Impact-Site-Verification: b08d1e25-1766-4a07-afed-cb737caf3195 Aller au contenu
Salaire & Impôts

AAH 2026 : montant, conditions et déconjugalisation

AAH allocation adulte handicapé 2026 : montant maximal après revalorisation, taux d'incapacité requis, calcul du plafond et effets concrets de la déconjugalisation depuis octobre 2023.

20 juillet 2026 8 min de lecture
AAH allocation adulte handicapé déconjugalisation MDPH handicap

L’allocation aux adultes handicapés a été revalorisée le 1er avril 2026 : +0,8 %, pour un montant maximal qui passe de 1 033,32 € à 1 041,59 € par mois. Ce guide détaille les montants exacts, les deux voies d’accès selon le taux d’incapacité, le calcul du plafond de ressources et les conséquences concrètes de la déconjugalisation entrée en vigueur en octobre 2023.

Le montant de l’AAH en 2026, chiffre par chiffre

Le montant maximal de l’AAH à taux plein s’élève à 1 041,59 € par mois depuis le 1er avril 2026, contre 1 033,32 € auparavant. Cette hausse de 0,8 % est indexée sur l’inflation et s’applique automatiquement, sans démarche à effectuer. La revalorisation est visible sur le versement effectué début mai 2026, la CAF payant les prestations du mois en cours au début du mois suivant.

ÉlémentMontant 2026
AAH à taux plein (personne seule, aucune ressource)1 041,59 €/mois
Plafond de ressources annuel (personne seule)12 499 €
Majoration pour la vie autonome (MVA)104,77 €/mois
Majoration du plafond par enfant à charge+ 6 250 €/an

Ce montant de 1 041,59 € n’est versé en intégralité que si vous ne percevez aucune autre ressource imposable. Dès que des revenus existent (salaire, pension, autre allocation), l’AAH devient différentielle : elle complète vos ressources jusqu’à ce plafond, sans jamais le dépasser.

Deux voies d’accès selon le taux d’incapacité

L’AAH n’est pas ouverte à tous les niveaux de handicap. La commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH), au sein de la MDPH, évalue un taux d’incapacité qui conditionne l’éligibilité.

Taux d’incapacité de 80 % ou plus

Si la CDAPH reconnaît un taux d’incapacité permanente égal ou supérieur à 80 %, l’AAH est accordée sans condition supplémentaire liée à l’emploi. C’est la situation la plus fréquente pour les handicaps lourds ou les pathologies invalidantes reconnues comme telles.

Taux d’incapacité entre 50 % et 79 % avec restriction substantielle et durable pour l’accès à l’emploi

En dessous de 80 %, l’AAH reste accessible entre 50 % et 79 % d’incapacité, mais à une condition supplémentaire : la CDAPH doit reconnaître une restriction substantielle et durable pour l’accès à l’emploi (RSDAE), compte tenu du handicap. Cette restriction est jugée durable si elle est prévisible pour une période d’au moins un an à compter de la demande. Sans cette reconnaissance, un taux de 50 à 79 % ne suffit pas à ouvrir le droit à l’AAH.

Dans les deux cas, la demande passe obligatoirement par un dossier MDPH (formulaire Cerfa 15692 et certificat médical), avant tout examen des ressources par la CAF ou la MSA.

Comment se calcule le montant réellement versé

Le calcul repose sur une formule simple : AAH versée = plafond de ressources annuel moins ressources annuelles prises en compte, divisé par 12. Le plafond 2026 pour une personne seule est de 12 499 € par an, soit 12 fois le montant mensuel maximal.

Exemple chiffré. Karim, 34 ans, reconnu à 80 % d’incapacité, vit seul et perçoit une pension d’invalidité de catégorie 1 de 400 € par mois, soit 4 800 € sur l’année. Le calcul est le suivant : 12 499 € (plafond annuel) moins 4 800 € (ressources annuelles) = 7 699 €, divisé par 12 mois = 641,58 € d’AAH mensuelle. Karim touche donc 641,58 € d’AAH en complément de sa pension de 400 €, pour un total mensuel de 1 041,58 €, soit très exactement le plafond.

Ce mécanisme différentiel signifie qu’aucun bénéficiaire de l’AAH ne peut dépasser le plafond de ressources en cumulant AAH et autres revenus déclarés dans l’assiette. Les revenus d’activité professionnelle bénéficient toutefois d’un abattement spécifique qui rend le cumul avec un emploi partiel plus avantageux qu’un calcul brut ne le laisserait penser.

La déconjugalisation depuis octobre 2023 : ce qui change concrètement

Depuis le 1er octobre 2023, le montant de l’AAH ne dépend plus des revenus du conjoint, concubin ou partenaire de Pacs. Seules les ressources personnelles du bénéficiaire entrent désormais dans le calcul. Avant cette réforme, les revenus du conjoint étaient intégrés au foyer et réduisaient, parfois à zéro, le montant de l’AAH d’une personne handicapée vivant en couple avec un partenaire aux revenus confortables.

