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Salaire & Impôts

Comment votre pension de retraite est imposée en 2026

Imposition pension retraite en 2026 : abattement de 10 %, taux de CSG selon votre revenu fiscal de référence, prélèvement à la source. Calcul et exemple chiffré.

19 juillet 2026 8 min de lecture
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Un retraité qui touche 1 850 € brut de pension chaque mois ne perçoit ni 1 850 € sur son compte, ni ne déclare 1 850 € aux impôts. Trois montants coexistent : le brut versé par la caisse, le net perçu après cotisations sociales, et le revenu imposable retenu par l’administration après abattement. Confondre ces trois chiffres est la première source d’erreur des retraités au moment de la déclaration. Voici comment ils s’articulent en 2026, avec les seuils à jour et un calcul complet.

Premier prélèvement : la CSG, retenue avant même que l’argent arrive sur le compte

La caisse de retraite (CNAV, Agirc-Arrco, fonction publique) prélève des cotisations sociales directement sur le montant brut, avant tout versement. Le taux ne dépend ni de l’âge ni du montant de la pension, mais uniquement du revenu fiscal de référence (RFR) du foyer et du nombre de parts fiscales. Pour les pensions versées en 2026, l’administration utilise le RFR figurant sur l’avis d’imposition 2025, portant sur les revenus de 2024.

Le barème 2026 pour une personne seule (1 part), avec des seuils revalorisés de 1,8 %, est le suivant :

| Revenu fiscal de référence (1 part) | Taux CSG | Taux global appliqué | |---|---|---| | Jusqu’à 13 047 € | Exonération | 0 % | | De 13 047 € à 20 853 € | 3,8 % | 3,8 % (CSG seule) | | De 20 853 € à 32 332 € | 6,6 % | 7,1 % (CSG + CRDS 0,5 %) | | Au-delà de 32 332 € | 8,3 % | 9,1 % (CSG + CRDS 0,5 %, + CASA 0,3 % selon les cas) |

Pour un couple marié ou pacsé (2 parts), le seuil d’exonération monte à 20 016 €, les autres tranches suivant une logique proportionnelle sans être un simple doublement.

Un mécanisme méconnu protège des variations ponctuelles de revenu : pour passer du taux réduit à un taux supérieur, le RFR doit dépasser le seuil pendant deux années consécutives. Un retraité dont le revenu franchit temporairement un palier une seule année, par exemple à cause d’une plus-value exceptionnelle, ne bascule pas immédiatement dans la tranche supérieure. Ce lissage évite qu’un pic de revenu isolé pénalise durablement le taux de prélèvement.

Le taux appliqué peut rester décalé par rapport à la situation réelle en cas de changement récent (départ en retraite, perte d’un revenu complémentaire). Une régularisation intervient alors l’année suivante, une fois le nouvel avis d’imposition transmis à la caisse.

Second calcul : l’abattement de 10 % sur la déclaration annuelle

Une fois par an, au moment de la déclaration, l’administration part du montant brut annuel de la pension, celui d’avant CSG, et lui applique un abattement de 10 %. La loi de finances 2026 a maintenu ce dispositif : le projet de le remplacer par un forfait fixe de 2 000 € a été abandonné en cours de débat parlementaire.

Pour les pensions perçues en 2025, déclarées au printemps 2026, l’abattement est encadré par un plancher de 454 € et un plafond de 4 439 €, revalorisés de 0,9 % par rapport à l’année précédente. La distinction entre les deux bornes est souvent mal comprise :

  • Le plancher de 454 € s’apprécie par pensionné. Chaque titulaire d’une pension bénéficie d’un minimum de 454 € d’abattement, même si 10 % de sa pension est inférieur à ce montant.
  • Le plafond de 4 439 € s’apprécie par foyer fiscal. Un couple dont les deux pensions cumulées dépassent 44 390 € brut par an ne bénéficie que d’un seul plafond global de 4 439 €, pas de deux plafonds distincts.

Conséquence directe : au-delà d’environ 44 390 € de pensions brutes annuelles pour un foyer, chaque euro supplémentaire de pension est intégralement imposable, sans abattement complémentaire.

