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Fiscalité

Expatriation Mexique : fiscalité, impôts et coût de la vie en 2026

S'expatrier au Mexique : taux d'imposition, convention fiscale avec la France, coût de la vie et démarches fiscales en 2026.

7 juillet 2026 9 min de lecture
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Le Mexique est devenu l’une des destinations phares de l’expatriation française ces dernières années. Climat agréable toute l’année, coût de la vie très bas, proximité culturelle avec le monde latin et dynamisme économique en font un choix de plus en plus populaire, notamment auprès des travailleurs à distance et des entrepreneurs. Sur le plan fiscal, le Mexique applique un barème progressif dont le taux marginal maximal atteint 35 %, comparable à celui de nombreux pays d’Amérique latine. La convention fiscale avec la France, signée en 1991, offre un cadre solide pour éviter la double imposition.

Fiscalité pour les résidents au Mexique

Est considéré comme résident fiscal mexicain toute personne ayant établi sa résidence principale au Mexique, ou dont le centre d’intérêts vitaux se situe au Mexique (plus de 50 % des revenus de source mexicaine, ou activité professionnelle principale au Mexique). Les résidents fiscaux sont imposés sur leurs revenus mondiaux.

Impôt sur le revenu (ISR)

L’Impuesto Sobre la Renta (ISR) suit un barème progressif à onze tranches. Le barème annuel applicable en 2026 est le suivant :

| Tranche de revenu annuel imposable (MXN) | Taux marginal | |---|---| | Jusqu’à 8 952 | 1,92 % | | 8 953 – 75 984 | 6,40 % | | 75 985 – 133 536 | 10,88 % | | 133 537 – 155 229 | 16,00 % | | 155 230 – 185 852 | 17,92 % | | 185 853 – 374 837 | 21,36 % | | 374 838 – 590 796 | 23,52 % | | 590 797 – 1 127 926 | 30,00 % | | 1 127 927 – 1 503 902 | 32,00 % | | 1 503 903 – 4 511 707 | 34,00 % | | Au-delà de 4 511 707 | 35,00 % |

Le taux marginal maximal de 35 % s’applique aux revenus annuels dépassant environ 4,5 millions de pesos (environ 230 000 €). Il n’existe pas d’impôt local additionnel sur le revenu des personnes physiques. Les salariés bénéficient de déductions personnelles plafonnées, incluant les frais médicaux, les intérêts hypothécaires, les dons et les cotisations de retraite complémentaire.

Le Mexique ne propose pas de régime fiscal spécifique pour les expatriés ou les nouveaux résidents, contrairement à certains pays comme le Portugal ou la Corée du Sud. Le barème de droit commun s’applique à tous.

Autres impôts

Plus-values mobilières : Les gains sur cession d’actions cotées à la Bourse mexicaine sont imposés à un taux forfaitaire de 10 %. Les gains sur actions non cotées ou sur d’autres actifs financiers sont intégrés au revenu global et soumis au barème progressif.

Plus-values immobilières : Imposées au barème progressif de l’ISR, mais avec des exonérations importantes. La vente de la résidence principale est exonérée jusqu’à environ 700 000 UDIS (unités d’investissement indexées sur l’inflation, soit environ 5,5 millions MXN). Cette exonération est applicable une fois tous les trois ans.

Impôt sur la fortune : Le Mexique n’a pas d’impôt sur la fortune.

Taxe foncière (Predial) : La taxe foncière mexicaine est remarquablement basse, généralement entre 0,1 % et 0,3 % de la valeur cadastrale du bien. C’est l’un des avantages fiscaux les plus notables du pays pour les propriétaires.

TVA (IVA) : Le taux standard est de 16 %. Les produits alimentaires de base et les médicaments sont exonérés ou taxés à 0 %.

Cotisations sociales (IMSS) : Les cotisations salariales sont relativement modestes, d’environ 2,5 à 3 % du salaire brut. L’employeur supporte la majeure partie des cotisations sociales (environ 25 à 35 % du salaire selon le niveau de rémunération), couvrant l’assurance maladie, les risques professionnels, la retraite et le logement (Infonavit).

Convention fiscale France–Mexique

La convention fiscale entre la France et le Mexique, signée le 7 novembre 1991 et entrée en vigueur en 1992, est un instrument moderne et complet. Ses dispositions principales :

  • Élimination de la double imposition par la méthode du crédit d’impôt. La France accorde un crédit d’impôt égal à l’impôt mexicain, dans la limite de l’impôt français correspondant aux revenus de source mexicaine.
  • Salaires : imposables dans l’État où l’activité est exercée. Application de la clause des 183 jours pour les missions temporaires.
  • Dividendes : retenue à la source limitée à 5 % pour les participations substantielles (au moins 10 % du capital) et à 15 % dans les autres cas.
  • Intérêts : retenue à la source limitée à 5 % pour les intérêts payés à des banques, et 15 % dans les autres cas.
  • Redevances : retenue à la source limitée à 10 %.
  • Pensions privées : imposables uniquement dans l’État de résidence.
  • Gains immobiliers : imposables dans l’État de situation du bien.
  • Professions indépendantes : imposables dans l’État de résidence, sauf si l’activité est exercée via une base fixe dans l’autre État.

La convention est considérée comme équilibrée et bien structurée. Les taux de retenue à la source sont raisonnables et alignés sur les standards internationaux.

