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Fiscalité

Expatriation Grèce : fiscalité, impôts et coût de la vie en 2026

S'expatrier en Grèce : taux d'imposition, convention fiscale avec la France, coût de la vie et démarches fiscales en 2026.

7 juillet 2026 7 min de lecture
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La Grèce attire chaque année davantage de Français en quête de soleil, de qualité de vie et d’un cadre fiscal avantageux. Depuis 2020, le pays a mis en place un régime fiscal spécial pour les retraités étrangers, et plus récemment pour les travailleurs à distance, qui fait de la Grèce l’une des destinations les plus compétitives d’Europe du Sud. Avec un coût de la vie inférieur de 30 à 40 % à celui de la France et un climat méditerranéen enviable, l’expatriation en Grèce mérite une analyse fiscale approfondie.

Fiscalité pour les résidents en Grèce

La résidence fiscale grecque s’acquiert dès lors que vous passez plus de 183 jours par an sur le territoire, ou que votre centre d’intérêts vitaux (famille, activité professionnelle principale) se situe en Grèce.

Impôt sur le revenu

La Grèce applique un barème progressif d’imposition sur le revenu des personnes physiques. En 2026, les tranches sont les suivantes :

| Tranche de revenu (€) | Taux | |---|---| | 0 – 10 000 | 9 % | | 10 001 – 20 000 | 22 % | | 20 001 – 30 000 | 28 % | | 30 001 – 40 000 | 36 % | | Au-delà de 40 000 | 44 % |

Le taux marginal de 44 % peut paraître élevé, mais il s’applique uniquement à la fraction du revenu dépassant 40 000 €. Pour un revenu annuel de 50 000 €, l’impôt effectif se situe autour de 26 %.

Régime spécial pour les retraités étrangers : les retraités transférant leur résidence fiscale en Grèce peuvent bénéficier d’un taux forfaitaire de 7 % sur l’ensemble de leurs revenus de source étrangère, pendant une durée de 15 ans. Ce régime, initialement introduit en 2020, reste actif en 2026 et constitue l’un des principaux attraits fiscaux du pays.

Régime pour les travailleurs à distance et cadres étrangers : depuis 2021, les salariés ou indépendants transférant leur activité en Grèce peuvent bénéficier d’une exonération de 50 % de leur revenu imposable pendant 7 ans, à condition de ne pas avoir été résident fiscal grec les 5 années précédentes et de travailler principalement pour un employeur ou des clients grecs ou étrangers depuis la Grèce.

Autres impôts

  • Plus-values mobilières : imposées au taux forfaitaire de 15 %.
  • Dividendes : soumis à une retenue à la source de 5 %.
  • Impôt foncier (ENFIA) : calculé en fonction de la surface, de la localisation et de la valeur objective du bien. Pour un appartement de 80 m² à Athènes, comptez entre 300 et 800 € par an.
  • Cotisations sociales : les salariés cotisent environ 13,87 % de leur salaire brut. Les indépendants versent des cotisations forfaitaires à partir de 210 € par mois environ, avec des paliers selon le revenu.
  • Impôt sur la fortune : la Grèce n’applique pas d’ISF. L’ENFIA fait office d’imposition sur le patrimoine immobilier.
  • TVA : taux normal de 24 %, taux réduit de 13 % (alimentation, hôtellerie) et taux super-réduit de 6 % (médicaments, livres).

Convention fiscale France–Grèce

La France et la Grèce sont liées par une convention de non-double imposition signée le 21 août 1963, modifiée par avenant en 1999. Cette convention couvre l’impôt sur le revenu, les plus-values et les successions.

Principaux points à retenir :

  • Revenus d’activité : imposés dans l’État où l’activité est exercée. Un Français travaillant en Grèce paiera ses impôts en Grèce.
  • Pensions de retraite privées : imposables dans l’État de résidence du bénéficiaire (donc en Grèce si vous y résidez). C’est ce qui rend le régime des 7 % particulièrement attractif.
  • Pensions publiques : imposables dans l’État qui les verse (la France), sauf si le bénéficiaire possède la nationalité grecque.
  • Revenus immobiliers : imposés dans l’État de situation de l’immeuble. Si vous conservez un bien en France, les loyers restent imposés en France.
  • Élimination de la double imposition : par la méthode du crédit d’impôt. La Grèce accorde un crédit correspondant à l’impôt payé en France, dans la limite de l’impôt grec.

