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Salaire & Impôts

Chômage Mayotte 2026 : l'ARE-M à 70 % du salaire, puis 50 %

Chômage Mayotte : l'ARE-M verse 70 % du salaire de référence pendant 91 jours, puis 50 %, avec 16,05 euros par jour au minimum et 182 jours de travail sur 24 mois.

3 juillet 2026 · mis à jour 24 octobre 2026 8 min de lecture
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Le chômage à Mayotte relève de l’ARE-M, une allocation définie par une convention propre, signée le 15 novembre 2024. Les droits s’ouvrent avec 182 jours de travail (ou 955 heures) sur les 24 derniers mois. L’allocation vaut 70 % du salaire journalier de référence pendant les 91 premiers jours, puis 50 %, avec un minimum de 16,05 euros par jour. La durée est celle des jours travaillés, de 182 à 365 jours, et monte à 730 jours à partir de 50 ans.

Le taux ne varie avec aucun seuil de salaire, comme les 41 euros qu’on lit parfois : seul le temps passé au chômage compte.

Chômage Mayotte : ce qui diffère de l’ARE nationale

ARE en métropoleARE-M (Mayotte)
Travail exigé130 jours ou 910 heures sur 24 mois182 jours ou 955 heures sur 24 mois
Calcul de l’allocation57 % du salaire journalier de référence, ou 40,4 % plus une partie fixe de 13,18 €70 % du salaire journalier de référence pendant 91 jours, puis 50 %
Minimum par jour32,13 €16,05 €
Durée maximale à 40 ans548 jours (18 mois)365 jours (12 mois)

La durée nationale peut être plus courte après une rupture conventionnelle dont le contrat prend fin depuis le 1er septembre 2026 : 15 mois avant 55 ans en métropole. L’Unédic exclut Mayotte des durées fixées pour l’outre-mer et n’en donne aucune pour l’île. Dans les autres départements d’outre-mer, la durée n’est pas réduite par le coefficient 0,75. Le détail du régime national est dans l’article sur le calcul de l’ARE, et le calculateur ARE refait le calcul national pour comparer. Il n’applique pas les règles de l’ARE-M.

Étape 1 : savoir si vous ouvrez des droits

Quatre conditions pèsent le plus.

  • Avoir travaillé 182 jours ou 955 heures sur les 24 mois qui précèdent la fin du contrat (terme du préavis).
  • Avoir vu son contrat prendre fin dans les 12 mois avant l’inscription comme demandeur d’emploi. Ce délai peut être allongé dans quelques cas, comme un congé parental.
  • Être privé d’emploi sans l’avoir voulu : licenciement, rupture conventionnelle, fin de CDD.
  • Résider à Mayotte et chercher activement un emploi.

Les 12 mois ne sont donc pas la période de travail, comme on le lit parfois. C’est le délai pour s’inscrire. La période de travail, elle, s’étend sur 24 mois.

Une démission ne donne rien en principe. Trois portes existent : une démission jugée légitime (par exemple pour salaires impayés), retravailler au moins 91 jours (ou 455 heures) après le départ, ou démissionner pour un projet professionnel, ce qui demande 1 825 jours de travail sur les 60 derniers mois. Ce dispositif existe donc bien à Mayotte.

Étape 2 : le salaire journalier de référence

L’Unédic part des salaires des six derniers mois civils précédant le dernier jour de travail payé. Les indemnités de licenciement, de préavis et de congés payés sont exclues. Le total est divisé par le nombre de jours d’appartenance à l’entreprise, au maximum 184.

Le salaire pris en compte est plafonné à 4 728 euros par mois, soit 155,44 euros par jour. Au SMIC mahorais, ce plafond est très loin.

Pour retrouver un brut depuis un net, le simulateur salaire brut net fait le chemin inverse.

Étape 3 : l’allocation, 70 % puis 50 %

Cas posé ligne à ligne : un salarié payé au SMIC mahorais : 9,33 euros de l’heure de janvier à mai 2026 (1 415,05 euros brut par mois), puis 9,56 euros depuis le 1er juin 2026 (1 449,93 euros). Son contrat prend fin le 30 juin 2026 ; les six mois de janvier à juin font 181 jours d’appartenance. L’hypothèse des 181 jours est la nôtre, elle change avec les mois retenus.

