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Salaire & Impôts

Agirc-Arrco 2026 : valeur du point et calcul de la retraite complémentaire

Agirc Arrco valeur point 2026 : 1,4386 € en service, 20,1877 € à l'achat, gel confirmé jusqu'en novembre 2026. Formules de calcul, deux exemples chiffrés complets et coût réel du gel pour les retraités.

19 juillet 2026 8 min de lecture
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Pour la première fois depuis la fusion Agirc et Arrco en 2019, la valeur de service du point n’a pas été revalorisée au 1er novembre 2025. Réunis en conseil d’administration le 17 octobre 2025, syndicats et organisations patronales n’ont pas réussi à s’entendre, et le montant est resté figé à son niveau du 1er novembre 2024. Concrètement, chaque euro de pension complémentaire calculé aujourd’hui repose sur exactement les mêmes paramètres qu’il y a près de deux ans, pendant que le coût de la vie continue d’augmenter. Voici les deux valeurs à connaître pour 2026, les formules exactes de calcul, deux exemples chiffrés de bout en bout, jusqu’au montant de pension, et ce que ce gel coûte réellement à un retraité.

Les deux valeurs du point Agirc-Arrco en 2026

Le régime fonctionne par points, avec deux prix distincts pour un même point selon qu’on l’achète (en activité) ou qu’on le revend (à la retraite).

| Valeur | Montant 2026 | Rôle | |---|---|---| | Valeur d’achat du point | 20,1877 € | Prix d’un point, sert à calculer les droits acquis chaque année | | Valeur de service du point | 1,4386 € | Montant versé par point, sert à calculer la pension annuelle | | Rendement du régime | 7,13 % | Rapport entre la valeur de service et la valeur d’achat |

Les deux montants sont identiques à ceux de 2025 : aucune des deux valeurs n’a bougé d’un centime. La prochaine décision de revalorisation sera examinée à l’automne 2026 par le conseil d’administration Agirc-Arrco, pour une application éventuelle au 1er novembre 2026, si un accord est trouvé cette fois entre organisations patronales et syndicales.

Comment se calcule le nombre de points acquis

Chaque cotisation versée se transforme en points selon une règle fixe :

Nombre de points = assiette de cotisation × taux d’acquisition contractuel ÷ 20,1877 €

Deux tranches de rémunération coexistent, avec des taux différents. Sur la tranche 1, qui couvre le salaire jusqu’au plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026), le taux d’appel affiché sur le bulletin de paie est de 7,87 %, mais seul le taux contractuel de 6,20 % sert réellement à générer des points. Sur la tranche 2, qui court du premier plafond jusqu’à huit plafonds (soit environ 384 480 € en 2026), le taux d’appel est de 21,59 % pour un taux contractuel acquisiteur de 17 %. L’écart entre taux d’appel et taux contractuel finance l’équilibre du régime sans donner de droits supplémentaires : c’est une nuance que beaucoup de salariés ignorent en lisant leur fiche de paie.

Premier exemple : Camille, cadre à 42 000 € brut annuel

Camille perçoit un salaire brut annuel de 42 000 €, entièrement sous le plafond de la Sécurité sociale de 48 060 €. Aucun euro ne relève donc de la tranche 2 cette année.

  1. Assiette de cotisation tranche 1 : 42 000 €
  2. Part génératrice de droits, taux contractuel de 6,20 % : 42 000 × 6,20 % = 2 604 €
  3. Points acquis sur l’année : 2 604 ÷ 20,1877 = 129,0 points

En supposant, pour simplifier, une carrière complète de 40 ans au même niveau de salaire, Camille cumulerait 5 160 points (129,0 × 40, en ignorant les évolutions de carrière et de plafond, qui feraient normalement varier ce total). Une fois à la retraite, au tarif actuel :

Pension annuelle Agirc-Arrco = 5 160 points × 1,4386 € = 7 423 € brut par an, soit environ 619 € brut par mois, avant CSG, CRDS et éventuellement CASA selon le revenu fiscal de référence du foyer.

Ce calcul reste une simplification pédagogique : dans la réalité, chaque année de carrière génère un nombre de points différent selon le salaire perçu et selon l’évolution de la valeur d’achat au fil des années. Pour une projection tenant compte de votre carrière réelle, base et complémentaire réunies, le simulateur retraite calcule le montant total attendu à partir de votre situation actuelle.

