Expatriation Roumanie : fiscalité, impôts et coût de la vie en 2026
S'expatrier en Roumanie : taux d'imposition, convention fiscale avec la France, coût de la vie et démarches fiscales en 2026.
La Roumanie est l’un des secrets les mieux gardés de l’expatriation fiscale en Europe. Avec un impôt sur le revenu à taux unique de 10 %, un coût de la vie parmi les plus bas de l’Union européenne et une communauté francophone historiquement présente, le pays offre un cadre particulièrement attractif pour les Français souhaitant optimiser leur fiscalité tout en restant au sein de l’UE. Bucarest, Cluj-Napoca et Timisoara sont devenues des hubs technologiques dynamiques attirant freelances et entrepreneurs.
Fiscalité pour les résidents en Roumanie
La résidence fiscale roumaine s’acquiert si vous séjournez plus de 183 jours sur une période de 12 mois consécutifs en Roumanie, si votre domicile permanent s’y trouve, ou si votre centre d’intérêts vitaux y est situé.
Impôt sur le revenu
La Roumanie applique un taux unique (flat tax) de 10 % sur la quasi-totalité des revenus des personnes physiques. Ce taux s’applique :
- Aux revenus salariaux
- Aux revenus d’activité indépendante
- Aux revenus locatifs
- Aux pensions de retraite (au-delà d’un seuil d’exonération de 2 000 RON/mois, soit environ 400 €)
Ce taux fixe de 10 % est l’un des principaux avantages de la Roumanie. Il n’existe pas de barème progressif : que vous gagniez 20 000 € ou 200 000 € par an, le taux reste le même.
Régime des micro-entreprises : les sociétés (SRL) réalisant un chiffre d’affaires inférieur à 500 000 € bénéficient d’un impôt sur le chiffre d’affaires de 1 % (si elles ont au moins un salarié) ou 3 % (sans salarié). Ce régime est extrêmement compétitif pour les consultants et freelances structurant leur activité via une SRL roumaine.
Autres impôts
- Plus-values mobilières : imposées au taux de 10 %.
- Dividendes : soumis à un prélèvement forfaitaire de 8 %.
- Plus-values immobilières : imposées à 3 % du prix de vente si la détention est inférieure à 3 ans, 1 % au-delà.
- Cotisations sociales : c’est le point de vigilance majeur. Les cotisations sociales s’ajoutent à l’impôt sur le revenu :
- CAS (retraite) : 25 % à la charge du salarié
- CASS (santé) : 10 % à la charge du salarié
- Pour les indépendants, ces cotisations s’appliquent sur un revenu plafonné et sous conditions de seuils.
- Impôt foncier : très faible, généralement entre 50 et 300 € par an pour un appartement en ville.
- Impôt sur la fortune : inexistant.
- TVA : taux normal de 19 %, taux réduit de 9 % (alimentation, médicaments, hébergement) et taux super-réduit de 5 % (logements sociaux, livres).
Attention : le taux d’imposition effectif réel (impôt + cotisations sociales) pour un salarié roumain atteint environ 41 à 45 % du salaire brut. Le flat tax de 10 % est donc trompeur si l’on ne considère pas les cotisations. Cependant, pour les revenus passifs (dividendes, plus-values, loyers), la charge fiscale totale reste très avantageuse.
Convention fiscale France–Roumanie
La France et la Roumanie sont liées par une convention fiscale signée le 27 septembre 1974, modifiée par plusieurs protocoles. Bien qu’ancienne, cette convention reste pleinement en vigueur.
Principaux points à retenir :
- Revenus d’activité : imposés dans l’État où l’activité est exercée.
- Pensions de retraite privées : imposables dans l’État de résidence du bénéficiaire (la Roumanie). Elles bénéficient donc du taux de 10 % au-delà du seuil d’exonération.
- Pensions publiques : imposables dans l’État qui les verse (la France).
- Revenus immobiliers : imposés dans l’État de situation du bien.
- Dividendes : le taux de retenue à la source est limité à 10 % par la convention.
