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Fiscalité

Flat tax vs barème progressif : comment choisir en 2026 ?

PFU ou barème progressif pour vos revenus du capital ? Comparatif chiffré, seuils de bascule et stratégie optimale selon votre TMI en 2026.

8 juillet 2026 9 min de lecture
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La flat tax n’est PAS toujours la meilleure option

Depuis 2018, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) — plus connu sous le nom de “flat tax” — s’applique par défaut à vos revenus du capital. Son taux fixe de 30 % a le mérite de la simplicité. Mais simplicité ne veut pas dire optimalité.

Chaque année, des milliers de contribuables laissent de l’argent sur la table en ne cochant pas la bonne case sur leur déclaration. Selon votre tranche marginale d’imposition (TMI), opter pour le barème progressif peut vous faire économiser plusieurs centaines, voire plusieurs milliers d’euros.

Dans ce guide, on pose les chiffres à plat, on compare les deux régimes et on vous donne les clés pour faire le bon choix en 2026.

Rappel : comment fonctionne le PFU (flat tax)

Le PFU est un prélèvement global de 30 % qui se décompose en deux parties :

  • 12,8 % d’impôt sur le revenu
  • 17,2 % de prélèvements sociaux (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité)

Il s’applique aux dividendes, intérêts, plus-values mobilières et assurance-vie (pour les versements après le 27/09/2017 au-delà de 150 000 euros).

Le PFU est libératoire : les revenus concernés ne sont pas ajoutés à vos autres revenus pour le calcul de l’impôt. C’est son principal avantage pour les hauts revenus.

Base légale : article 200 A du Code général des impôts (CGI).

Et le barème progressif, comment ça marche ?

En cochant la case 2OP de votre déclaration, vous renoncez au PFU et soumettez l’ensemble de vos revenus du capital au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus dans les deux cas.

La différence majeure : pour les dividendes, vous bénéficiez d’un abattement de 40 % avant application du barème (article 158-3-2° du CGI). Concrètement, sur 10 000 euros de dividendes, seuls 6 000 euros sont soumis au barème.

En prime, une partie de la CSG (6,8 %) devient déductible de votre revenu imposable l’année suivante.

Les tranches du barème 2026 (revenus 2025)

| Tranche de revenu imposable (par part) | Taux | |---|---| | Jusqu’à 11 600 euros | 0 % | | De 11 601 euros à 29 579 euros | 11 % | | De 29 580 euros à 84 577 euros | 30 % | | De 84 578 euros à 181 917 euros | 41 % | | Au-delà de 181 917 euros | 45 % |

Le comparatif chiffré : PFU vs barème selon votre TMI

Prenons 10 000 euros de dividendes et comparons l’imposition nette dans chaque régime selon votre tranche marginale.

Avec le PFU (flat tax)

  • IR : 10 000 x 12,8 % = 1 280 euros
  • PS : 10 000 x 17,2 % = 1 720 euros
  • Total : 3 000 euros (30 %)
  • Net après impôt : 7 000 euros

Avec le barème progressif

Le calcul intègre l’abattement de 40 % sur les dividendes et la déductibilité partielle de la CSG.

| TMI | Base imposable (après abattement 40 %) | IR sur dividendes | PS (17,2 %) | Total prélevé | Net après impôt | Ecart vs PFU | |---|---|---|---|---|---|---| | 0 % | 6 000 euros | 0 euros | 1 720 euros | 1 720 euros | 8 280 euros | +1 280 euros | | 11 % | 6 000 euros | 660 euros | 1 720 euros | 2 380 euros | 7 620 euros | +620 euros | | 30 % | 6 000 euros | 1 800 euros | 1 720 euros | 3 520 euros | 6 480 euros | -520 euros | | 41 % | 6 000 euros | 2 460 euros | 1 720 euros | 4 180 euros | 5 820 euros | -1 180 euros | | 45 % | 6 000 euros | 2 700 euros | 1 720 euros | 4 420 euros | 5 580 euros | -1 420 euros |

Conclusion immédiate : le barème progressif est plus avantageux si votre TMI est de 0 % ou 11 %. A partir de la tranche à 30 %, le PFU l’emporte.

Note : ce tableau simplifie volontairement le calcul. En réalité, la déductibilité de la CSG (6,8 % de 10 000 euros = 680 euros) réduit légèrement la base imposable l’année suivante pour ceux au barème, ce qui peut rendre le barème compétitif même en bas de la tranche à 30 %. D’où l’intérêt de simuler votre cas précis.

Exemple concret n°1 : Marc, célibataire

Profil : Marc, 32 ans, célibataire sans enfant. Salaire net imposable : 35 000 euros. Dividendes perçus : 8 000 euros.

