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Salaire & Impôts

Chômage : comment l allocation journalière est calculée

Calcul allocation chômage ARE : découvrez la formule du SJR, les taux de 57% et 40,4%, les montants planchers et plafonds 2026, avec un cas pratique chiffré complet.

20 juillet 2026 7 min de lecture
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Un ancien salarié licencié après deux ans de CDI touche rarement le montant qu’il imagine. La raison : l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) ne se calcule pas sur le dernier salaire net, mais sur un indicateur technique, le salaire journalier de référence (SJR), passé ensuite dans deux formules distinctes dont France Travail retient la plus favorable. Voici comment ce calcul fonctionne réellement en 2026, avec un exemple chiffré de bout en bout.

Le salaire journalier de référence (SJR), base de tout le calcul

Le SJR est le pivot du système. Il correspond aux rémunérations brutes perçues durant les 12 ou 24 derniers mois précédant la fin du contrat de travail (période de référence), divisées par le nombre de jours calendaires de cette période, selon les règles détaillées par France Travail sur francetravail.fr.

Seules les rémunérations soumises à contribution d’assurance chômage entrent dans ce total : salaire de base, primes récurrentes, heures supplémentaires. Les indemnités de rupture (licenciement, rupture conventionnelle) en sont exclues, sauf la fraction dépassant le minimum légal ou conventionnel, qui peut différer le point de départ de l’indemnisation.

Plus la période comporte de jours non travaillés ou de bas salaires, plus le SJR baisse. C’est pourquoi deux personnes au même salaire mensuel peuvent toucher une allocation journalière différente si l’une a connu des interruptions et l’autre non.

Les deux formules de calcul et la règle du montant le plus avantageux

Une fois le SJR établi, France Travail applique deux formules en parallèle et retient celle qui donne le résultat le plus élevé pour l’allocataire, comme le confirme la finance pour tous sur lafinancepourtous.com :

  • Formule 1 : 40,4 % du SJR + une partie fixe de 13,18 € par jour (montant en vigueur depuis le 1er juillet 2025)
  • Formule 2 : 57 % du SJR, sans partie fixe

La formule 1 avantage les bas et moyens salaires grâce à la partie fixe, qui pèse proportionnellement plus lourd. La formule 2 devient plus favorable pour les rémunérations plus élevées, où 57 % du SJR dépasse ce que donnerait 40,4 % plus le forfait.

Ce montant journalier est ensuite encadré par deux garde-fous :

  • Plafond : l’allocation journalière ne peut pas dépasser 75 % du SJR
  • Plancher : elle ne peut pas être inférieure à 32,13 € par jour depuis le 1er juillet 2025, sauf pour les allocataires à temps très partiel dont l’allocation est proratisée

Cas pratique : calcul complet pour un salarié licencié à 34 ans

Prenons Karim, 34 ans, en CDI depuis deux ans, licencié pour motif économique. Sur les 12 derniers mois, il a perçu un salaire brut mensuel stable de 2 200 €, soit 26 400 € brut sur l’année, sans interruption ni période non rémunérée.

Étape 1 : calcul du SJR

Le total des rémunérations brutes de la période de référence est divisé par le nombre de jours calendaires (365 jours pour une année complète travaillée sans coupure) :

SJR = 26 400 € / 365 jours = 72,33 €

Étape 2 : application des deux formules

FormuleCalculRésultat
Formule 1 (40,4 % + partie fixe)72,33 × 0,404 + 13,1842,42 €
Formule 2 (57 % du SJR)72,33 × 0,5741,23 €

France Travail retient le montant le plus élevé, donc la formule 1 : 42,42 € par jour.

Étape 3 : vérification des plafonds et planchers

Le plafond de 75 % du SJR équivaut à 72,33 × 0,75 = 54,25 €. Le montant obtenu (42,42 €) est inférieur, donc inchangé. Il est également largement supérieur au plancher de 32,13 €. L’allocation journalière brute de Karim est donc fixée à 42,42 €.

