Indemnités journalières maladie : calcul et durée en 2026
Indemnités journalières maladie calcul montant 2026 : formule exacte, plafond de 1,4 SMIC, carence et durée, avec un cas pratique chiffré étape par étape.
Un arrêt maladie de 45 jours ne se traduit jamais par 45 jours de salaire plein. Entre le délai de carence, le plafond de calcul et le relais éventuel de l’employeur, le montant réellement perçu dépend d’une mécanique précise que la CPAM applique automatiquement, sans toujours l’expliquer. Voici le calcul complet, chiffres 2026 à l’appui, à travers le cas d’une salariée en arrêt.
La formule officielle : 50 % du salaire journalier de base
L’indemnité journalière (IJ) versée par l’Assurance Maladie en cas d’arrêt de travail pour maladie correspond à 50 % du salaire journalier de base (SJB). Ce SJB se calcule en additionnant les salaires bruts des 3 derniers mois précédant l’arrêt, puis en divisant le total par 91,25 (soit 3 mois moyens de 30,42 jours), selon les règles publiées par l’Assurance Maladie sur ameli.fr.
Un point a changé récemment et mérite d’être corrigé par rapport à ce qu’on lit encore souvent : le salaire pris en compte dans ce calcul n’est plus plafonné à 1,8 fois le SMIC mais à 1,4 fois le SMIC mensuel depuis le 1er avril 2025. Cette réforme, confirmée par service-public.fr, réduit mécaniquement l’indemnité maximale des salariés dont la rémunération dépasse ce seuil.
Avec le SMIC brut mensuel fixé à 1 867,02 euros depuis le 1er juin 2026, le plafond de salaire retenu pour le calcul s’établit à 2 613,83 euros brut par mois (1 867,02 x 1,4). Conséquence directe : le montant maximal de l’indemnité journalière maladie s’élève à 42,97 euros bruts par jour pour les arrêts prescrits à compter de juillet 2026, contre 41,95 euros pour les arrêts prescrits en février 2026, la revalorisation du SMIC de juin ayant fait remonter le plafond en cours d’année.
Cas pratique : Claire, 2 400 euros bruts par mois, arrêt de 45 jours
Claire travaille en CDI, ancienneté de 4 ans, salaire brut mensuel stable de 2 400 euros sur les 3 derniers mois. Elle est arrêtée 45 jours calendaires pour une opération. Comme 2 400 euros reste sous le plafond de 2 613,83 euros, son salaire est retenu intégralement dans le calcul, sans écrêtement.
| Étape | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| Salaire des 3 derniers mois | 2 400 x 3 | 7 200 € |
| Salaire journalier de base | 7 200 / 91,25 | 78,90 € |
| IJ brute journalière | 78,90 x 50 % | 39,45 € |
| Jours de carence Sécurité sociale | Jours 1 à 3 | 0 € |
| Jours indemnisés par la CPAM | 45 jours moins 3 jours de carence | 42 jours |
| Total IJ brut versé par la CPAM | 42 x 39,45 € | 1 656,90 € |
| Total IJ net (CSG/CRDS 6,7 %) | 1 656,90 x 0,933 | environ 1 545,70 € |
Le délai de carence de 3 jours s’applique uniquement au premier arrêt : en cas de prolongation continue ou de rechute liée à une affection de longue durée, il n’est pas reproduit à chaque nouvel arrêt. En revanche, un nouvel arrêt sans lien avec le précédent déclenche à nouveau 3 jours de carence.
Ce montant de 1 545,70 euros net correspond uniquement à la part versée par la Sécurité sociale. Pour situer ce niveau de revenu par rapport à son salaire habituel net, Claire peut comparer avec son bulletin de paie classique via le simulateur salaire brut en net, qui donne le net de référence à partir duquel raisonner.
Le complément employeur : la loi de mensualisation entre en jeu
La Sécurité sociale ne couvre jamais l’intégralité du salaire. C’est la loi de mensualisation du 19 janvier 1978 qui oblige l’employeur à compléter les IJ, sous conditions : au moins 1 an d’ancienneté (sauf convention collective plus favorable), et un délai de carence employeur distinct de 7 jours pour un arrêt maladie non professionnel.