L’effet tranche 2 : ce qui change avec une promotion

La tranche 2 change radicalement la donne pour les cadres bien rémunérés, puisqu’elle applique un taux d’acquisition presque trois fois supérieur à celui de la tranche 1. Reprenons Camille, promue l’année suivante avec un salaire brut annuel porté à 55 000 €, soit 6 940 € au-dessus du plafond de 48 060 €.

| Étape | Calcul | Points | |---|---|---| | Tranche 1 (plafonnée à 48 060 €) | 48 060 × 6,20 % ÷ 20,1877 | 147,6 | | Tranche 2 (sur les 6 940 € restants) | 6 940 × 17 % ÷ 20,1877 | 58,4 | | Total de l’année | 147,6 + 58,4 | 206,0 |

Le salaire de Camille a augmenté de 31 % (de 42 000 à 55 000 €), mais son nombre de points acquis sur l’année a bondi de près de 60 % (de 129,0 à 206,0 points). Cet effet mécanique explique pourquoi les cadres à hauts revenus accumulent proportionnellement plus de droits complémentaires que de droits de base, ces derniers étant plafonnés dès le premier seuil de la Sécurité sociale.

Le coefficient de solidarité : un malus définitivement supprimé

Beaucoup de futurs retraités s’interrogent encore sur ce mécanisme par réflexe, alors qu’il a disparu. Le coefficient de solidarité, aussi appelé bonus-malus, avait été instauré en 2019 lors de la fusion Agirc-Arrco pour inciter les salariés nés à partir de 1957 à repousser leur départ : il appliquait une minoration temporaire de 10 % sur la pension complémentaire pendant trois ans, ou jusqu’à 67 ans maximum, pour ceux qui liquidaient leur retraite dès l’obtention du taux plein à la retraite de base sans décaler d’un an supplémentaire.

Ce malus a été supprimé en deux temps : d’abord pour les départs à compter du 1er décembre 2023, puis, à partir du 1er avril 2024, pour l’ensemble des retraités qui le subissaient encore, y compris ceux partis avant cette date. Selon les chiffres communiqués par les partenaires sociaux de l’Agirc-Arrco, environ 700 000 retraités ont ainsi retrouvé le versement intégral de leur pension complémentaire à cette occasion. En 2026, il n’existe donc plus aucune minoration liée à ce dispositif : le taux plein à la retraite de base suffit à percevoir une pension Agirc-Arrco sans abattement de ce type.

Où vérifier son solde de points

Le nombre de points accumulés chaque année figure sur le relevé de carrière consultable depuis l’espace personnel du site agirc-arrco.fr, ainsi que sur le bulletin de salaire en cours d’année, sous une mention du type “points retraite complémentaire”. Il est recommandé de contrôler ce relevé au moins une fois tous les cinq ans, en particulier après un changement d’employeur, une période de chômage indemnisé qui génère aussi des points sans cotisation, ou un congé maladie de longue durée. Une erreur de report, notamment sur des postes anciens ou lors de la fusion de 2019, se corrige nettement plus facilement quelques années après les faits qu’au moment de la liquidation de la pension.

Ce que le gel de 2026 coûte réellement

Pour un retraité, l’absence de revalorisation au 1er novembre 2025 n’est pas neutre. L’INSEE anticipe une inflation autour de 2 % sur l’ensemble de 2026, tandis que la Banque de France retient une estimation plus haute, proche de 2,5 %, notamment sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie. En prenant l’hypothèse basse de 2 %, un retraité percevant 600 € brut mensuels de pension complémentaire aurait dû gagner environ 12 € de plus par mois si la revalorisation avait suivi l’inflation, soit près de 144 € sur l’année pleine. Avec l’hypothèse haute de la Banque de France, la perte grimperait autour de 180 € sur l’année. Ce montant reste modeste à l’échelle individuelle, mais il illustre une rupture de méthode : depuis 2019, la règle était une indexation quasi automatique sur l’inflation, ajustée d’un point de rigueur budgétaire. Le blocage des négociations fin 2025 casse cette mécanique et laisse planer une incertitude sur la décision d’automne 2026.

Simuler sa future pension complémentaire

Pour un salarié encore en activité, l’enjeu principal n’est pas la valeur du point d’une année isolée, mais l’accumulation sur toute la carrière : niveau de salaire, durée de cotisation, part de rémunération en tranche 2 pour les cadres. Ces paramètres pèsent bien plus lourd dans le montant final que les variations annuelles de quelques centimes sur la valeur d’achat ou de service. Le simulateur retraite de Calcunet permet d’estimer, à partir de votre situation actuelle, le montant cumulé de votre future pension de base et complémentaire, et d’anticiper l’effet d’une augmentation de salaire ou d’une année de cotisation supplémentaire sur le résultat final.

Trois repères à retenir pour 2026 : valeur d’achat du point à 20,1877 €, valeur de service gelée à 1,4386 € jusqu’à la décision d’automne 2026, et coefficient de solidarité définitivement supprimé depuis avril 2024. Ce sont ces trois données, et non des estimations approximatives, qu’il faut utiliser pour tout calcul de retraite complémentaire cette année.