Option 1 — PFU

  • Impôt sur salaire : calculé normalement au barème (TMI à 30 %)
  • Impôt sur dividendes : 8 000 x 30 % = 2 400 euros
  • Net de dividendes : 5 600 euros

Option 2 — Barème progressif

  • Revenu imposable total : 35 000 + (8 000 x 60 %) = 35 000 + 4 800 = 39 800 euros
  • Les 4 800 euros de dividendes imposables tombent dans la tranche à 30 %
  • IR supplémentaire sur dividendes : 4 800 x 30 % = 1 440 euros
  • PS sur dividendes : 8 000 x 17,2 % = 1 376 euros
  • Total sur dividendes : 2 816 euros
  • Net de dividendes : 5 184 euros

Verdict pour Marc : le PFU est plus avantageux. Il garde 416 euros de plus avec la flat tax. Sa TMI à 30 % rend le barème défavorable malgré l’abattement.

Exemple concret n°2 : Sophie et Thomas, couple marié

Profil : couple marié, 2 enfants (3 parts fiscales). Revenus salariaux combinés : 48 000 euros. Dividendes : 12 000 euros.

Option 1 — PFU

  • Impôt sur dividendes : 12 000 x 30 % = 3 600 euros
  • Net de dividendes : 8 400 euros

Option 2 — Barème progressif

  • Revenu imposable par part (salaires seuls) : 48 000 / 3 = 16 000 euros —> TMI à 11 %
  • Dividendes imposables : 12 000 x 60 % = 7 200 euros
  • Revenu total : 48 000 + 7 200 = 55 200 euros
  • Par part : 55 200 / 3 = 18 400 euros —> TMI reste à 11 %
  • IR supplémentaire sur dividendes : 7 200 x 11 % = 792 euros
  • PS : 12 000 x 17,2 % = 2 064 euros
  • Total sur dividendes : 2 856 euros
  • Net de dividendes : 9 144 euros

Verdict pour Sophie et Thomas : le barème progressif leur fait économiser 744 euros. Avec une TMI à 11 %, le choix est sans appel.

Attention : l’option est irrévocable et globale

Deux points essentiels à garder en tête avant de cocher la case 2OP :

  1. L’option est globale : elle s’applique à tous vos revenus du capital de l’année (dividendes, intérêts, plus-values). Vous ne pouvez pas choisir le PFU pour vos intérêts et le barème pour vos dividendes.

  2. L’option est irrévocable pour l’année concernée : une fois votre déclaration validée après la date limite, vous ne pouvez plus revenir en arrière.

Cela signifie que si vous avez à la fois des dividendes (pour lesquels le barème peut être intéressant grâce à l’abattement de 40 %) et des intérêts ou plus-values (qui ne bénéficient d’aucun abattement au barème), il faut faire le calcul global. Un gain sur les dividendes peut être annulé par une perte sur les intérêts.

Le cas particulier des plus-values mobilières

Pour les plus-values de cession de valeurs mobilières, le barème progressif peut ouvrir droit à des abattements pour durée de détention, mais uniquement pour les titres acquis avant le 1er janvier 2018 :

  • 50 % d’abattement entre 2 et 8 ans de détention
  • 65 % au-delà de 8 ans

Pour les titres acquis après cette date, aucun abattement ne s’applique au barème. Le PFU est alors presque toujours préférable (sauf TMI à 0 % ou 11 %).

Verdict : comment trancher ?

Voici la règle simplifiée :

| Votre TMI | Choix recommandé | Pourquoi | |---|---|---| | 0 % | Barème progressif | Aucun IR à payer, vous économisez les 12,8 % du PFU | | 11 % | Barème progressif | 11 % sur 60 % de la base = 6,6 % effectif < 12,8 % du PFU | | 30 % | PFU (en général) | 30 % sur 60 % = 18 % effectif > 12,8 %, sauf cas marginaux | | 41 % | PFU | Ecart trop important en faveur du PFU | | 45 % | PFU | Idem |

Le seuil de bascule se situe entre la tranche à 11 % et celle à 30 %. Si vous êtes en bas de la tranche à 30 %, la déductibilité de la CSG peut rendre le barème marginalement intéressant. Mais dans la majorité des cas, la frontière est claire.

Simulez avant de déclarer

Les exemples ci-dessus donnent des ordres de grandeur, mais votre situation réelle dépend de nombreux paramètres : nombre de parts, revenus fonciers, autres revenus du capital, déductions diverses.

Ne laissez pas d’argent sur la table. Simulez votre situation exacte avec notre calculateur de dividendes pour savoir précisément combien vous gagnez (ou perdez) en cochant la case 2OP.

Vous pouvez aussi vérifier votre TMI actuelle pour vous situer rapidement avant de faire votre choix.