est simple dans son énoncé : vous touchez le salaire correspondant aux heures réellement travaillées, et la CPAM verse une indemnité journalière pour compenser tout ou partie de la perte liée aux heures non travaillées.
Le salaire journalier de base (SJB)
La CPAM additionne vos trois derniers salaires bruts perçus avant l’arrêt de travail initial, puis divise ce total par 91,25 (nombre moyen de jours sur trois mois). Le résultat est le salaire journalier de base. L’indemnité journalière maladie correspond à 50 % de ce SJB, dans la limite d’un plafond fixé chaque année.
Le plafond de cumul à ne jamais dépasser
C’est le point le plus mal compris par les salariés : la somme du salaire versé par l’employeur et de l’indemnité journalière ne peut jamais dépasser le salaire net que vous auriez perçu en travaillant à temps plein sur la même période. Si l’addition dépasse ce seuil, la CPAM réduit automatiquement le montant de l’IJ pour ramener le total au niveau du salaire habituel. Chaque mois, l’employeur transmet à la CPAM une attestation indiquant le salaire réellement versé et celui qui aurait été dû à temps complet, ce qui permet à l’Assurance Maladie d’ajuster le complément versé.
Par ailleurs, le salaire brut pris en compte pour le calcul de l’IJ est lui-même plafonné à 1,4 fois le Smic mensuel, soit 2 552,25 euros brut en 2026 selon ameli.fr. Le montant maximal de l’indemnité journalière maladie qui en découle atteint 41,95 euros par jour depuis février 2026.
Cas pratique chiffré : Claire, technicienne de laboratoire, reprise à 60 %
Claire gagne 2 400 euros bruts par mois avant son arrêt maladie de six semaines pour une opération orthopédique. Son médecin traitant prescrit une reprise à temps partiel thérapeutique à 60 % (soit 3 jours travaillés sur 5), validée par le médecin conseil de la CPAM pour une durée de trois mois.
Calcul du salaire journalier de base : ses trois derniers salaires bruts (2 400 x 3 = 7 200 euros) sont divisés par 91,25, ce qui donne un SJB de 78,90 euros. L’indemnité journalière maladie théorique correspond à 50 % de ce montant, soit 39,45 euros brut par jour, un chiffre inférieur au plafond de 41,95 euros, donc appliqué sans écrêtement.
| Élément | Montant |
|---|---|
| Salaire brut habituel (temps plein) | 2 400 € |
| Salaire brut versé par l’employeur (60 %) | 1 440 € |
| Salaire journalier de base (SJB) | 78,90 € |
| IJ journalière brute (50 % du SJB) | 39,45 € |
| Nombre de jours IJ dans le mois | environ 20,4 |
| IJ mensuelle brute théorique | environ 805 € |
| Cumul salaire + IJ | environ 2 245 € |
Le cumul de 2 245 euros reste sous le plafond de 2 400 euros correspondant à son salaire habituel à temps plein : la CPAM verse donc l’intégralité de l’indemnité calculée, sans réduction. Claire perçoit ainsi environ 93 % de son salaire brut habituel tout en ne travaillant que 60 % de son temps. Pour convertir ce montant brut mensuel en net et anticiper précisément ce qui atterrira sur son compte, elle peut utiliser le simulateur de salaire brut en net, qui applique les taux de cotisations salariales à sa situation.
Si son employeur avait par erreur maintenu un salaire à 70 % au lieu de 60 %, le cumul aurait dépassé les 2 400 euros de référence : la CPAM aurait alors mécaniquement réduit l’IJ pour ramener le total au plafond, sans jamais verser un centime de plus que le salaire temps plein habituel.
Durée maximale : jusqu’à quand le dispositif tient
La durée du temps partiel thérapeutique n’est pas fixée une fois pour toutes : elle est accordée par périodes renouvelables, généralement de un à trois mois, sur prescription médicale renouvelée à chaque échéance. Le maintien des indemnités journalières pendant cette période s’inscrit toutefois dans la limite globale des droits à indemnisation maladie, fixée à trois ans sur une période de référence pour une affection classique, portée à quatre ans dans certains cas d’affection de longue durée (ALD), selon le Code de la sécurité sociale. Passé ce délai, ou si l’état de santé le justifie, un basculement vers une pension d’invalidité peut être étudié avec le médecin conseil.
