Expatriation Corée du Sud : fiscalité, impôts et coût de la vie en 2026
S'expatrier en Corée du Sud : taux d'imposition, convention fiscale avec la France, coût de la vie et démarches fiscales en 2026.
La Corée du Sud attire chaque année davantage de Français : emplois dans la tech et l’industrie, qualité de vie urbaine, système de santé performant et dynamisme culturel font de Séoul une destination d’expatriation de premier plan en Asie. Mais avant de boucler vos valises, il faut comprendre ce que l’administration fiscale coréenne attend de vous — et comment la convention bilatérale avec la France vous protège de la double imposition. Voici le point complet pour 2026.
Fiscalité pour les résidents en Corée du Sud
La Corée du Sud impose ses résidents fiscaux sur leurs revenus mondiaux. Vous devenez résident fiscal dès lors que vous avez votre domicile en Corée ou que vous y séjournez au moins 183 jours sur une année civile. Les non-résidents ne sont imposés que sur leurs revenus de source coréenne.
Impôt sur le revenu : barème progressif de 6 à 45 %
Le barème de l’impôt sur le revenu des personnes physiques (소득세) en 2026 est le suivant :
| Tranche de revenu imposable (KRW) | Tranche en euros (approx.) | Taux marginal | |---|---|---| | Jusqu’à 14 millions | ≈ 9 500 € | 6 % | | 14 – 50 millions | 9 500 – 34 000 € | 15 % | | 50 – 88 millions | 34 000 – 60 000 € | 24 % | | 88 – 150 millions | 60 000 – 102 000 € | 35 % | | 150 – 300 millions | 102 000 – 204 000 € | 38 % | | 300 – 500 millions | 204 000 – 340 000 € | 40 % | | 500 millions – 1 milliard | 340 000 – 680 000 € | 42 % | | Au-delà de 1 milliard | > 680 000 € | 45 % |
À ce barème national s’ajoute un impôt local sur le revenu (지방소득세) égal à 10 % de l’impôt national. Concrètement, si votre impôt national est de 5 000 000 KRW, vous payez 500 000 KRW supplémentaires au titre de l’impôt local. Le taux effectif maximal combiné atteint donc environ 49,5 % pour les très hauts revenus.
Régime spécial pour expatriés : les travailleurs étrangers qui arrivent en Corée du Sud peuvent opter pour un taux forfaitaire de 19 % (plus l’impôt local de 10 % dessus, soit environ 20,9 % au total) sur leurs revenus salariaux de source coréenne, sans aucune déduction ni abattement. Ce régime est applicable pendant les 20 premières années suivant l’arrivée et peut être particulièrement avantageux pour les salaires élevés. Passé ce délai, le barème progressif classique s’applique.
Autres impôts
- Cotisations sociales : le salarié contribue environ 9 % de son salaire brut (pension nationale 4,5 %, assurance maladie 3,545 %, assurance emploi 0,9 %, assurance accidents du travail à charge de l’employeur). L’employeur verse une part équivalente.
- Impôt sur les plus-values mobilières : les gains sur cession d’actions cotées sont taxés à 20 % (25 % au-delà de 300 millions KRW de gains). Les petits porteurs détenant moins de 1 % du capital d’une société cotée et dont les cessions annuelles ne dépassent pas 5 milliards KRW sont exonérés.
- Plus-values immobilières : taxées de 6 à 45 % selon la durée de détention et le montant du gain, avec des surtaxes pour les propriétaires de biens multiples.
- TVA : le taux standard est de 10 %, parmi les plus bas d’Asie.
- Impôt sur la fortune : la Corée du Sud n’en a pas.
- Droits de succession et donation : barème progressif de 10 à 50 %, avec un taux majoré de 20 % pour les transmissions aux actionnaires majoritaires de grandes entreprises — ce qui porte le taux effectif maximal à 60 %.
Convention fiscale France–Corée du Sud
La France et la Corée du Sud sont liées par une convention de non-double imposition signée le 19 juin 1981, modifiée par avenant en 1991. Ses principes clés :
- Revenus salariaux : imposables dans le pays où l’activité est exercée. Si vous travaillez en Corée, c’est la Corée qui vous impose en priorité. La France accorde un crédit d’impôt égal à l’impôt français correspondant pour éviter la double imposition.
- Revenus immobiliers : imposables dans le pays de situation du bien. Si vous conservez un appartement locatif en France, il reste imposable en France.
- Dividendes : retenue à la source limitée à 15 % dans le pays de la source (10 % si le bénéficiaire effectif est une société détenant au moins 25 % du capital).
- Intérêts : retenue à la source limitée à 10 %.
- Redevances : retenue à la source limitée à 10 %.
- Pensions privées : imposables uniquement dans le pays de résidence du bénéficiaire. Si vous percevez une retraite française en vivant en Corée, c’est la Corée qui l’impose.
- Pensions publiques : imposables dans le pays qui les verse (la France pour un ancien fonctionnaire français), sauf si le bénéficiaire est devenu national coréen.
