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Fiscalité

Expatriation Indonésie (Bali) : fiscalité, impôts et coût de la vie en 2026

S'expatrier en Indonésie (Bali) : taux d'imposition, convention fiscale avec la France, coût de la vie et démarches fiscales en 2026.

7 juillet 2026 8 min de lecture
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Bali est devenue la destination rêvée des nomades numériques et expatriés français en quête de cadre de vie tropical à moindre coût. L’île indonésienne attire par ses paysages, sa culture et un coût de la vie dérisoire comparé à la France. Toutefois, la fiscalité indonésienne est souvent méconnue et mérite une attention particulière : le pays applique un barème progressif pouvant atteindre 35 %, et la question du statut fiscal des nomades numériques reste un sujet complexe en 2026.

Fiscalité pour les résidents en Indonésie

Vous êtes considéré comme résident fiscal indonésien si vous séjournez plus de 183 jours sur une période de 12 mois en Indonésie, ou si vous avez l’intention de résider de manière permanente dans le pays. Les résidents fiscaux sont imposés sur leurs revenus mondiaux.

Impôt sur le revenu

L’Indonésie applique un barème progressif d’imposition. Depuis la réforme fiscale de 2022 (loi HPP), les tranches en vigueur en 2026 sont :

| Tranche de revenu annuel (IDR) | Équivalent approx. (€) | Taux | |---|---|---| | 0 – 60 000 000 | 0 – 3 400 € | 5 % | | 60 M – 250 000 000 | 3 400 – 14 200 € | 15 % | | 250 M – 500 000 000 | 14 200 – 28 400 € | 25 % | | 500 M – 5 000 000 000 | 28 400 – 284 000 € | 30 % | | Au-delà de 5 000 000 000 | Au-delà de 284 000 € | 35 % |

Pour un revenu annuel équivalent à 50 000 €, le taux effectif d’imposition se situe autour de 22 %. Le taux marginal maximum de 35 % ne s’applique qu’aux très hauts revenus.

Cas des nomades numériques : la situation fiscale des digital nomads à Bali est un sujet délicat. Si vous travaillez pour des clients étrangers depuis Bali avec un visa touristique ou un visa B211A, vous n’êtes techniquement pas autorisé à travailler en Indonésie. Le visa nomade numérique (E33G), introduit sous le nom de “Second Home Visa” puis formalisé, permet de séjourner jusqu’à 5 ans mais son cadre fiscal reste flou. En pratique, beaucoup de nomades ne déclarent pas leurs revenus en Indonésie, ce qui comporte des risques juridiques croissants à mesure que le pays renforce ses contrôles.

Autres impôts

  • Plus-values mobilières : les gains sur la vente d’actions cotées en bourse indonésienne sont soumis à un prélèvement de 0,1 % du montant de la transaction. Les plus-values sur actions non cotées sont intégrées au revenu ordinaire.
  • Dividendes : les dividendes versés par des sociétés indonésiennes à des résidents sont exonérés d’impôt s’ils sont réinvestis en Indonésie dans les 3 mois. Sinon, ils sont intégrés au revenu imposable.
  • Impôt foncier (PBB) : très faible, généralement entre 50 et 300 € par an pour une villa à Bali.
  • Cotisations sociales : les salariés cotisent au BPJS Ketenagakerjaan (emploi) et au BPJS Kesehatan (santé). Les cotisations salariales représentent environ 3 % du salaire. Les employeurs versent environ 6 %.
  • Impôt sur la fortune : inexistant en Indonésie.
  • TVA (PPN) : taux de 12 % en 2026 (relevé de 11 % à 12 % en janvier 2025). Certains biens essentiels restent exonérés.

Convention fiscale France–Indonésie

La France et l’Indonésie sont liées par une convention fiscale signée le 14 septembre 1979, entrée en vigueur en 1981. Elle a été modifiée par un protocole additionnel.

Principaux points à retenir :

  • Revenus d’activité salariée : imposés dans l’État où l’activité est exercée. Un Français travaillant physiquement depuis Bali sera en principe imposable en Indonésie.
  • Revenus d’activité indépendante : imposés dans l’État de résidence, sauf si l’activité est exercée via une base fixe dans l’autre État.
  • Pensions de retraite : imposables dans l’État de résidence du bénéficiaire (l’Indonésie). Les retraités français résidant à Bali paieront donc l’impôt indonésien sur leurs pensions.
  • Pensions publiques : imposables dans l’État qui les verse (la France).
  • Dividendes : retenue à la source limitée à 10 % (ou 15 % selon les cas).
  • Intérêts : retenue à la source limitée à 10 %.
  • Redevances : retenue à la source limitée à 10 %.
  • Élimination de la double imposition : par crédit d’impôt en France.

