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Salaire & Impôts

ASS 2026 : l allocation de solidarité spécifique après le chômage

ASS allocation solidarité spécifique 2026 : montant journalier, plafond de ressources, condition des 5 ans d'activité et cumul avec un emploi repris, chiffres à jour et calcul détaillé.

20 juillet 2026 7 min de lecture
ASS allocation solidarité spécifique chômage France Travail fin de droits chômage

Quand l’ARE (allocation d’aide au retour à l’emploi) s’arrête et qu’aucun contrat de travail n’a pris le relais, l’allocation de solidarité spécifique est souvent la seule ressource qui reste. Contrairement à l’ARE, elle n’est pas financée par l’assurance chômage mais par l’État, et son mode de calcul répond à une logique totalement différente : ce n’est pas un pourcentage de l’ancien salaire, mais un montant forfaitaire complété selon les ressources du foyer. Voici les chiffres exacts en vigueur depuis la revalorisation du 1er avril 2026, les conditions précises pour y avoir droit, et ce qu’il faut anticiper avec la réforme en préparation.

Le montant de l’ASS en 2026, jour par jour

Depuis le 1er avril 2026, le montant journalier de l’ASS est fixé à 19,48 euros. Sur un mois calculé en base de 30 jours (règle appliquée par France Travail pour cette allocation), cela donne :

Base de calculMontant
Montant journalier taux plein19,48 €
Montant mensuel taux plein (30 jours)584,40 €
Plafond de ressources, personne seule1 363,60 € / mois
Plafond de ressources, couple2 142,80 € / mois

Ce montant à taux plein n’est versé que si les ressources du foyer sur les 12 derniers mois, une fois ramenées à la moyenne mensuelle, ne dépassent pas le plafond individuel. Entre le plafond et le plafond diminué du montant de l’ASS, l’allocation est versée à taux réduit : elle comble exactement l’écart entre les ressources existantes et le plafond, jamais plus.

Concrètement, une personne seule qui perçoit déjà 900 euros de ressources mensuelles (pension alimentaire, activité partielle, revenu du conjoint dans le cas d’un couple, etc.) ne touchera pas les 584,40 euros pleins : elle recevra la différence entre son plafond et ses ressources, dans la limite du montant à taux plein.

Qui a droit à l’ASS : la condition des 5 ans qui bloque le plus de dossiers

L’ASS ne se déclenche pas automatiquement à la fin des droits ARE. Trois conditions cumulatives doivent être réunies, selon service-public.fr :

  • avoir épuisé ses droits à l’allocation chômage (ARE) sans avoir retrouvé d’emploi ;
  • justifier d’au moins 5 années d’activité salariée au cours des 10 années précédant la fin du contrat de travail qui a ouvert les droits à l’ARE ;
  • être inscrit comme demandeur d’emploi et rechercher activement un poste (ou en être dispensé pour un motif reconnu : invalidité, situation de parent isolé avec enfant à charge dans certains cas).

C’est cette condition des 5 ans d’activité sur 10 ans qui écarte le plus de demandes. Une carrière hachée, des périodes longues d’indépendant sans salariat, ou une reprise tardive du marché du travail après une interruption peuvent suffire à faire tomber le dossier sous ce seuil. À l’inverse, les périodes de maladie, maternité, service national ou stage de formation professionnelle sont assimilées à de l’activité et comptent dans le calcul des 5 ans.

L’allocation est accordée par périodes de 6 mois renouvelables. Il n’existe pas de durée maximale globale de versement : tant que les ressources restent sous le plafond et que la recherche d’emploi se poursuit, France Travail renouvelle le droit sans limite de nombre de renouvellements, contrairement à l’ARE qui a une durée fixe dès l’ouverture des droits.

Exemple chiffré : de la fin de l’ARE à l’ASS

Prenons le cas de Karim, 54 ans, ancien technicien de maintenance. Son contrat s’est terminé après 14 ans d’ancienneté continue chez le même employeur, largement au-dessus du seuil des 5 ans sur 10. Ses droits ARE, calculés sur un ancien salaire journalier de référence de 62 euros, se sont épuisés au bout de 24 mois d’indemnisation sans qu’il retrouve de poste. Pour visualiser précisément la durée et le montant de cette période d’ARE avant bascule, le calculateur ARE permet de simuler le capital de droits restant selon l’âge et le salaire de référence.