- Intérêts : retenue à la source limitée à 10 %.
- Élimination de la double imposition : par la méthode du crédit d’impôt en France, et par exonération avec progressivité en Roumanie.
Coût de la vie
Le coût de la vie en Roumanie est l’un des plus bas de l’UE, inférieur de 40 à 55 % à celui de la France. Estimation mensuelle pour une personne seule :
| Poste de dépense | Bucarest | Cluj-Napoca | Ville moyenne | |---|---|---|---| | Loyer T2 centre-ville | 500 – 750 € | 450 – 650 € | 250 – 400 € | | Alimentation | 200 – 300 € | 180 – 280 € | 150 – 230 € | | Transport | 25 – 50 € | 20 – 40 € | 15 – 30 € | | Santé (assurance privée) | 50 – 100 € | 50 – 100 € | 40 – 80 € | | Total estimé | 775 – 1 200 € | 700 – 1 070 € | 455 – 740 € |
Les loyers à Bucarest ont augmenté ces dernières années, mais restent très compétitifs par rapport à l’Europe occidentale. La restauration est particulièrement abordable : un repas complet dans un bon restaurant coûte entre 10 et 20 €.
Avantages et inconvénients
Avantages :
- Flat tax à 10 % sur le revenu, simple et prévisible
- Régime micro-entreprise à 1-3 % du chiffre d’affaires
- Dividendes à 8 %, plus-values à 10 %
- Pas d’impôt sur la fortune
- Coût de la vie très bas
- Membre de l’UE : libre circulation pour les citoyens européens
- Communauté francophone importante (le français est la deuxième langue étrangère)
- Écosystème tech dynamique (Bucarest, Cluj)
- Internet parmi les plus rapides d’Europe
Inconvénients :
- Cotisations sociales élevées pour les salariés (35 % du brut)
- Monnaie locale (leu roumain) : risque de change pour les revenus en euros
- Infrastructure routière encore en développement
- Système de santé public de qualité variable
- Corruption administrative résiduelle malgré les progrès
- Hivers rigoureux (surtout en Transylvanie)
- Pas encore dans l’espace Schengen terrestre (en cours d’adhésion complète)
Démarches pour s’expatrier
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Droit de séjour : en tant que citoyen européen, vous pouvez résider librement en Roumanie. Vous devez vous enregistrer auprès de l’Inspectorat général pour l’immigration (IGI) dans les 90 jours suivant votre arrivée pour obtenir un certificat d’enregistrement.
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Obtention du CNP et du NIF : le CNP (Cod Numeric Personal) est votre identifiant unique. Le NIF (numéro d’identification fiscale) est attribué par l’ANAF (administration fiscale roumaine). Rendez-vous à l’ANAF local avec votre passeport, certificat d’enregistrement et justificatif de domicile.
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Création d’une SRL (optionnel) : si vous souhaitez bénéficier du régime micro-entreprise, la création d’une SRL (société à responsabilité limitée) coûte environ 200-500 € et peut se faire en quelques jours avec l’aide d’un avocat local.
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Inscription consulaire : inscrivez-vous auprès de l’ambassade de France à Bucarest ou du consulat. La Roumanie compte une communauté française d’environ 5 000 personnes inscrites au registre consulaire.
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Déclaration fiscale en France : informez votre centre des finances publiques de votre départ et déposez votre dernière déclaration de revenus française. Les années suivantes, seuls vos revenus de source française seront déclarés en France (formulaire 2042 NR).
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Ouverture de compte bancaire : les banques roumaines (BRD, BCR, ING Romania, Banca Transilvania) ouvrent facilement des comptes aux résidents européens. Vous pourrez gérer vos finances en euros ou en lei.
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Protection sociale : affiliez-vous au système de santé public roumain (CNAS) via le paiement de la cotisation CASS. Une assurance santé privée (Regina Maria, MedLife) est fortement recommandée pour un accès plus rapide et de meilleure qualité aux soins.
Compteur 183 jours — vérifiez votre statut de résidence fiscale.