Concrètement, que le conjoint gagne 1 500 € ou 4 000 € par mois ne change plus rien au calcul : si le bénéficiaire n’a personnellement aucune ressource, il perçoit l’AAH à taux plein de 1 041,59 €, exactement comme une personne seule. Cette bascule a été automatique pour tous les foyers concernés, sauf pour les couples pour qui l’ancien mode de calcul conjugalisé restait plus favorable : dans ce cas précis, une clause de maintien des droits s’applique tant que la situation reste plus avantageuse.

Cette réforme a concrètement augmenté les droits de dizaines de milliers de bénéficiaires en couple qui touchaient une AAH réduite, voire nulle, uniquement à cause des revenus de leur partenaire.

AAH, RSA et autres minima sociaux : ne pas cumuler par erreur

L’AAH et le RSA ne se cumulent pas : ce sont deux minima sociaux exclusifs l’un de l’autre pour une même période. Si votre taux d’incapacité est inférieur à 50 %, ou si la RSDAE n’est pas reconnue entre 50 et 79 %, la MDPH oriente généralement vers le RSA plutôt que vers l’AAH. Avant de déposer un dossier MDPH ou en cas de doute sur le dispositif le plus adapté à votre situation, comparez les deux montants avec le simulateur RSA, qui calcule le montant potentiel selon votre composition familiale et vos ressources actuelles.

Si votre demande d’AAH est refusée faute de taux suffisant, ou si vos droits arrivent à échéance sans renouvellement, le RSA reste souvent le filet de sécurité immédiat le temps de contester la décision ou de déposer un nouveau dossier. Le simulateur RSA permet d’anticiper ce montant de transition avant même la décision de la CDAPH.

La majoration pour la vie autonome, un complément trop souvent ignoré

La majoration pour la vie autonome (MVA) ajoute 104,77 € par mois à l’AAH, sous cinq conditions cumulatives : taux d’incapacité reconnu à 80 % ou plus, aucune activité professionnelle au moment de la demande, logement autonome (ni institution, ni hébergement gratuit chez un tiers), perception d’une aide au logement (APL, ALF ou ALS) pour ce logement, et perception effective de l’AAH, à taux plein ou différentiel. La MVA est versée automatiquement par la CAF ou la MSA dès lors que ces conditions sont remplies : aucune démarche spécifique n’est nécessaire, mais l’aide au logement doit être active pour déclencher le versement.

Déposer une demande : le circuit MDPH en pratique

La demande d’AAH se dépose exclusivement auprès de la MDPH du département de résidence, via le formulaire Cerfa 15692 accompagné d’un certificat médical de moins de 12 mois. Le délai d’instruction moyen constaté varie selon les départements, souvent entre 4 et 8 mois, ce qui justifie d’anticiper le dépôt du dossier bien avant l’échéance des droits en cours si vous êtes déjà bénéficiaire. La décision de la CDAPH fixe à la fois le taux d’incapacité et, le cas échéant, la durée d’attribution, qui peut aller jusqu’à 10 ans pour les handicaps stables et non susceptibles d’évolution favorable, contre 1 à 5 ans pour les situations réexaminées régulièrement.

Une fois la décision MDPH notifiée, c’est la CAF ou la MSA qui calcule et verse le montant exact selon vos ressources déclarées, en appliquant automatiquement la formule différentielle et, si applicable, la déconjugalisation entrée en vigueur en octobre 2023.

Ressources prises en compte et abattements à connaître

Toutes les ressources ne pèsent pas de la même façon dans le calcul du plafond de 12 499 € par an. Les revenus d’activité professionnelle du bénéficiaire bénéficient d’un abattement de 20 % avant intégration au calcul, ce qui rend l’exercice d’une activité à temps partiel financièrement cohérent avec le maintien d’une AAH différentielle. Les pensions alimentaires reçues, les revenus fonciers et les pensions d’invalidité ou de retraite sont en revanche pris en compte à 100 % de leur montant net imposable. Les prestations familiales (allocations familiales, complément familial) ainsi que la prestation de compensation du handicap (PCH) sont exclues du calcul et n’affectent pas le montant de l’AAH.

Pour un couple, même déconjugalisé sur le calcul des ressources, le plafond de 12 499 € reste individuel et ne se cumule pas mécaniquement à celui d’un éventuel second bénéficiaire du foyer : chaque personne reconnue par la CDAPH fait l’objet d’un calcul distinct sur ses propres ressources personnelles, ce qui est précisément l’apport de la réforme d’octobre 2023.