À la fin de ses droits ARE, Karim n’a aucune autre ressource : il est seul, sans pension, sans activité partielle. Ses ressources mensuelles moyennes sont donc de 0 euro, très en dessous du plafond de 1 363,60 euros. Il perçoit alors l’ASS à taux plein, soit 584,40 euros par mois. Il continue par ailleurs à valider des trimestres de retraite et à cumuler des points Agirc-Arrco pendant cette période, un avantage que n’offre pas le RSA.

Six mois plus tard, Karim retrouve un emploi à temps partiel rémunéré 650 euros net par mois. Comme ce montant dépasse le plafond de 1 363,60 euros une fois additionné à… non, dans son cas 650 euros reste sous le plafond : il continue donc à percevoir une ASS réduite, calculée comme la différence entre 1 363,60 euros et ses 650 euros de salaire, plafonnée au montant plein de 584,40 euros. Le cumul emploi et ASS reste ici possible et incitatif.

Cumuler l’ASS avec un emploi repris : les règles à connaître

C’est un point souvent ignoré : l’ASS n’est pas automatiquement coupée dès qu’un emploi est retrouvé. Le dispositif de cumul fonctionne ainsi :

  • pendant les 3 premiers mois de reprise d’activité, l’ASS peut être cumulée intégralement avec le salaire, sans réduction, quelle que soit la quotité de travail ;
  • au-delà de 3 mois, le cumul devient possible mais l’ASS est recalculée selon les ressources du mois, sur le principe du plafond décrit plus haut ;
  • si l’activité reprise dépasse 78 heures par mois ou dure plus de 3 mois consécutifs, une nouvelle évaluation des droits est faite par France Travail.

Ce mécanisme vise justement à ne pas décourager la reprise d’un temps partiel ou d’une mission courte, contrairement à une idée reçue selon laquelle “retravailler fait perdre l’ASS immédiatement”.

La réforme de suppression de l’ASS : où en est le dossier en 2026

Le projet de suppression de l’ASS, porté dans le cadre de la réforme de France Travail, prévoit de basculer les allocataires de l’ASS vers le RSA. Ce projet, évoqué depuis plusieurs mois par Gabriel Attal puis repris dans les débats budgétaires, n’est pas encore appliqué à la date de cet article : l’ASS continue d’être versée selon les règles décrites ci-dessus.

Le sujet reste sensible car RSA et ASS ne sont pas équivalents pour l’allocataire :

  • les plafonds de ressources du RSA sont nettement plus bas que ceux de l’ASS ;
  • contrairement à l’ASS, les périodes de RSA ne génèrent ni trimestres de retraite ni points de retraite complémentaire Agirc-Arrco ;
  • le RSA impose depuis 2025 une inscription automatique à France Travail avec un contrat d’engagement et 15 à 20 heures d’activité hebdomadaire, un cadre plus contraignant que celui de l’ASS.

Des associations regroupées au sein du collectif Alerte ont alerté sur le risque, pour les allocataires les plus âgés et les plus proches de la retraite, de perdre à la fois du pouvoir d’achat et des droits à pension si la bascule vers le RSA se confirme. À suivre : aucune date d’entrée en vigueur n’était fixée à la mi-2026, et le calendrier dépend directement des arbitrages budgétaires en cours.

Comment demander l’ASS

La demande se fait directement auprès de France Travail, via le formulaire dédié disponible dans l’espace personnel, dans le mois qui précède la fin des droits ARE. Aucune démarche séparée auprès de la CAF n’est nécessaire pour l’ouverture initiale du droit, bien que la CAF ou la MSA assure ensuite le versement mensuel de l’allocation pour le compte de France Travail. Un renouvellement est demandé tous les 6 mois, avec une déclaration actualisée des ressources du foyer : c’est cette déclaration qui détermine si l’allocation continue à taux plein, à taux réduit, ou si elle s’arrête faute de justifier encore du critère de recherche d’emploi ou du plafond de ressources.

Pour les personnes en fin de droits ARE qui hésitent entre reprendre une activité réduite ou attendre une opportunité à temps plein, le calculateur ARE reste l’outil de référence pour comparer, avant la bascule vers l’ASS, ce que rapporterait une reprise partielle d’activité par rapport au maintien des droits chômage classiques.