Point d’attention : si vous restez moins de 183 jours en Indonésie et que vous ne devenez pas résident fiscal indonésien, vous restez en principe résident fiscal français et imposé en France sur vos revenus mondiaux. La convention ne crée pas de “vide fiscal” : vous serez imposé dans l’un ou l’autre pays.

Coût de la vie

Le coût de la vie à Bali varie considérablement selon votre mode de vie. Un expatrié vivant “à la locale” dépensera très peu, tandis qu’un mode de vie occidental dans les quartiers prisés (Canggu, Seminyak, Ubud) sera plus onéreux mais reste très abordable. Estimation mensuelle pour une personne seule :

| Poste de dépense | Canggu / Seminyak | Ubud | Sanur | |---|---|---|---| | Loyer villa/T2 | 500 – 1 000 € | 350 – 700 € | 300 – 600 € | | Alimentation | 200 – 400 € | 150 – 300 € | 150 – 300 € | | Transport (scooter) | 50 – 100 € | 40 – 80 € | 40 – 80 € | | Santé (assurance internationale) | 100 – 200 € | 100 – 200 € | 100 – 200 € | | Total estimé | 850 – 1 700 € | 640 – 1 280 € | 590 – 1 180 € |

Les coworking spaces sont omniprésents à Bali (Dojo, Outpost, Hubud) avec des tarifs entre 100 et 200 € par mois. La restauration locale est très bon marché (2-5 € le repas dans un warung), tandis que les restaurants occidentaux pratiquent des prix proches des standards européens.

Avantages et inconvénients

Avantages :

  • Coût de la vie très bas, surtout pour le logement et l’alimentation locale
  • Cadre de vie exceptionnel : climat tropical, nature, culture
  • Communauté d’expatriés et de nomades numériques très active
  • Infrastructure de coworking développée
  • Internet fibre disponible dans les zones touristiques principales
  • Hôpitaux internationaux de qualité à Denpasar (BIMC, Siloam)
  • Pas d’impôt sur la fortune

Inconvénients :

  • Barème fiscal progressif jusqu’à 35 % pour les résidents
  • Impossibilité légale de posséder un bien immobilier en nom propre (étrangers)
  • Visas complexes : pas de visa long séjour simple pour les freelances
  • Risques juridiques liés au travail non déclaré en visa touristique
  • Monnaie locale (rupiah) très volatile face à l’euro
  • Éloignement géographique de la France (12-16h de vol)
  • Infrastructures routières saturées (trafic intense à Canggu, Denpasar)
  • Risques naturels : séismes, éruptions volcaniques, saison des pluies

Démarches pour s’expatrier

  1. Visa : plusieurs options existent :

    • Visa B211A : visa de séjour temporaire (60 jours, renouvelable jusqu’à 180 jours). Ne permet pas officiellement de travailler.
    • Visa E33G (nomade numérique) : permet de séjourner jusqu’à 5 ans et de travailler à distance pour des clients/employeurs étrangers. Conditions : revenus minimums d’environ 2 000 USD/mois et assurance santé.
    • KITAS : permis de séjour temporaire lié à un emploi, un investissement ou un mariage avec un citoyen indonésien. Durée de 1 à 2 ans, renouvelable.
  2. NPWP (numéro fiscal) : si vous devenez résident fiscal, vous devez obtenir un NPWP auprès du bureau des impôts local (Kantor Pajak). Document nécessaire : passeport, KITAS ou visa longue durée, justificatif de domicile.

  3. Inscription consulaire : inscrivez-vous au consulat général de France à Bali (Sanur) ou à l’ambassade de France à Jakarta. La communauté française à Bali compte environ 4 000 à 5 000 résidents inscrits.

  4. Déclaration fiscale en France : signalez votre départ au centre des impôts et déposez votre dernière déclaration de revenus française. Les expatriés conservant des revenus de source française doivent continuer à les déclarer (formulaire 2042 NR).

  5. Assurance santé : le système de santé public indonésien (BPJS Kesehatan) est accessible aux titulaires d’un KITAS. Pour les autres, une assurance santé internationale est indispensable (Allianz, Cigna, April International). Budget : 100 à 250 € par mois selon la couverture.

  6. Compte bancaire : l’ouverture d’un compte bancaire indonésien nécessite un KITAS. Avec un visa temporaire, vous pouvez utiliser des solutions comme Wise, Revolut ou N26 pour gérer vos finances. Les paiements en espèces restent courants à Bali.

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