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Salaire & Impôts

Barème kilométrique 2026 : montant par cheval fiscal et calcul

Le barème des indemnités kilométriques 2026 pour voitures et deux-roues. Comment déduire ses frais réels. Exemple pour 12 000 km en 6 CV.

3 juillet 2026 6 min de lecture
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Chaque année, plusieurs millions de salariés font le même calcul : est-ce que les frais réels valent le coup par rapport à la déduction forfaitaire de 10 % ? La réponse dépend de la distance domicile-travail, de la puissance du véhicule et du salaire. Mais au-delà du barème lui-même, c’est tout l’arbre de décision qu’il faut poser — y compris les frais qu’on peut ajouter en plus du barème et que beaucoup de contribuables ignorent.

Frais réels ou forfait de 10 % : l’arbre de décision

Par défaut, l’administration fiscale applique un abattement de 10 % sur les salaires pour couvrir les frais professionnels. Cet abattement est plafonné à 14 171 € pour les revenus 2025 (déclaration 2026) et ne peut être inférieur à 495 €.

Pour que les frais réels soient intéressants, leur total doit dépasser ce forfait de 10 %. En pratique :

  • Salaire net imposable de 25 000 € → forfait = 2 500 €. Les frais réels doivent dépasser 2 500 €.
  • Salaire net imposable de 40 000 € → forfait = 4 000 €. Le seuil est plus haut.

Règle rapide : en dessous de 8 000 km/an avec un véhicule de 5-6 CV, le forfait de 10 % gagne presque toujours pour un salaire supérieur à 30 000 €. Au-delà de 12 000 km/an, les frais réels l’emportent dans la majorité des cas.

Les frais réels ne se limitent pas au barème kilométrique. On peut y ajouter les frais de repas hors domicile, les frais de double résidence, les frais de formation professionnelle — tout ce qui est engagé pour les besoins de l’activité salariée.

Le barème 2026 pour les voitures

Le barème kilométrique est publié chaque année par l’administration fiscale. Il intègre la dépréciation du véhicule, le carburant, l’entretien, l’assurance et les pneumatiques. Pour une voiture de 6 CV (barème applicable aux revenus 2025) :

| Distance annuelle | Formule | |---|---| | Jusqu’à 5 000 km | d × 0,574 | | De 5 001 à 20 000 km | d × 0,323 + 1 256 € | | Au-delà de 20 000 km | d × 0,387 |

Le barème va de 3 CV à 7 CV et plus (plafond). Une voiture de 10 CV fiscaux appliquera le barème 7 CV — c’est une limite, pas une grille ouverte.

Source : impots.gouv.fr — Barème kilométrique.

La majoration pour les véhicules électriques et hybrides

Les véhicules 100 % électriques bénéficient d’une majoration de 20 % sur le montant calculé via le barème. Cette majoration compense en partie le prix d’achat plus élevé et le coût d’installation d’une borne de recharge.

Sur 12 000 km en 6 CV, la déduction passe de 5 132 € à 6 158 € avec un véhicule électrique — un écart de plus de 1 000 € qui, à TMI 30 %, représente environ 308 € d’impôt en moins.

Point d’attention : la majoration de 20 % s’applique aux véhicules 100 % électriques. Les hybrides rechargeables n’en bénéficient pas systématiquement — vérifier le certificat d’immatriculation (source d’énergie EL).

Le barème deux-roues : souvent oublié

Un barème spécifique existe pour les cyclomoteurs, vélomoteurs et scooters (moins de 50 cm3) ainsi que pour les motos (plus de 50 cm3). Les montants sont sensiblement inférieurs à ceux des voitures, mais pour un trajet quotidien en scooter en zone urbaine, la déduction peut tout de même dépasser le forfait de 10 %.

Pour une moto de 3 à 5 CV parcourant 5 000 km :

| Distance annuelle | Formule | |---|---| | Jusqu’à 3 000 km | d × 0,395 | | De 3 001 à 6 000 km | d × 0,099 + 891 € | | Au-delà de 6 000 km | d × 0,248 |

Les frais qu’on peut ajouter en plus du barème

Le barème kilométrique couvre les frais courants du véhicule. Mais trois catégories de dépenses sont déductibles en sus, à condition de conserver les justificatifs :

  • Les péages : tickets ou relevés de télépéage, au prorata de l’usage professionnel
  • Le stationnement : abonnement de parking professionnel, parcmètre sur le lieu de travail
  • Les intérêts d’emprunt du véhicule : si la voiture a été achetée à crédit, la part des intérêts correspondant à l’usage professionnel est déductible

Ces frais supplémentaires peuvent représenter 500 à 2 000 € par an selon les cas — un montant qui fait parfois basculer le calcul en faveur des frais réels pour des salariés qui pensaient que le forfait de 10 % était plus avantageux.

Les justificatifs à conserver

En cas de contrôle fiscal, l’administration peut demander la preuve de la réalité des trajets et de leur caractère professionnel. Les documents à garder :

  • Carte grise du véhicule (puissance fiscale, source d’énergie)
  • Attestation employeur précisant l’adresse du lieu de travail et l’absence de transport en commun ou de prise en charge des frais
  • Relevé kilométrique : agenda ou fichier détaillant les trajets (dates, départ, arrivée, distance)
  • Justificatifs des frais complémentaires : factures de péage, tickets de parking, échéancier de crédit auto

En pratique : il n’est pas nécessaire de justifier chaque trajet individuellement si le schéma est régulier (même trajet domicile-travail, 5 jours/semaine). Un calcul cohérent avec un nombre de jours travaillés réaliste (~220 jours/an) suffit généralement.

Exemple complet

Marc parcourt 12 000 km par an pour se rendre au travail. Sa voiture thermique fait 6 CV. Son salaire net imposable est de 30 000 €. Il paie 600 €/an de péages autoroutiers.

Frais réels (barème + péages) :

  • Barème : 12 000 × 0,323 + 1 256 = 5 132 €
  • Péages : 600 €
  • Total déductible : 5 732 €

Forfait 10 % :

  • 30 000 × 10 % = 3 000 €

Les frais réels permettent de déduire 2 732 € de plus que le forfait. À TMI 30 %, cela représente 820 € d’impôt en moins.

Si Marc roulait en véhicule électrique : 5 132 × 1,20 + 600 = 6 758 € de déduction totale, soit un avantage encore plus marqué.

Calculer ses frais kilométriques →


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