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Immobilier

Frais de notaire 2026 : combien prévoir pour un achat immobilier

Détail des frais de notaire dans l'ancien et le neuf. Droits de mutation, émoluments, débours. Exemple sur un achat à 250 000 €.

3 juillet 2026 5 min de lecture
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Sur un achat immobilier dans l’ancien, les frais de notaire représentent 7 à 8 % du prix. Sur un bien à 300 000 €, cela fait plus de 22 000 € — une somme qui ne finance ni le bien, ni le notaire pour l’essentiel. L’écrasante majorité de ce montant part en taxes à l’État et aux départements. C’est un poste que beaucoup d’acheteurs découvrent trop tard dans le processus.

Pourquoi on ne dit pas « frais de notaire »

L’expression est trompeuse. Sur les 7 à 8 % payés dans l’ancien, la rémunération du notaire ne représente qu’environ 1 % du prix de vente. Le reste se décompose en trois postes bien distincts.

Les droits de mutation (DMTO) constituent la part la plus lourde : 5,81 % du prix dans la quasi-totalité des départements. Ce taux se compose du droit départemental (4,50 %), de la taxe communale (1,20 %) et des frais d’assiette au profit de l’État (0,11 %). Ce sont des taxes, pas des honoraires — elles sont collectées par le notaire pour le compte des collectivités.

Les émoluments du notaire suivent un barème légal dégressif fixé par décret :

| Tranche du prix | Taux | |---|---| | 0 à 6 500 € | 3,870 % | | 6 500 à 17 000 € | 1,596 % | | 17 000 à 60 000 € | 1,064 % | | Au-delà de 60 000 € | 0,799 % |

Sur un achat à 250 000 €, les émoluments s’élèvent à environ 2 850 €, soit à peine plus de 1 % du prix. Le notaire peut accorder une remise de 20 % sur la tranche au-delà de 100 000 € — environ 570 € d’économie sur ce montant.

Les débours et formalités — frais avancés par le notaire pour les documents d’urbanisme, l’état hypothécaire, les extraits cadastraux, la contribution de sécurité immobilière. Comptez 1 000 à 1 500 € selon la complexité du dossier.

Ancien vs neuf : un écart considérable

C’est l’un des avantages financiers les moins visibles de l’achat en VEFA (Vente en l’État Futur d’Achèvement). Dans le neuf, les droits de mutation tombent à 0,715 % au lieu de 5,81 %. La raison : le promoteur a déjà acquitté la TVA immobilière à 20 % sur le prix de vente, et les droits de mutation réduits évitent une double taxation.

Résultat concret sur un bien à 250 000 € :

  • Ancien : ~19 400 € de frais (7,8 % du prix)
  • Neuf (VEFA) : ~6 500 € de frais (2,6 % du prix)

L’écart de 13 000 € compense souvent une partie du surcoût du neuf par rapport à l’ancien dans le même quartier.

Les variations départementales : un sujet à suivre

Le taux du droit départemental peut varier entre 3,80 % et 4,50 %. En pratique, la quasi-totalité des départements appliquent le taux majoré de 4,50 % depuis que la loi de finances 2014 les y a autorisés. Seuls quatre départements appliquent encore le taux réduit : Indre (36), Isère (38), Morbihan (56) et Mayotte (976).

Certains départements ont fait des allers-retours. Paris est passé à 4,50 % en 2016 après avoir longtemps appliqué 3,80 %. Plusieurs départements ont temporairement relevé leur taux à 4,70 % (dispositif exceptionnel autorisé entre 2023 et 2025) avant de revenir à 4,50 %.

Point de vigilance : les taux de DMTO sont votés chaque année par les conseils départementaux. Vérifier le taux en vigueur dans le département du bien avant de boucler le plan de financement.

L’enjeu stratégique : apport, emprunt et « financement à 110 % »

Les frais de notaire ne font pas partie du crédit immobilier au sens strict — ils doivent être réglés comptant à la signature de l’acte authentique. La plupart des banques exigent que l’apport personnel couvre au minimum ces frais, ce qui explique la règle courante des « 10 % d’apport ».

Certains emprunteurs n’ont pas cet apport disponible et demandent un financement à 110 % : le crédit couvre le prix du bien plus les frais de notaire. Ce montage existe, mais il complique le dossier :

  • Le taux proposé est souvent majoré de 0,10 à 0,20 point
  • Le ratio hypothécaire (LTV) dépasse 100 %, ce qui augmente le risque pour la banque
  • En cas de revente rapide, l’emprunteur peut se retrouver en situation de « negative equity » — devoir plus que la valeur du bien

Arbitrage concret : sur un achat à 250 000 € dans l’ancien, un apport de 20 000 € qui couvre les frais de notaire peut faire économiser 8 000 à 12 000 € sur le coût total du crédit (meilleur taux, meilleure assurance, durée plus courte).

Estimer les frais de notaire →

Quelques postes souvent oubliés

La contribution de sécurité immobilière (0,10 % du prix, minimum 15 €) finance la publicité foncière — l’enregistrement officiel du changement de propriétaire. Elle s’ajoute aux DMTO.

Les frais de copropriété — si le bien est en copropriété, le notaire doit obtenir un état daté auprès du syndic (charges en cours, travaux votés, dettes éventuelles). Le coût est plafonné à 380 € TTC depuis 2020, mais il s’ajoute au reste.

Les honoraires de négociation — si le notaire a aussi joué le rôle d’agent immobilier (ce qui est fréquent en zone rurale), ses honoraires de négociation sont libres et s’ajoutent aux émoluments réglementés.

Sources : service-public.fr — Frais de notaire, legifrance.fr — Tarif des notaires.


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