Exemple chiffré complet : de la pension brute à l’impôt dû

Michel est retraité seul. Il perçoit une pension brute mensuelle de 1 850 €, soit 22 200 € sur l’année. Son RFR est de 24 500 €, ce qui le place dans la tranche à 6,6 % de CSG.

| Étape | Calcul | Montant | |---|---|---| | Pension brute mensuelle | Donnée de départ | 1 850 € | | CSG mensuelle (6,6 %) | 1 850 × 6,6 % | 122 € | | CRDS mensuelle (0,5 %) | 1 850 × 0,5 % | 9,25 € | | Pension nette mensuelle perçue | 1 850 − 122 − 9,25 | 1 719 € | | Pension brute annuelle | 1 850 × 12 | 22 200 € | | Abattement de 10 % | 22 200 × 10 % (compris entre 454 € et 4 439 €) | 2 220 € | | Revenu imposable au titre de la pension | 22 200 − 2 220 | 19 980 € |

Ce dernier chiffre, 19 980 €, est celui qui compte pour le calcul de l’impôt sur le revenu, pas les 22 200 € de brut ni les 1 719 € × 12 de net perçu. Il s’ajoute au reste des revenus du foyer et suit le barème progressif par tranches. Pour obtenir le montant d’impôt réellement dû sur l’ensemble de ses revenus, y compris cette pension après abattement, le simulateur d’impôt sur le revenu permet un calcul précis en quelques minutes.

Si Michel n’était pas encore parti à la retraite et voulait estimer sa future pension brute selon sa carrière, le simulateur de retraite constitue le point de départ nécessaire avant de pouvoir projeter la CSG et l’impôt applicables.

Le prélèvement à la source : l’impôt final est déjà payé au fil de l’eau

Depuis 2019, l’impôt calculé sur le revenu imposable après abattement est collecté par prélèvement à la source, comme pour les salaires. La caisse de retraite applique un taux transmis par l’administration fiscale, personnalisé, individualisé pour un couple, ou neutre si le retraité ne souhaite pas que son taux réel soit connu de son organisme payeur, directement sur le montant net imposable versé chaque mois.

Ce taux est recalculé chaque année en septembre, à partir de la déclaration du printemps précédent, et peut être actualisé en cours d’année en cas de changement de situation signalé sur l’espace impots.gouv.fr. Le prélèvement à la source ne change rien au montant d’impôt dû : il en avance seulement le paiement. La déclaration annuelle reste obligatoire, et une régularisation, complément à payer ou remboursement, intervient l’été suivant si le taux appliqué ne correspondait pas exactement à l’impôt réellement dû une fois les crédits et réductions d’impôt pris en compte.

Quatre situations qui changent la donne

Cumul emploi-retraite. Les revenus d’activité perçus en parallèle de la pension s’ajoutent au RFR du foyer. Ce cumul peut faire franchir un seuil de CSG l’année suivante, et pousser à la hausse le taux de prélèvement à la source appliqué sur l’ensemble des revenus, pension comprise. Un retraité qui reprend une activité doit donc anticiper cette hausse mécanique et ne pas se fier au seul taux affiché sur son dernier avis, devenu obsolète dès que ses revenus changent significativement.

Pensions de réversion. Elles suivent exactement le même traitement que les pensions personnelles : CSG selon le RFR du foyer bénéficiaire, abattement de 10 %, prélèvement à la source. Aucune règle dérogatoire ne s’applique.

Majoration pour trois enfants et plus. La majoration de 10 % versée aux parents ayant élevé au moins trois enfants est imposable au même titre que la pension principale, contrairement à certaines prestations familiales qui restent exonérées.

Pensions perçues d’un régime étranger. Une pension étrangère reste en principe imposable en France pour un résident fiscal français, sous réserve des conventions fiscales bilatérales, qui attribuent parfois le droit d’imposer au pays source pour certaines pensions publiques (fonctionnaires notamment). Le régime exact dépend du pays et doit être vérifié convention par convention.

Ce qu’il faut vérifier chaque année

Trois mécanismes distincts se superposent sur une pension de retraite : la CSG (0 %, 3,8 %, 6,6 % ou 8,3 % selon le RFR et lissée sur deux ans), prélevée mensuellement sur le brut ; l’abattement de 10 % (entre 454 € par pensionné et 4 439 € par foyer), appliqué une fois par an sur la déclaration ; et le prélèvement à la source, qui avance simplement le paiement de l’impôt final calculé sur le revenu après abattement. Vérifier chaque année son RFR et le taux appliqué, en particulier après un départ en retraite, un cumul emploi-retraite ou une variation de revenus complémentaires, évite les régularisations surprises l’été suivant.

Sources : service-public.fr, impots.gouv.fr, Agirc-Arrco.