La convention couvre également l’échange de renseignements fiscaux entre les deux administrations. En pratique, un salarié français expatrié en Corée du Sud est imposé en Corée sur son salaire coréen, et déclare ce revenu en France (formulaire 2047) avec un crédit d’impôt qui annule la double imposition. Si votre seul revenu provient de Corée, votre impôt français est ramené à zéro.
Coût de la vie à Séoul en 2026
Séoul est une ville chère par rapport au reste de la Corée, mais reste globalement plus abordable que Paris pour de nombreux postes. Voici les principaux repères budgétaires :
| Poste de dépense | Coût mensuel moyen (Séoul) | Comparaison Paris | |---|---|---| | Loyer studio centre-ville | 800 000 – 1 200 000 KRW (550 – 820 €) | 30 à 40 % moins cher | | Loyer T2 centre-ville | 1 300 000 – 2 200 000 KRW (900 – 1 500 €) | 25 à 35 % moins cher | | Charges (électricité, eau, chauffage) | 150 000 – 250 000 KRW (100 – 170 €) | Comparable | | Transport (carte mensuelle) | 55 000 KRW (38 €) | 50 % moins cher | | Repas au restaurant (déjeuner) | 8 000 – 12 000 KRW (5,50 – 8 €) | 40 à 50 % moins cher | | Courses alimentaires (personne seule) | 350 000 – 500 000 KRW (240 – 340 €) | Comparable | | Internet + téléphone | 60 000 – 90 000 KRW (40 – 60 €) | Comparable | | Total estimé (personne seule) | 1 350 – 2 200 € | 20 à 30 % moins cher |
Attention au système de dépôt (전세/보증금) : contrairement à la France, les propriétaires coréens exigent un dépôt de garantie très élevé, souvent entre 5 et 20 millions KRW (3 400 – 13 600 €) dans le système wolse (loyer mensuel avec caution). Le système du jeonse (전세) va plus loin : un dépôt couvrant 50 à 80 % de la valeur du bien permet de ne payer aucun loyer mensuel. Ce dépôt est intégralement restitué en fin de bail. Le wolse est plus courant pour les expatriés qui n’ont pas l’épargne nécessaire pour un jeonse.
Avantages et inconvénients
Les plus :
- Flat tax à 19 % (20,9 % avec l’impôt local) pendant 20 ans pour les travailleurs étrangers — parmi les régimes les plus compétitifs d’Asie
- Pas d’impôt sur la fortune
- Système de santé de qualité à coût modéré (cotisations faibles)
- Coût de la vie inférieur à Paris, surtout pour la restauration et les transports
- Infrastructure et connectivité internet parmi les meilleures au monde
- Transport en commun excellent et peu coûteux
- Convention fiscale solide avec la France, éliminant efficacement la double imposition
- Exonération de plus-values mobilières pour les petits porteurs d’actions cotées
Les moins :
- Barème progressif élevé (jusqu’à 49,5 %) si on n’opte pas pour la flat tax
- Droits de succession parmi les plus élevés au monde (jusqu’à 60 % effectif)
- Barrière linguistique importante : l’administration fiscale coréenne opère quasi exclusivement en coréen
- Dépôt de garantie immobilier très élevé à l’installation (système jeonse/wolse)
- Culture du travail intense et longues heures dans les entreprises coréennes
- Pollution atmosphérique fréquente (particules fines, surtout au printemps)
- Décalage horaire de 7 à 8 heures avec la France
Démarches pour s’expatrier en Corée du Sud
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Obtenir un visa de travail : les principaux types sont le visa E-7 (compétences spécialisées, avec sponsor employeur), le D-8 (investissement d’au minimum 100 millions KRW), le H-1 (Working Holiday, 18-30 ans) et le F-1-D (Digital Nomad Visa, lancé en 2024). La demande se fait auprès de l’ambassade de Corée en France.
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Alien Registration Card (ARC) : dans les 90 jours suivant votre arrivée, enregistrez-vous auprès du bureau d’immigration local pour obtenir votre carte de résident étranger. Ce numéro est indispensable pour toute démarche bancaire, fiscale et administrative.
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Inscription fiscale : l’administration fiscale coréenne (National Tax Service) vous attribue un numéro fiscal via votre ARC. Votre employeur prélève l’impôt à la source chaque mois, avec une régularisation annuelle en février. Si vous avez d’autres revenus, vous déposez une déclaration entre le 1er et le 31 mai.
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Option pour le régime forfaitaire à 19 % : l’option doit être exercée auprès de votre employeur qui l’appliquera au prélèvement à la source. Elle est confirmée lors de la déclaration de régularisation annuelle.
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Déclaration en France : l’année de votre départ, déclarez vos revenus français et coréens au fisc français (formulaires 2042 + 2047). Les années suivantes, seuls les revenus de source française sont à déclarer. Si vous n’en avez aucun, vous pouvez demander votre radiation du fichier des contribuables.
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Protection sociale : inscrivez-vous à la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) si vous souhaitez maintenir vos droits à la retraite et à l’assurance maladie françaises en complément du système coréen.
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Inscription consulaire : enregistrez-vous auprès de l’ambassade de France à Séoul pour faciliter vos démarches administratives et être informé en cas de crise.
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