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Salaire & Impôts

Chômage partiel 2026 : calcul de l'indemnisation, plafonds et impact retraite

Guide complet sur l'activité partielle en 2026 : comment calculer l'indemnité à 60 % du brut, plafonds horaires, prélèvements CSG/CRDS, reste à charge employeur et conséquences sur vos trimestres de retraite.

23 juillet 2026 8 min de lecture
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Chômage partiel en 2026 : comprendre l’indemnisation de l’activité partielle

Lorsqu’une entreprise réduit ou suspend temporairement son activité, elle peut placer ses salariés en activité partielle (couramment appelée « chômage partiel »). Ce dispositif, encadré par les articles L. 5122‑1 et suivants du Code du travail, garantit au salarié une indemnité pour chaque heure non travaillée. Depuis le 1er janvier 2026, plusieurs montants planchers et plafonds ont été revalorisés. Voici l’ensemble des règles à connaître pour calculer précisément votre indemnisation.

Le principe : 60 % du salaire brut horaire

En activité partielle de droit commun, le salarié perçoit une indemnité égale à 60 % de sa rémunération brute horaire pour chaque heure chômée. Ce taux correspond, en pratique, à environ 72 % du salaire net horaire.

Pour les salariés placés en Activité Partielle de Longue Durée (APLD), le taux est plus favorable : l’indemnité s’élève à 70 % du salaire brut horaire, ce qui représente environ 84 % du net.

Dans les deux cas, la rémunération prise en compte est plafonnée à 4,5 fois le SMIC horaire brut. Depuis le 1er juin 2026, le SMIC horaire brut étant fixé à 12,31 €, ce plafond s’établit à 55,40 € brut par heure.

Les montants clés en vigueur depuis le 1er janvier 2026

ParamètreDroit communAPLD
Taux d’indemnité salarié60 % du brut70 % du brut
Plancher horaire de l’indemnité9,52 €9,52 €
Plafond horaire de l’indemnité32,45 €32,45 €
Allocation remboursée à l’employeur36 % du brut60 % du brut
Plancher horaire de l’allocation employeur8,57 €9,52 €
Plafond de la base de calcul4,5 SMIC (55,40 €/h)4,5 SMIC (55,40 €/h)

Précision importante : depuis la revalorisation du SMIC au 1er juin 2026, le plancher de l’indemnité ne peut pas descendre sous le SMIC net horaire, soit environ 9,74 €. Cette règle protège les salariés rémunérés au voisinage du SMIC.

Étape par étape : comment calculer votre indemnité

Voici la méthode pour déterminer le montant de votre indemnité d’activité partielle :

1. Identifier votre rémunération brute horaire. Pour un salarié mensualisé à 35 heures, divisez votre salaire brut mensuel par 151,67 (le nombre d’heures mensualisées légal).

2. Appliquer le taux d’indemnisation. Multipliez la rémunération brute horaire par 60 % (droit commun) ou 70 % (APLD).

3. Vérifier les bornes. Le résultat ne peut être ni inférieur à 9,74 € (plancher aligné sur le SMIC net depuis juin 2026) ni supérieur à 32,45 €.

4. Multiplier par le nombre d’heures chômées. Comptabilisez l’ensemble des heures non travaillées dans le mois.

5. Déduire la CSG et la CRDS. L’indemnité est exonérée de cotisations sociales classiques, mais reste soumise à la CSG (6,20 %) et à la CRDS (0,50 %) après un abattement de 1,75 % pour frais professionnels.

Exemple concret : le cas de Sophie, assistante commerciale

Sophie travaille dans une PME industrielle à Lyon. Son salaire brut mensuel s’élève à 2 400 €, soit un brut horaire de 15,82 € (2 400 ÷ 151,67). Son entreprise est placée en activité partielle de droit commun pendant tout le mois de juillet 2026. Sophie ne travaille que 80 heures sur les 151,67 prévues. Elle a donc 71,67 heures chômées.

Calcul de l’indemnité brute :

  • Indemnité horaire : 15,82 × 60 % = 9,49 €
  • Ce montant est inférieur au plancher de 9,74 €, donc l’indemnité est relevée à 9,74 € par heure
  • Indemnité brute totale : 9,74 × 71,67 = 698,07 €

Calcul des prélèvements CSG/CRDS :

  • Assiette après abattement : 698,07 × (1 − 1,75 %) = 685,86 €
  • CSG : 685,86 × 6,20 % = 42,52 €
  • CRDS : 685,86 × 0,50 % = 3,43 €
  • Total prélevé : 45,95 €

Indemnité nette d’activité partielle : 698,07 − 45,95 = 652,12 €

En ajoutant sa rémunération pour les 80 heures effectivement travaillées (80 × 15,82 = 1 265,60 € brut), Sophie perçoit au total 1 963,67 € brut sur le mois, contre 2 400 € en temps normal. La perte de revenu brut représente environ 18 % de son salaire habituel.

