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Salaire & Impôts

Retraite 2026 : âge de départ, trimestres et réforme Borne

Âge légal de départ à la retraite, trimestres requis par génération et options de surcote, décote et retraite progressive après la réforme 2023.

3 juillet 2026 6 min de lecture
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Un salarié né en 1966 devra attendre 63 ans et 6 mois pour partir à la retraite à taux plein en 2026 — soit 18 mois de plus que ce que prévoyait la législation d’avant la réforme. La loi du 14 avril 2023 a reculé l’âge légal de départ de 62 à 64 ans, avec une montée en charge progressive par génération. Pour ceux qui prennent leur décision en 2026, les paramètres sont désormais figés : chaque génération connaît son âge légal et son nombre de trimestres requis.

Le calendrier de la réforme : âge légal et trimestres par génération

Année de naissanceÂge légal de départTrimestres requis (taux plein)
196162 ans et 3 mois169
196262 ans et 6 mois169
196362 ans et 9 mois170
196463 ans171
196563 ans et 3 mois172
196663 ans et 6 mois172
196763 ans et 9 mois172
1968 et après64 ans172

L’âge légal est le premier jour où le départ est possible. Le taux plein nécessite en plus d’avoir cotisé le nombre de trimestres requis. Les deux conditions sont cumulatives : avoir l’âge et les trimestres. Si l’une manque, la pension est réduite — c’est la décote.

Cas particulier : l’âge d’annulation de la décote reste fixé à 67 ans, quelle que soit la génération. Un assuré qui n’a pas tous ses trimestres peut toujours partir à 67 ans avec un taux plein automatique.

La décote : combien coûte un trimestre manquant

Pour chaque trimestre manquant (dans la limite de 20 trimestres), la pension est réduite de 1,25 %, soit 0,625 point de taux par trimestre. Le taux plein de 50 % peut ainsi descendre jusqu’à 37,5 % pour un assuré à qui il manque 20 trimestres.

Illustration : un salarié né en 1966, partant à 63 ans et 6 mois avec 168 trimestres au lieu de 172, subit une décote de 4 × 1,25 % = 5 %. Sa pension de base est réduite de 5 % par rapport au montant à taux plein, et ce pour toute la durée de la retraite — la décote n’est pas temporaire.

Le calcul de la décote prend en compte le nombre de trimestres le plus favorable entre :

  • Les trimestres manquants par rapport à la durée requise (172 pour la génération 1966)
  • Les trimestres séparant l’âge de départ de l’âge de 67 ans

La surcote : un bonus permanent

Travailler au-delà de l’âge légal avec tous ses trimestres génère une surcote de 1,25 % par trimestre supplémentaire. Quatre trimestres de plus, c’est 5 % de pension supplémentaire, à vie.

La surcote est un des rares mécanismes qui augmente la pension de manière proportionnelle et non plafonnée. Contrairement à la décote, chaque trimestre de surcote s’ajoute mécaniquement. Pour un salarié dont la pension à taux plein serait de 1 500 €/mois, quatre trimestres de surcote ajoutent 75 €/mois, soit 900 €/an — un rendement souvent supérieur à celui d’un placement financier, puisque le gain est viager.

Calcul à faire : comparer le gain viager de la surcote avec le revenu net du maintien en emploi. La surcote n’est pas un cadeau — c’est un salaire décalé dans le temps, versé sous forme de rente majorée.

La retraite progressive : partir à mi-temps avant l’heure

La retraite progressive permet de réduire son activité à partir de deux ans avant l’âge légal (soit 62 ans pour la génération 1968), sous réserve d’avoir au moins 150 trimestres cotisés. Le principe :

  • Le salarié passe à temps partiel (entre 40 % et 80 % d’un temps plein)
  • Il perçoit une fraction de sa pension correspondant à la quotité non travaillée
  • Les cotisations continuent de s’accumuler sur la partie travaillée

C’est un dispositif de transition qui permet de lisser la perte de revenus. Un salarié passant à 60 % perçoit 60 % de son salaire + 40 % de sa pension estimée. Le total est inférieur au salaire à temps plein, mais supérieur à la pension seule.

Depuis la réforme, l’employeur ne peut pas refuser la retraite progressive à un salarié remplissant les conditions — sauf à invoquer un motif d’incompatibilité avec l’activité. Le refus doit être motivé par écrit dans les deux mois.

Source : service-public.fr — Retraite progressive.

Cumul emploi-retraite : reprendre un emploi après la liquidation

Depuis le 1er septembre 2023, le cumul emploi-retraite intégral (possible si le retraité a liquidé toutes ses pensions à taux plein) permet de créer de nouveaux droits à pension. C’est un changement majeur : auparavant, les cotisations versées en cumul emploi-retraite étaient perdues.

Conditions du cumul intégral :

  • Avoir l’âge légal et le taux plein
  • Avoir liquidé toutes ses pensions de base et complémentaires
  • Respecter un délai de carence de 6 mois chez le dernier employeur

La pension de cumul est calculée selon les mêmes règles que la pension principale, mais elle est plafonnée à 5 % du PASS par an (environ 2 403 € en 2026). Elle est liquidée au moment où le retraité cesse définitivement son activité de cumul.

Les trimestres : comment les acquérir

Un trimestre n’est pas un trimestre calendaire. Il s’acquiert par le montant de revenus soumis à cotisation : en 2026, il faut un revenu au moins égal à 1 803 € (150 heures au SMIC) pour valider un trimestre. Quatre trimestres maximum par an.

Les périodes assimilées comptent aussi : chômage indemnisé (1 trimestre par période de 50 jours), maladie longue durée, maternité (1 trimestre par accouchement + majoration de 4 trimestres par enfant pour les mères), service militaire. Le rachat de trimestres d’études supérieures est possible, mais coûteux — entre 4 000 et 7 000 € par trimestre selon l’âge et l’option choisie.

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