Expatriation Israël : fiscalité, impôts et coût de la vie en 2026
S'expatrier en Israël : taux d'imposition, convention fiscale avec la France, coût de la vie et démarches fiscales en 2026.
Israël attire chaque année des milliers de Français, que ce soit pour des raisons familiales, professionnelles ou dans le cadre de l’Aliyah. Au-delà de son écosystème technologique de premier plan (la “Start-up Nation”), le pays offre un avantage fiscal majeur aux nouveaux immigrants : une exonération de 10 ans sur les revenus de source étrangère. Ce régime exceptionnel fait d’Israël une destination fiscalement très attractive pour les expatriés disposant de revenus ou de patrimoine à l’étranger, bien que le coût de la vie y soit nettement plus élevé que dans d’autres destinations d’expatriation.
Fiscalité pour les résidents en Israël
Israël impose ses résidents fiscaux sur leurs revenus mondiaux. La résidence fiscale est déterminée selon le “centre des intérêts vitaux” et le nombre de jours de présence (183 jours sur 12 mois, ou 30 jours dans l’année + 425 jours sur 3 ans).
Toutefois, le régime des Olim Hadashim (nouveaux immigrants) et des Toshav Hozer Vatik (résidents de retour après 10+ ans) accorde une exonération totale d’impôt sur les revenus de source étrangère pendant 10 ans, sans obligation de déclaration de ces revenus.
Impôt sur le revenu
Le barème progressif de l’impôt sur le revenu en Israël pour 2026 :
| Tranche de revenu (ILS) | Taux | |-------------------------------|--------| | 0 – 84 120 | 10 % | | 84 121 – 120 720 | 14 % | | 120 721 – 193 800 | 20 % | | 193 801 – 269 280 | 31 % | | 269 281 – 560 280 | 35 % | | 560 281 – 721 560 | 47 % | | Au-delà de 721 560 | 50 % |
Avec 1 € ≈ 4 ILS, le taux maximal de 50 % s’applique à partir d’environ 180 000 € de revenus annuels. Pour un salaire annuel de 300 000 ILS (~75 000 €), le taux effectif est d’environ 27-30 %.
Un surtaxe de 3 % (appelée mas yoter) s’ajoute pour les revenus dépassant 721 560 ILS, portant le taux marginal effectif à 50 % sur les très hauts revenus (la surtaxe est intégrée dans le barème ci-dessus).
Autres impôts
- Plus-values mobilières : imposées à 25 % (actionnaire significatif détenant 10 %+ : 30 %). Les Olim Hadashim en sont exonérés sur les actifs étrangers pendant 10 ans.
- Plus-values immobilières : taxées à 25 % sur le gain réel (après indexation sur l’inflation). Exonération possible pour la résidence principale sous conditions.
- Impôt sur la fortune : il n’existe pas d’impôt sur la fortune en Israël.
- Taxe foncière : l’Arnona est une taxe municipale calculée selon la surface, l’emplacement et l’usage du bien. Elle peut représenter 3 000 à 15 000 ILS/an pour un appartement.
- Cotisations sociales : le Bituah Leumi (sécurité sociale) prélève environ 12 % du salaire pour l’employé (7 % assurance nationale + 5 % assurance santé) et 7,6 % pour l’employeur.
- TVA (Ma’am) : taux standard de 17 %, l’un des plus élevés de la région.
Convention fiscale France–Israël
La France et Israël sont liées par une convention fiscale signée le 31 juillet 1995, entrée en vigueur en 1996. Elle a été conçue pour éviter les doubles impositions.
Points essentiels :
- Revenus salariaux : imposés dans l’État d’exercice de l’activité. Un Français travaillant en Israël est imposé en Israël.
- Dividendes : retenue à la source limitée à 10 % (5 % si le bénéficiaire détient 10 %+ du capital).
- Intérêts : retenue à la source plafonnée à 10 %.
- Redevances : retenue à la source plafonnée à 10 %.
- Pensions privées : imposables dans l’État de résidence (Israël pour un retraité français y vivant).
- Pensions publiques : imposables dans l’État qui les verse (France pour les fonctionnaires).
