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Fiscalité

Droits de succession en ligne directe : barème et abattements 2026

Droits succession barème abattements 2026 : abattement de 100 000 euros par enfant, taux progressif de 5 à 45 %, passif déductible et frais funéraires expliqués avec un exemple chiffré.

20 juillet 2026 7 min de lecture
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Un enfant qui hérite de son parent en 2026 ne paie pas d’impôt sur la totalité de sa part. Un abattement de 100 000 euros s’applique d’abord, puis un barème progressif de 5 à 45 % sur ce qui dépasse. Ce mécanisme, encadré par l’article 779 du Code général des impôts, reste inchangé cette année : les seuils sont gelés jusqu’au 31 décembre 2028, malgré les débats parlementaires récurrents sur une réforme des droits de succession. Voici comment il fonctionne concrètement, avec le détail du calcul et les leviers pour réduire la note.

Qui est concerné par le régime « ligne directe »

La ligne directe désigne la transmission entre un parent et son enfant, ou entre un grand-parent et son petit-enfant en cas de représentation (si le parent intermédiaire est décédé). Elle bénéficie du régime fiscal le plus favorable du droit des successions français, très loin devant les transmissions entre frères et sœurs (abattement de 15 932 euros) ou entre personnes non parentes (abattement de 1 594 euros seulement, avec un taux fixe de 60 %).

Chaque enfant dispose d’un abattement de 100 000 euros par parent décédé, selon service-public.fr. Concrètement, un enfant peut recevoir 100 000 euros en franchise de droits au décès de sa mère, puis 100 000 euros supplémentaires au décès de son père : les deux abattements ne se cumulent pas sur une seule succession, mais se renouvellent à chaque décès.

Le barème progressif applicable en 2026

Une fois l’abattement de 100 000 euros déduit, le solde imposable (l’assiette nette taxable) est soumis à un barème par tranches, comme pour l’impôt sur le revenu. Chaque tranche est taxée à son propre taux, pas seulement la plus haute atteinte.

Fraction de part nette taxableTaux applicable
Jusqu’à 8 072 €5 %
De 8 072 € à 12 109 €10 %
De 12 109 € à 15 932 €15 %
De 15 932 € à 552 324 €20 %
De 552 324 € à 902 838 €30 %
De 902 838 € à 1 805 677 €35 %
Au-delà de 1 805 677 €45 %

Ce barème s’applique par part nette taxable et par héritier, pas sur l’actif successoral global. Un décès qui laisse un patrimoine de 800 000 euros à répartir entre trois enfants ne place aucun d’eux dans la tranche à 30 %, puisque chaque part individuelle reste bien en dessous du seuil.

Exemple chiffré complet

Prenons le cas de Camille, fille unique, qui hérite de son père décédé en 2026. L’actif brut de la succession s’élève à 340 000 euros (un bien immobilier estimé à 300 000 euros et 40 000 euros de comptes bancaires).

  1. Passif déductible. Le défunt avait un crédit immobilier restant dû de 60 000 euros et des frais funéraires réglés par la succession. Le passif déductible se compose donc de 60 000 euros de dette et de 1 500 euros au titre du forfait funéraire (le montant forfaitaire déductible sans justificatif, selon l’article 775 du CGI, appliqué même si la facture réelle des obsèques a été plus élevée). Actif net : 340 000 − 60 000 − 1 500 = 278 500 euros.
  2. Abattement personnel. Camille est fille unique et seule héritière : elle applique l’abattement de 100 000 euros sur sa part. Base taxable : 278 500 − 100 000 = 178 500 euros.
  3. Application du barème par tranches.
    • 8 072 € x 5 % = 403,60 €
    • (12 109 − 8 072) x 10 % = 403,70 €
    • (15 932 − 12 109) x 15 % = 573,45 €
    • (178 500 − 15 932) x 20 % = 32 513,60 €
  4. Total des droits dus. 403,60 + 403,70 + 573,45 + 32 513,60 = 33 894,35 euros, arrondis à l’euro le plus proche.

Camille hérite donc net de 278 500 − 33 894 = 244 606 euros, une fois les droits de succession réglés à l’administration fiscale. Pour vérifier ce type de calcul sur une situation familiale différente (plusieurs enfants, donations antérieures, présence d’un conjoint), le simulateur de succession applique automatiquement le barème et les abattements en vigueur.

Ce que le passif déductible peut réellement contenir

L’actif net taxable ne se limite pas au patrimoine brut moins les dettes bancaires. Le passif déductible, listé à l’article 768 du CGI, inclut notamment :

  • les dettes du défunt existant au jour du décès et dont l’existence est prouvée par titre (crédit immobilier, prêt à la consommation, découvert bancaire) ;
  • les impôts dus par le défunt au moment du décès (impôt sur le revenu de l’année en cours, taxe foncière au prorata) ;
  • les frais funéraires, déductibles forfaitairement à hauteur de 1 500 euros sans justificatif, ou pour leur montant réel intégral si celui-ci est inférieur à ce plafond ;
  • les frais de dernière maladie restés à la charge de la succession.

En revanche, le coût d’un monument funéraire ou l’achat de fleurs et couronnes ne sont pas déductibles, précise l’administration fiscale sur impots.gouv.fr. Chaque dette déduite doit pouvoir être justifiée par un titre ou une pièce probante lors du dépôt de la déclaration de succession.

Le rôle de l’assurance obsèques dans le calcul

Un contrat d’assurance obsèques souscrit par le défunt de son vivant change la donne : le capital versé sert directement à financer les funérailles et n’entre pas dans l’actif successoral taxable, tant qu’il reste proportionné au coût réel des obsèques. Si le capital versé dépasse largement les frais funéraires effectivement engagés, l’excédent peut être requalifié et réintégré dans la succession par l’administration.

Concrètement, un contrat obsèques de 5 000 euros qui couvre exactement la prestation funéraire choisie ne génère ni droits de succession ni imposition particulière pour les héritiers. C’est un outil de prévoyance, pas un outil de transmission de patrimoine : il ne remplace en rien l’abattement de 100 000 euros ni les stratégies de donation.

Réduire la facture avant le décès : les leviers légaux

Le régime de la ligne directe se prête bien à une anticipation, puisque l’abattement de 100 000 euros se renouvelle tous les 15 ans par donation. Un parent qui donne 100 000 euros à son enfant en 2026, puis à nouveau 100 000 euros en 2041, transmet 200 000 euros sans droits, en plus de tout ce qui sera transmis au décès si le délai de 15 ans est respecté entre la dernière donation et l’ouverture de la succession.

D’autres dispositifs se combinent à cet abattement de droit commun : le don familial de sommes d’argent (jusqu’à 31 865 euros, sous conditions d’âge du donateur et de lien de parenté), ou l’assurance-vie, qui bénéficie d’un abattement distinct de 152 500 euros par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans. Ces mécanismes ne se substituent pas à l’abattement de 100 000 euros de la succession : ils s’y ajoutent, à condition d’être mis en place suffisamment tôt.

Déclarer et payer : les délais à respecter

La déclaration de succession doit être déposée dans les six mois suivant le décès (en France métropolitaine) auprès du service de la publicité foncière et de l’enregistrement. Les droits sont en principe payés comptant au dépôt de la déclaration, mais un paiement différé ou fractionné peut être accordé sur demande, notamment lorsque la succession comprend des biens peu liquides comme un bien immobilier occupé par le conjoint survivant. Passé ce délai de six mois, des intérêts de retard s’appliquent, ce qui rend utile une simulation anticipée du montant dû grâce au simulateur de succession pour provisionner la somme ou organiser un paiement différé avant l’échéance.