ARE 2026 : calcul du montant, durée et dégressivité
Comment Pole emploi calcule l'allocation chômage. SJR, 57 %, durée selon ancienneté, dégressivité hauts revenus et cumul emploi-ARE.
Un salarié licencié après 10 ans à 3 000 euros bruts mensuels touchera environ 1 554 euros nets d’ARE par mois pendant 24 mois. S’il gagnait 8 000 euros bruts, son allocation initiale de 4 069 euros sera réduite de 30 % au septième mois. Le système d’assurance chômage est redistributif par conception : il remplace une part décroissante du salaire à mesure que celui-ci augmente.
Le salaire journalier de référence : la base de tout
Le calcul de l’ARE commence par la détermination du salaire journalier de référence (SJR). La formule est simple en apparence :
SJR = salaires bruts des 24 derniers mois / nombre de jours calendaires travaillés
Pour les salariés de 53 ans et plus, la période de référence est étendue à 36 mois. Les salaires pris en compte sont les rémunérations brutes soumises à contributions d’assurance chômage — primes incluses, indemnités de licenciement exclues.
Le nombre de jours au dénominateur n’est pas le nombre de jours travaillés au sens strict : c’est le nombre de jours calendaires entre le premier et le dernier jour d’emploi sur la période, y compris les week-ends et jours fériés. Ce point technique a un impact significatif sur le SJR.
Source : service-public.fr — Allocation chômage.
Le montant journalier : deux formules, un plancher
France Travail applique deux formules et retient la plus avantageuse pour l’allocataire :
- 40,4 % du SJR + 12,95 euros (part fixe)
- 57 % du SJR
Le montant ne peut pas être inférieur à 31,59 euros par jour (plancher) ni dépasser 75 % du SJR (plafond). En 2026, le montant maximal de l’ARE est d’environ 274 euros par jour, soit environ 8 220 euros bruts par mois — ce qui correspond à un salaire brut antérieur d’environ 14 400 euros mensuels.
Pour les salaires courants, c’est la formule à 57 % du SJR qui s’applique dans la grande majorité des cas. La formule avec part fixe avantage les bas salaires.
Le taux de remplacement réel diminue avec le salaire. A 2 000 euros bruts, l’ARE représente environ 72 % du brut antérieur. A 5 000 euros bruts, elle tombe à 57 %. A 10 000 euros bruts, avant dégressivité, elle est de 57 % — mais le plafond des 75 % du SJR ne joue que très rarement.
La durée d’indemnisation : le miroir de l’ancienneté
La durée maximale d’indemnisation dépend de la durée d’affiliation (nombre de jours travaillés) et de l’âge à la fin du contrat :
| Durée d’affiliation | Moins de 53 ans | 53-54 ans | 55 ans et plus | |---|---|---|---| | 6 mois (130 jours) | 182 jours (6 mois) | 182 jours | 182 jours | | 12 mois | 365 jours | 365 jours | 365 jours | | 24 mois | 730 jours (24 mois) | 730 jours | 730 jours | | 27 mois | 730 jours | 822 jours (27 mois) | 822 jours | | 36 mois | 730 jours | 822 jours | 1 095 jours (36 mois) |
Le principe de base est 1 jour travaillé = 1 jour indemnisé, avec les plafonds ci-dessus. Depuis la réforme de 2023, les conditions d’éligibilité minimales requièrent 6 mois de travail sur les 24 derniers mois (contre 4 mois sur 28 avant la réforme).
La dégressivité : le mécanisme qui cible les hauts revenus
Depuis juillet 2021, les allocataires dont le SJR dépasse un seuil (environ 159 euros par jour, soit environ 4 770 euros bruts mensuels) subissent une réduction de 30 % de leur allocation après :
- 6 mois (182 jours) pour les moins de 57 ans
- 6 mois également (le seuil d’âge a été abaissé)
La réduction s’applique sur la part du montant qui dépasse le plancher de 92,12 euros par jour. En pratique, un cadre à 6 000 euros bruts qui touchait 3 420 euros d’ARE les 6 premiers mois verra son allocation baisser à environ 2 500 euros à partir du 7e mois.
Point stratégique : la dégressivité ne s’applique pas aux allocataires en formation validée par France Travail. L’inscription à une formation longue (reconversion, bilan de compétences qualifiant) permet de maintenir l’allocation au taux plein pendant la durée de la formation.
Cumul emploi-ARE : travailler sans perdre ses droits
La reprise d’un emploi à temps partiel ou en CDD pendant la période d’indemnisation permet de cumuler salaire et ARE, selon la règle suivante :
ARE versée = ARE mensuelle - 70 % du salaire brut mensuel
Si le résultat est positif, l’allocataire touche la différence. Les jours non indemnisés sont reportés et allongent d’autant la durée totale des droits. Ce mécanisme de cumul est financièrement intéressant : un allocataire à 1 500 euros d’ARE qui reprend un emploi à 1 000 euros bruts touche 1 500 - 700 = 800 euros d’ARE + 1 000 euros de salaire brut, soit un revenu total supérieur à ce qu’il percevrait en restant sans emploi.
Démission et rupture conventionnelle
Le droit à l’ARE suppose une perte involontaire d’emploi. Les licenciements (y compris pour faute grave), les fins de CDD et les ruptures conventionnelles ouvrent droit à l’ARE. La démission, en principe, n’ouvre pas de droits — sauf dans deux cas :
- Démission légitime : suivi de conjoint, création d’entreprise (sous conditions), non-paiement des salaires, actes délictueux de l’employeur
- Réexamen après 121 jours : un démissionnaire non éligible peut demander un réexamen de sa situation après 4 mois de recherche active
La rupture conventionnelle reste le mode de séparation le plus avantageux en termes de droits ARE : elle ouvre les droits immédiatement (après le différé d’indemnisation), avec le même calcul que pour un licenciement.
Simuler avec ses propres chiffres →
Calculateurs liés
- Calculateur ARE — estimation du montant journalier et de la durée d’indemnisation
- Simulateur salaire brut-net — pour comparer le net avant et après perte d’emploi