Pour Claire, avec 4 ans d’ancienneté, le complément légal fonctionne ainsi : rien sur les 7 premiers jours, puis 90 % du salaire brut (IJ Sécurité sociale déduites) du 8e au 37e jour, puis 66 % du salaire brut (IJ déduites) au-delà, jusqu’au 45e jour. Le salaire journalier de référence pour ce calcul est de 2 400 / 30, soit 80 euros.
| Période | Nombre de jours | Taux | Brut avant déduction IJ | IJ Sécu déduites | Complément employeur |
|---|---|---|---|---|---|
| Jours 1 à 7 | 7 | Carence employeur | 0 € | 0 € | 0 € |
| Jours 8 à 37 | 30 | 90 % | 30 x 72 € = 2 160 € | 30 x 39,45 € = 1 183,50 € | 976,50 € |
| Jours 38 à 45 | 8 | 66 % | 8 x 52,80 € = 422,40 € | 8 x 39,45 € = 315,60 € | 106,80 € |
Claire touche donc environ 1 083,30 euros bruts supplémentaires de son employeur, en plus des 1 656,90 euros bruts d’IJ. Ces durées de 30 jours à 90 % puis 30 jours à 66 % augmentent de 10 jours supplémentaires par tranche de 5 ans d’ancienneté, dans la limite de 90 jours à chaque taux. De nombreuses conventions collectives (Syntec, banque, métallurgie notamment) suppriment purement et simplement la carence employeur de 7 jours ou relèvent les taux : il faut donc toujours vérifier sa propre convention avant de raisonner sur les seuls minimas légaux.
Quand le salaire dépasse le plafond de 1,4 SMIC
Prenons un second profil : Marc, cadre à 4 000 euros bruts mensuels. Son salaire dépasse le plafond de 2 613,83 euros retenu pour le calcul. La CPAM ne prend donc en compte que 2 613,83 euros par mois, pas 4 000 euros.
Son SJB plafonné est de (2 613,83 x 3) / 91,25, soit 85,93 euros, pour une IJ brute journalière de 42,97 euros, exactement le montant maximal en vigueur depuis juillet 2026. Peu importe que Marc gagne 4 000, 6 000 ou 10 000 euros bruts : au-delà du plafond, l’IJ Sécurité sociale reste bloquée à 42,97 euros par jour. C’est là que le complément employeur, ou une éventuelle prévoyance d’entreprise, devient déterminant pour les salaires élevés, la Sécurité sociale ne suivant plus la progression du salaire réel.
Durée maximale d’indemnisation : 360 jours sur une période de 3 ans
Pour une même maladie, l’Assurance Maladie verse au maximum 360 indemnités journalières sur une période de référence de 3 années consécutives, selon les règles rappelées par ameli.fr. Ce plafond de durée est distinct du régime des affections de longue durée (ALD, comme un cancer ou un diabète), pour lesquelles l’indemnisation peut se poursuivre en continu jusqu’à 3 ans, sans interruption, pour la même pathologie.
Concrètement, un salarié cumulant plusieurs arrêts espacés dans le temps pour des causes différentes ne consomme pas ce compteur de 360 jours de la même façon qu’un salarié en arrêt continu pour une seule pathologie : seuls les arrêts liés à une même affection sont comptabilisés ensemble sur la fenêtre glissante de 3 ans.
La majoration pour les assurés ayant au moins 3 enfants à charge
Un mécanisme méconnu s’applique aux salariés ayant au moins 3 enfants à charge au moment de l’arrêt : à partir du 31e jour d’arrêt continu, le taux de l’indemnité journalière passe de 50 % à 66,66 % du salaire journalier de base, plafonné à 69,70 euros bruts par jour (soit les deux tiers du SJB maximal).
Si Claire avait eu 3 enfants à charge, ses IJ des jours 31 à 45 (15 jours) auraient été recalculées à 66,66 % de son SJB de 78,90 euros, soit 52,60 euros par jour au lieu de 39,45 euros, une différence de 13,15 euros par jour, donc environ 197 euros bruts supplémentaires sur ces 15 jours. Cette majoration s’applique automatiquement par la CPAM dès lors que la situation familiale a été déclarée, sans démarche complémentaire à effectuer par l’assuré au moment de l’arrêt.
Ce qu’il faut vérifier avant de subir le montant annoncé
Trois points concrets à contrôler sur son décompte CPAM ou son bulletin de paie pendant un arrêt : que les 3 derniers mois de salaire retenus correspondent bien à la période précédant l’arrêt et non une période antérieure erronée, que le plafond de 1,4 SMIC a été appliqué au bon montant de SMIC en vigueur (celui du dernier jour du mois précédant l’arrêt, donc potentiellement le SMIC de juin 2026 pour un arrêt de juillet), et que la convention collective de l’entreprise ne prévoit pas un maintien de salaire plus favorable que les minimas légaux de la loi de mensualisation. Pour resituer le montant net perçu par rapport au salaire habituel et anticiper l’impact sur le budget du mois, le simulateur salaire brut en net permet de comparer rapidement les deux situations.