Étape 4 : passage au mensuel

France Travail verse l’allocation sur la base de tous les jours calendaires du mois (28, 30 ou 31 jours), pas seulement les jours ouvrés. Pour un mois de 30 jours :

42,42 € × 30 = 1 272,60 € brut par mois, avant prélèvement éventuel de la CSG et de la CRDS (retenues seulement si l’allocation journalière brute dépasse 55,55 € environ, ce qui n’est pas le cas ici, ni si cela ramène le montant sous le plancher).

Pour vérifier ce calcul avec son propre salaire et sa propre situation, il est plus rapide de passer par le calculateur chômage ARE, qui applique automatiquement les deux formules et les plafonds en vigueur.

À titre de comparaison, si Karim avait touché un salaire brut mensuel plus élevé, à 3 800 € par exemple, le SJR serait monté à environ 124,93 € (45 600 € / 365 jours). La formule 2 deviendrait alors la plus favorable : 124,93 × 0,57 = 71,21 €, contre 124,93 × 0,404 + 13,18 = 63,63 € pour la formule 1. C’est cette bascule entre les deux formules, selon le niveau de salaire, qui explique pourquoi il est risqué d’estimer son allocation de tête sans refaire le calcul complet.

Durée d’indemnisation : ce que change l’âge et l’ancienneté travaillée

La durée pendant laquelle l’allocation est versée dépend d’abord de la durée d’affiliation, c’est à dire du nombre de jours travaillés retenus dans la période de référence, selon le principe qu’un jour travaillé ouvre un jour d’indemnisation. Cette durée est ensuite plafonnée selon l’âge à la date de fin de contrat, comme le rappelle France Travail sur sa page dédiée aux seniors :

Âge à la fin du contratDurée maximale d’indemnisation
Moins de 55 ans548 jours (18 mois)
55 à 56 ans685 jours (22,5 mois)
57 ans et plusjusqu’à 825 jours (27 mois)

Pour ouvrir des droits, il faut justifier d’au moins 130 jours travaillés ou 910 heures au cours des 24 mois précédant la fin du contrat (36 mois pour les 55 ans et plus, qui bénéficient d’une période de recherche allongée). En dessous de ce seuil, aucune allocation n’est versée.

Dans le cas de Karim, âgé de 34 ans et ayant travaillé en continu pendant 24 mois avant son licenciement, sa durée d’affiliation théorique (730 jours) dépasse le plafond applicable à son âge. Son indemnisation sera donc plafonnée à 548 jours, soit environ 18 mois, et non calculée sur la totalité de ses deux années travaillées.

Ce qui fait varier le montant final au delà de la formule

Plusieurs éléments modifient le résultat obtenu par le simple calcul du SJR :

Le différé d’indemnisation. Si l’indemnité de rupture conventionnelle ou de licenciement dépasse le minimum légal, un différé spécifique s’applique avant le premier versement, dans la limite de 150 jours (75 jours en cas de licenciement économique). Un différé congés payés et un délai d’attente de 7 jours s’ajoutent systématiquement.

Le cumul avec une activité réduite. Un allocataire qui reprend une activité partielle continue de percevoir une partie de son ARE, recalculée en fonction des revenus déclarés chaque mois, sans que le cumul dépasse le salaire antérieur.

Les rémunérations variables. Primes annuelles, treizième mois ou heures supplémentaires irrégulières sont réparties sur la période de référence, ce qui peut lisser ou au contraire faire remonter le SJR selon leur date de versement.

Anticiper son allocation avant la fin de contrat

Le calcul du SJR et des deux formules n’est pas intuitif, mais il obéit à des règles fixes que France Travail applique automatiquement lors de l’inscription. Avant une rupture de contrat, la meilleure approche consiste à rassembler ses bulletins de salaire des 12 à 24 derniers mois et à simuler le montant attendu, afin d’anticiper le budget mensuel réel pendant la période de recherche d’emploi. Le calculateur chômage ARE permet d’obtenir cette estimation en quelques minutes, en tenant compte du salaire, de la durée travaillée et de l’âge, sans attendre le rendez-vous avec un conseiller.

Sources : France Travail (francetravail.fr), La finance pour tous (lafinancepourtous.com), service-public.fr.