Il est essentiel de signaler votre départ de France au centre des impôts et de remplir une déclaration de revenus française l’année de votre départ (revenus perçus jusqu’à la date de départ).

Coût de la vie

Le coût de la vie en Grèce est sensiblement inférieur à celui de la France, en particulier en dehors d’Athènes. Voici une estimation mensuelle pour une personne seule en 2026 :

| Poste de dépense | Athènes | Thessalonique | Île (Crète) | |---|---|---|---| | Loyer T2 centre-ville | 650 – 900 € | 450 – 650 € | 500 – 750 € | | Alimentation | 250 – 350 € | 220 – 300 € | 230 – 320 € | | Transport | 40 – 80 € | 30 – 60 € | 50 – 100 € (voiture) | | Santé (assurance privée) | 80 – 150 € | 80 – 150 € | 80 – 150 € | | Total estimé | 1 020 – 1 480 € | 780 – 1 160 € | 860 – 1 320 € |

Les prix des loyers ont augmenté significativement à Athènes depuis 2022, notamment dans les quartiers centraux comme Kolonaki ou Pangrati, en raison de la demande des nomades numériques et du tourisme Airbnb.

Avantages et inconvénients

Avantages :

  • Régime fiscal retraités à 7 % extrêmement compétitif
  • Exonération de 50 % pour les travailleurs transférant leur activité
  • Pas d’impôt sur la fortune
  • Coût de la vie modéré
  • Membre de l’UE et de la zone euro : pas de risque de change
  • Climat méditerranéen, qualité de vie élevée
  • Système de santé public accessible (avec cotisations)

Inconvénients :

  • Barème progressif pouvant atteindre 44 % hors régime spécial
  • Bureaucratie administrative encore lourde malgré la digitalisation
  • Marché du travail local limité et salaires bas
  • Infrastructure de santé publique inégale selon les régions
  • Langue grecque difficile à maîtriser (alphabet différent)
  • Hausse rapide des loyers dans les grandes villes

Démarches pour s’expatrier

  1. Visa et droit de séjour : en tant que citoyen européen, vous bénéficiez de la libre circulation. Un enregistrement auprès de la police locale est nécessaire dans les 3 mois suivant votre arrivée. Vous obtiendrez un numéro AFM (numéro fiscal grec) indispensable pour toute démarche.

  2. Obtention du numéro fiscal (AFM) : rendez-vous au bureau des impôts (Eforia) de votre lieu de résidence avec votre passeport, un justificatif de domicile et éventuellement un contrat de bail. Un comptable local (logistis) peut faciliter cette démarche.

  3. Inscription au régime fiscal spécial : si vous souhaitez bénéficier du taux de 7 % (retraités) ou de l’exonération de 50 % (travailleurs), la demande doit être déposée avant le 31 mars de l’année fiscale concernée, accompagnée des justificatifs prouvant que vous n’étiez pas résident fiscal grec les années précédentes.

  4. Inscription consulaire : inscrivez-vous au registre des Français établis hors de France auprès de l’ambassade de France à Athènes ou du consulat de Thessalonique. Cette inscription facilite le renouvellement de vos documents d’identité et votre participation aux élections.

  5. Déclaration fiscale en France : l’année de votre départ, vous devez déposer une déclaration de revenus en France (formulaire 2042) mentionnant votre nouvelle adresse à l’étranger et vos revenus perçus jusqu’à la date de départ. Par la suite, vous ne déclarerez en France que vos éventuels revenus de source française.

  6. Protection sociale : affiliez-vous à l’AMKA (numéro de sécurité sociale grec) pour accéder au système de santé public. Une assurance santé privée complémentaire est recommandée, notamment pour les soins dentaires et optiques.

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