Pour estimer plus finement le passage du brut au net sur la partie travaillée, utilisez notre simulateur salaire brut net →.

Reste à charge pour l’employeur

L’employeur ne supporte pas seul le coût de l’activité partielle. L’État, via l’Agence de Services et de Paiement (ASP), lui rembourse une allocation calculée sur la base de la rémunération brute du salarié.

RégimeIndemnité versée au salariéAllocation remboursée par l’ÉtatReste à charge employeur
Droit commun60 % du brut36 % du brut24 % du brut
APLD70 % du brut60 % du brut10 % du brut

Dans l’exemple de Sophie, le reste à charge pour son employeur sur les heures chômées s’élève à : 15,82 × 24 % × 71,67 = 272,16 €. En APLD, ce coût tomberait à 113,40 €, soit une économie substantielle qui explique l’intérêt de ce dispositif pour les entreprises confrontées à des difficultés structurelles.

Impact sur la retraite : trimestres et pension

L’activité partielle a des conséquences directes sur les droits à la retraite. Il faut distinguer trois volets.

Validation des trimestres

Depuis mars 2020, chaque tranche de 220 heures indemnisées au titre de l’activité partielle permet de valider un trimestre pour la retraite de base. Attention : il s’agit de trimestres assimilés, et non de trimestres cotisés. Cette distinction peut avoir un impact lors du calcul de certains dispositifs (retraite anticipée pour carrière longue, par exemple).

Impact sur le montant de la pension

Pendant l’activité partielle, aucune cotisation vieillesse n’est prélevée, ni côté salarié ni côté employeur. Conséquence : les périodes chômées ne génèrent pas de droits contributifs. Si l’activité partielle intervient lors de vos 25 meilleures années de revenus (base de calcul du régime général), elle peut faire baisser le salaire annuel moyen retenu et donc le montant final de votre pension.

Retraite complémentaire (AGIRC ARRCO)

Lorsque la période d’activité partielle dépasse 60 jours consécutifs, l’AGIRC ARRCO attribue automatiquement des points de retraite complémentaire au salarié. En deçà de ce seuil, aucun point n’est acquis sur les heures chômées, ce qui peut creuser un écart sur le long terme.

Questions fréquentes

L’indemnité d’activité partielle est elle imposable ?

Oui. L’indemnité d’activité partielle est soumise à l’impôt sur le revenu dans les conditions de droit commun. Elle figure sur la déclaration de revenus au même titre que les salaires. En revanche, elle est exonérée de cotisations sociales (hors CSG/CRDS).

Un salarié au SMIC perd il de l’argent en activité partielle ?

Le plancher de l’indemnité, aligné sur le SMIC net horaire (9,74 € depuis juin 2026), garantit en principe que le salarié au SMIC perçoive un montant équivalent à son salaire net habituel sur les heures chômées. La perte est donc quasi nulle pour les bas salaires, ce qui constitue une protection essentielle du dispositif.

Peut on refuser d’être placé en activité partielle ?

Non. La mise en activité partielle relève d’une décision de l’employeur, après autorisation de la DREETS (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités). Le salarié ne peut pas s’y opposer, mais conserve tous ses droits contractuels : ancienneté, congés payés, couverture santé et prévoyance.

L’activité partielle ouvre t elle droit à l’allocation chômage (ARE) ?

Les heures chômées au titre de l’activité partielle ne sont pas indemnisées par France Travail mais directement par l’employeur (remboursé par l’ASP). Toutefois, si le contrat de travail est rompu par la suite, les périodes d’activité partielle sont prises en compte pour l’ouverture des droits à l’ARE. Pour estimer vos droits en cas de perte d’emploi, consultez notre calculateur allocation chômage ARE →.

Ce qu’il faut retenir

L’activité partielle reste un filet de sécurité efficace pour les salariés et les entreprises confrontés à une baisse temporaire d’activité. En 2026, l’indemnisation à 60 % du brut (70 % en APLD), encadrée par un plancher réévalué à 9,74 € et un plafond de 32,45 € par heure, offre une protection raisonnable du pouvoir d’achat. Le coût pour l’employeur reste maîtrisé grâce au remboursement partiel par l’État. En contrepartie, les salariés doivent rester vigilants quant à l’impact sur leurs droits à la retraite, particulièrement si les périodes d’activité réduite se prolongent sur plusieurs mois.

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