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Immobilier

Comment calculer la mensualité d'un crédit immobilier

Formule de calcul des mensualités, TAEG, coût total du crédit. Exemple concret sur un emprunt de 200 000 € sur 20 ans.

3 juillet 2026 6 min de lecture
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La mensualité d’un crédit immobilier est le chiffre qu’on regarde en premier. C’est lui qui détermine si le projet est tenable au quotidien. Mais ce chiffre seul est trompeur : deux crédits avec la même mensualité peuvent avoir un coût total qui varie de 20 000 €, selon la durée, le taux et l’assurance. Avant de comparer des offres, il faut comprendre ce que la mensualité contient — et ce qu’elle ne dit pas.

L’amortissement : pourquoi on paie surtout des intérêts au début

Un crédit immobilier à taux fixe fonctionne avec des mensualités constantes. Chaque mois, le paiement se décompose en deux parts : le remboursement du capital et les intérêts, calculés sur le capital restant dû.

Au début du prêt, le capital restant dû est élevé, donc la part d’intérêts est importante. Sur un crédit de 200 000 € à 3,50 %, la première mensualité contient environ 583 € d’intérêts et 577 € de capital. À mi-parcours (mois 120 sur 240), la répartition s’est inversée : 340 € d’intérêts, 820 € de capital. Les dernières mensualités sont presque entièrement du capital.

Cette mécanique a une conséquence importante : un remboursement anticipé est beaucoup plus rentable dans les premières années du crédit, quand la part d’intérêts est maximale. Rembourser 20 000 € après 3 ans économise bien plus que le même remboursement après 15 ans.

Règle à retenir : sur un crédit de 20 ans, environ 60 % des intérêts totaux sont payés pendant les 10 premières années. C’est dans cette période que les renégociations et remboursements anticipés ont le plus d’impact.

La formule, et ce qu’elle ne montre pas

Pour un prêt à taux fixe avec mensualités constantes :

M = C × t / (1 - (1 + t)^(-n))

Où M est la mensualité hors assurance, C le capital emprunté, t le taux mensuel (taux annuel / 12), et n le nombre de mensualités.

Cette formule donne la mensualité nue — celle qui ne contient que capital et intérêts. En réalité, la mensualité réelle inclut aussi l’assurance emprunteur, qui ajoute typiquement 40 à 100 € par mois selon le montant emprunté et le profil de l’emprunteur.

Pour 200 000 € sur 20 ans à 3,50 % avec une assurance à 0,30 % :

| Composante | Montant mensuel | |---|---| | Mensualité hors assurance | 1 160 € | | Assurance (0,30 % du capital / 12) | 50 € | | Mensualité totale | 1 210 € |

Taux nominal vs TAEG : la seule comparaison qui vaut

Le taux qu’affiche la banque dans sa publicité est le taux nominal (ou taux débiteur). Il ne couvre que les intérêts purs. Pour comparer deux offres, il faut regarder le TAEG (Taux Annuel Effectif Global), qui intègre l’ensemble des coûts obligatoires :

  • Intérêts sur le capital
  • Assurance emprunteur
  • Frais de dossier
  • Frais de garantie (hypothèque ou caution)
  • Frais d’ouverture de compte éventuelle

Le TAEG est obligatoire sur toute offre de prêt (article L.314-1 du Code de la consommation). C’est le seul indicateur normalisé qui permet de comparer deux propositions bancaires sur une base identique.

Exemple concret : une banque propose 3,40 % nominal avec une assurance groupe à 0,40 % et 1 500 € de frais de dossier. Une autre propose 3,55 % nominal mais accepte une assurance externe à 0,15 % et facture 500 € de dossier. Malgré un taux nominal plus élevé, la seconde offre peut avoir un TAEG inférieur — et coûter 6 000 € de moins sur 20 ans.

La règle HCSF des 35 % : le vrai plafond

Depuis janvier 2022, le Haut Conseil de Stabilité Financière impose deux contraintes aux banques :

  • Taux d’endettement maximum de 35 %, assurance incluse
  • Durée maximum de 25 ans (27 ans pour le neuf avec travaux représentant plus de 10 % du montant)

Le calcul est simple : mensualité totale (crédit + assurance + tout autre crédit en cours) divisée par les revenus nets. Si le résultat dépasse 0,35, la banque doit refuser — sauf dans le cadre de son quota de dérogations (20 % des dossiers, dont 70 % réservés à la résidence principale).

Conséquence directe : pour un couple gagnant 4 500 € net, la mensualité maximale tous crédits confondus est de 1 575 €. En pratique, cela limite l’emprunt à environ 250 000 € sur 20 ans à 3,50 %.

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Pourquoi comparer les mensualités seules est trompeur

Le réflexe naturel est de choisir la mensualité la plus basse. Mais allonger la durée pour réduire la mensualité augmente mécaniquement le coût total. Sur 200 000 € à 3,50 % :

| Durée | Mensualité (hors assurance) | Intérêts totaux | |---|---|---| | 15 ans | 1 430 € | 57 400 € | | 20 ans | 1 160 € | 78 400 € | | 25 ans | 1 001 € | 100 300 € |

Passer de 20 à 25 ans fait baisser la mensualité de 159 € mais ajoute 22 000 € d’intérêts. C’est un arbitrage légitime si le budget mensuel est tendu, mais il doit être fait en connaissance de cause.

L’assurance aggrave encore l’écart : 5 années supplémentaires à 50 €/mois d’assurance ajoutent 3 000 € au coût total. Sur la durée, le vrai coût d’un crédit dépasse souvent 40 % du capital emprunté.

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À retenir

  1. La mensualité contient capital + intérêts + assurance. La part d’intérêts domine au début du prêt.
  2. Comparer les TAEG, pas les taux nominaux. Le TAEG intègre tous les coûts obligatoires.
  3. La règle HCSF des 35 % inclut l’assurance et tous les crédits en cours, pas seulement le nouveau prêt.
  4. Allonger la durée réduit la mensualité mais alourdit le coût total — comptez environ 4 000 € d’intérêts supplémentaires par année ajoutée sur 200 000 €.
  5. Un remboursement anticipé est plus rentable tôt dans la vie du crédit.

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