Dans la fonction publique, le régime diffère légèrement : le temps partiel thérapeutique est accordé par périodes de un à trois mois renouvelables, dans la limite d’un an au total pour une même affection, avec maintien du traitement à taux plein dans de nombreux cas, ce qui distingue nettement ce régime de celui des salariés du privé.
Ce qui change sur votre fiche de paie
Sur le bulletin de salaire, seul le salaire correspondant au temps réellement travaillé apparaît : l’employeur ne verse jamais l’indemnité journalière, qui reste versée directement par la CPAM sur le compte bancaire du salarié, généralement une fois par mois et à terme échu, avec un délai de traitement de deux à quatre semaines selon les caisses. Les cotisations sociales salariales continuent de s’appliquer normalement sur le salaire proratisé, alors que l’IJ, elle, est soumise à la CSG et à la CRDS à un taux réduit, mais pas aux cotisations sociales classiques.
Avant d’accepter une quotité de reprise, mieux vaut donc simuler les deux montants séparément (le salaire proratisé net d’un côté, l’estimation de l’IJ de l’autre) pour vérifier que le total correspond à vos besoins réels. Le simulateur de salaire brut en net permet de poser rapidement la base : entrez le salaire brut correspondant à votre quotité de travail pour obtenir le net avant d’y ajouter l’estimation de l’indemnité journalière transmise par votre CPAM.
Que se passe-t-il si le médecin conseil refuse le maintien des IJ
Le médecin conseil peut valider la reprise à temps partiel prescrite par votre médecin traitant tout en refusant, totalement ou partiellement, le maintien des indemnités journalières. Ce refus doit être motivé et notifié par écrit, et il ouvre un droit de recours devant la commission de recours amiable de la CPAM, puis, en cas de désaccord persistant, devant le tribunal judiciaire. Dans ce cas de figure, l’employeur reste tenu de verser le salaire correspondant au temps réellement travaillé, mais aucune somme ne vient compenser les heures non travaillées : la perte de revenu peut alors être significative, ce qui justifie de solliciter, si le contrat de travail le prévoit, un régime de prévoyance complémentaire d’entreprise susceptible de prendre le relais.
Le cas particulier de l’arrêt en lien avec une affection de longue durée
Lorsque le temps partiel thérapeutique fait suite à un arrêt lié à une affection de longue durée (cancer, maladie cardiovasculaire sévère, diabète compliqué, entre autres), le régime d’indemnisation diffère sur un point : le décompte des indemnités journalières s’effectue sur une période de référence pouvant atteindre trois ans, avec des règles de reconstitution des droits spécifiques à l’ALD. Le médecin conseil réexamine régulièrement le dossier, généralement tous les six mois, pour ajuster la quotité de travail et la durée du complément d’indemnisation en fonction de l’évolution de l’état de santé. Il est donc fréquent qu’un temps partiel thérapeutique initialement fixé à 50 % évolue vers 80 % puis vers un temps plein sur plusieurs renouvellements successifs, chaque palier nécessitant un nouvel avenant et une nouvelle attestation de salaire transmise à la CPAM.
À retenir avant de signer l’avenant
Le temps partiel thérapeutique ne fonctionne que si les trois acteurs (médecin traitant, médecin conseil et employeur) sont alignés sur la quotité et la durée. Vérifiez systématiquement, avec votre service RH, le pourcentage exact de reprise indiqué sur l’avenant : c’est ce chiffre, et lui seul, qui détermine le salaire versé et, par ricochet, le montant de l’indemnité complémentaire calculée par la CPAM. Demandez également une simulation écrite du montant mensuel total attendu (salaire plus IJ) avant de signer, afin d’éviter toute mauvaise surprise en cas d’écrêtement du complément par la caisse.