- Plus-values immobilières : imposables dans l’État de situation du bien.
- Élimination de la double imposition : méthode du crédit d’impôt.
La combinaison de cette convention avec le régime des Olim Hadashim crée une situation très favorable : les revenus de source française peuvent être exonérés en Israël pendant 10 ans tout en bénéficiant des dispositions conventionnelles.
Coût de la vie
Le coût de la vie en Israël est élevé, comparable voire supérieur à celui de la France, en particulier à Tel-Aviv. Estimation mensuelle pour une personne seule à Tel-Aviv :
| Poste de dépense | Coût mensuel (€) | |--------------------------|-------------------| | Loyer T2 centre-ville | 1 400 – 2 200 | | Alimentation | 400 – 600 | | Transport | 80 – 130 | | Santé (cotisation HMO) | 100 – 200 | | Total estimé | 1 980 – 3 130 |
Tel-Aviv est l’une des villes les plus chères au monde. À Jérusalem, Haïfa ou Beer-Sheva, les loyers sont 30 à 50 % inférieurs. Les supermarchés sont chers par rapport à la France, mais les marchés locaux (shuk) offrent des produits frais à meilleur prix.
Les salaires israéliens compensent en partie ce coût élevé : le salaire moyen dans la tech dépasse 25 000 ILS/mois (~6 250 €), et le salaire minimum est de 5 880 ILS/mois (~1 470 €).
Avantages et inconvénients
Avantages :
- Exonération de 10 ans sur les revenus étrangers pour les nouveaux immigrants
- Écosystème tech et entrepreneurial de classe mondiale
- Pas d’impôt sur la fortune
- Convention fiscale favorable avec la France
- Système de santé universel de haute qualité
- Communauté francophone importante (~700 000 francophones)
- Climat méditerranéen agréable
Inconvénients :
- Coût de la vie très élevé, surtout à Tel-Aviv
- Taux marginal d’imposition élevé (50 %) pour les hauts revenus locaux
- Contexte sécuritaire et géopolitique tendu
- Service militaire obligatoire (pour les enfants ayant la nationalité)
- Éloignement relatif de la France (4-5h de vol)
- Marché immobilier très tendu et prix prohibitifs
- Barrière linguistique (hébreu nécessaire au quotidien)
Démarches pour s’expatrier
Visa et titre de séjour
- Aliyah : les personnes éligibles sous la Loi du Retour peuvent obtenir la nationalité israélienne et bénéficier d’aides à l’installation (panier d’absorption). L’Agence Juive et le ministère de l’Intégration accompagnent les démarches.
- Visa de travail B/1 : pour les salariés d’entreprises israéliennes, délivré sur demande de l’employeur. Valable 1 an, renouvelable.
- Visa expert (B/1 spécialiste) : pour les professionnels qualifiés dans des secteurs spécifiques.
- Visa investisseur : pas de programme formel, mais des facilités existent pour les entrepreneurs créant une activité en Israël.
Inscription consulaire
Inscrivez-vous au registre des Français établis hors de France auprès du consulat général de France à Tel-Aviv ou de la section consulaire à Jérusalem. Si vous conservez la nationalité française (la double nationalité est autorisée), cette inscription est essentielle.
Déclaration fiscale
- En France : déposez votre déclaration de revenus pour la période précédant votre départ. Signalez votre changement de résidence fiscale au SIPNR.
- En Israël : les salariés sont prélevés à la source. Les indépendants et les personnes avec des revenus hors salariat déposent une déclaration annuelle avant le 30 avril. Les Olim bénéficiant de l’exonération de 10 ans n’ont pas à déclarer leurs revenus de source étrangère.
- Exit tax française : applicable si vous détenez des participations significatives. Le sursis d’imposition est maintenu tant que vous ne cédez pas les titres.
En matière de santé, Israël dispose d’un système de santé universel via quatre caisses (Kupot Holim). Tout résident inscrit bénéficie d’une couverture de base. Une assurance complémentaire est recommandée pour les soins dentaires et optiques.
Compteur 183 jours — vérifiez votre statut de résidence fiscale.