Coût de la vie

Le coût de la vie au Mexique est l’un des plus bas du continent américain, ce qui en fait une destination particulièrement attractive pour les expatriés disposant de revenus en euros. Les prix varient fortement entre Mexico City, les destinations touristiques (Playa del Carmen, Tulum) et les villes de province. Estimation mensuelle pour une personne seule :

| Poste de dépense | Mexico City | Mérida / Oaxaca | |---|---|---| | Loyer T2 centre-ville | 600 – 1 100 € | 350 – 600 € | | Alimentation | 200 – 350 € | 150 – 250 € | | Transport | 30 – 60 € | 20 – 40 € | | Santé (seguro privé) | 60 – 150 € | 50 – 120 € | | Internet + téléphone | 25 – 40 € | 20 – 35 € | | Total estimé | 915 – 1 700 € | 590 – 1 045 € |

Les quartiers prisés de Mexico City comme Roma, Condesa ou Polanco affichent des loyers en hausse constante du fait de l’afflux de travailleurs à distance étrangers, un phénomène qui a créé des tensions locales. En dehors de ces quartiers, les prix restent très accessibles. Les villes coloniales comme Mérida, Oaxaca, San Miguel de Allende ou Guanajuato offrent un cadre de vie exceptionnel à des prix très modiques.

Le système de santé public (IMSS pour les salariés, IMSS-Bienestar pour les non-affiliés) est gratuit mais de qualité variable. La plupart des expatriés optent pour un seguro de gastos médicos mayores (assurance santé privée) donnant accès à des hôpitaux privés de bon niveau, pour un coût mensuel de 50 à 150 € selon l’âge et les garanties.

Avantages et inconvénients

Les points forts :

  • Coût de la vie très bas, permettant un excellent niveau de vie avec un revenu européen
  • Taux marginal d’impôt plafonné à 35 %, inférieur à la France
  • Pas d’impôt sur la fortune
  • Taxe foncière quasi symbolique (0,1 à 0,3 %)
  • Exonération de la plus-value sur la résidence principale
  • Plus-values sur actions cotées à 10 % seulement
  • Convention fiscale moderne et équilibrée avec la France
  • Climat agréable, richesse culturelle et gastronomique
  • Proximité avec les États-Unis pour les voyages d’affaires
  • Communauté d’expatriés francophone en expansion

Les points faibles :

  • Pas de régime fiscal préférentiel pour les expatriés
  • Imposition sur les revenus mondiaux dès le statut de résident fiscal
  • Sécurité inégale selon les régions (renseignez-vous avant de choisir votre ville)
  • Bureaucratie lente et imprévisible (SAT, INM)
  • Cotisations patronales très élevées pour les employeurs
  • Système bancaire contraignant pour les étrangers (ouverture de compte)
  • Infrastructure routière et services publics variables selon les zones

Démarches pour s’expatrier

Visa et résidence

Les Français peuvent entrer au Mexique sans visa pour un séjour touristique de 180 jours (FMM — Forma Migratoria Múltiple). Pour un séjour prolongé ou une activité professionnelle :

  • Résidence temporaire (Residente Temporal) : accordée pour 1 à 4 ans. Peut être obtenue sur justification de revenus mensuels d’au moins environ 2 500 USD (ou 35 000 USD d’épargne sur les 12 derniers mois). C’est le visa le plus courant pour les expatriés.
  • Résidence temporaire avec permis de travail : nécessite une offre d’emploi d’un employeur mexicain qui effectue les démarches auprès de l’INM (Instituto Nacional de Migración).
  • Résidence permanente (Residente Permanente) : accessible après 4 ans de résidence temporaire, ou directement sur justification de revenus mensuels d’au moins environ 4 200 USD. Donne le droit de travailler sans restriction.
  • Visa investisseur : pour les personnes investissant au moins 200 000 jours de salaire minimum (environ 40 000 USD) dans une entreprise mexicaine.

Inscription consulaire

Inscrivez-vous au consulat de France compétent dès votre arrivée (Mexico, Monterrey, Guadalajara ou Mérida). Côté mexicain, vous devrez obtenir un RFC (Registro Federal de Contribuyentes) auprès du SAT (Service de l’Administration Fiscale) si vous percevez des revenus imposables au Mexique. Le RFC est l’équivalent du numéro fiscal et est indispensable pour toute activité économique.

Déclaration fiscale

  • Au Mexique : L’année fiscale correspond à l’année civile. Les salariés sont soumis au prélèvement à la source mensuel par l’employeur. La déclaration annuelle doit être déposée en avril de l’année suivante. Les travailleurs indépendants doivent s’inscrire au RFC et émettre des factures électroniques (CFDI) pour chaque prestation. Le régime simplifié RESICO (Régimen Simplificado de Confianza) offre des taux réduits (1 à 2,5 %) pour les indépendants dont le chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas 3,5 millions MXN.
  • En France : Déclarez vos revenus français perçus jusqu’à la date de départ l’année de votre expatriation. Les années suivantes, seuls les revenus de source française restent à déclarer.

Le passage au statut de résident fiscal mexicain implique de bien coordonner votre sortie du système fiscal français (notification au centre des impôts, déclaration de transfert de domicile) et votre entrée dans le système mexicain (inscription au RFC, ouverture de compte bancaire mexicain).

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