ÉtapeCalcul
Salaire de référence5 × 1 415,05 € + 1 449,93 € = 8 525,18 €
Salaire journalier de référence8 525,18 € ÷ 181 jours = 47,10 €
Allocation les 91 premiers jours47,10 € × 70 % = 32,97 € par jour
Allocation ensuite47,10 € × 50 % = 23,55 € par jour
Mois de 30 jours, phase à 70 %32,97 € × 30 = 989,10 €
Mois de 30 jours, phase à 50 %23,55 € × 30 = 706,50 €

Le minimum de 16,05 euros n’entre pas en jeu ici, puisque 23,55 euros est au dessus. Le salaire journalier étant plafonné à 155,44 euros, l’allocation ne dépasse pas 108,81 euros par jour du 1er au 91e jour (70 %), puis 77,72 euros à partir du 92e jour (50 %, notre calcul). À Mayotte, seule une retenue de 3,06 % est prélevée sur l’ARE-M, avec un seuil d’exonération de 47 euros par jour ; les montants de ce cas sont sous ce seuil.

Le passage de 70 % à 50 % est brutal : 282,60 euros de moins par mois dès le quatrième mois, dans ce cas. Mieux vaut le prévoir dès le premier versement.

Étape 4 : combien de temps l’ARE-M est versée

Un jour travaillé donne un jour indemnisé. La durée minimale est de 182 jours, la maximale de 365 jours avant 50 ans, de 730 jours à partir de 50 ans. L’âge se lit à la date de fin de contrat.

Exemple de la fiche Unédic : 456 jours de travail pour un salarié de moins de 50 ans donnent 365 jours d’indemnisation.

Le salarié du cas ci-dessus a travaillé 15 mois d’affilée, d’avril 2025 à juin 2026. Sa durée est plafonnée à 365 jours :

PhaseJoursMontant
70 % du SJR9191 × 32,97 € = 3 000,27 €
50 % du SJR274274 × 23,55 € = 6 452,70 €
Total sur 365 jours3659 452,97 €

Un salarié de 52 ans avec les mêmes 15 mois de travail toucherait 456 jours, puisque la durée suit les jours travaillés ; il faut 730 jours de travail sur les 24 mois pour atteindre le maximum.

Étape 5 : quand le premier versement arrive

Le versement ne commence pas le lendemain de la fin du contrat. Trois délais s’enchaînent.

  1. Le différé congés payés : l’indemnité compensatrice de congés payés divisée par le salaire journalier de référence.
  2. Le différé spécifique : les indemnités de rupture supérieures au minimum légal, divisées par 94,4, avec un plafond de 180 jours (75 jours pour un licenciement économique).
  3. Le délai d’attente de 7 jours, non appliqué si vous l’avez déjà subi dans les 12 derniers mois.

L’Unédic donne cet exemple : fin de contrat le 30 juin, 200 euros de congés payés, salaire journalier de référence de 50 euros, 900 euros d’indemnités supérieures au minimum légal. Différé congés payés : 4 jours. Différé spécifique : 9 jours. Délai d’attente : 7 jours. Total : 20 jours, indemnisation à partir du 21 juillet.

Tout part de l’inscription comme demandeur d’emploi auprès de France Travail Mayotte.

Reprendre un emploi, ou arriver en fin de droits

Reprendre un travail ne coupe pas l’allocation. Chaque mois, 70 % du salaire brut gagné sont retirés de l’ARE-M mensuelle. Le total allocation plus salaire ne peut pas dépasser l’ancien salaire mensuel de référence.

Quand les droits s’arrêtent, l’allocation de solidarité spécifique peut prendre le relais, sous conditions. À Mayotte, elle est de 9,75 euros par jour, soit 292,50 euros pour un mois de 30 jours, avec un plafond de ressources de 682,50 euros pour une personne seule et 1 072 euros en couple (valeurs au 1er avril 2026). Les conditions sont détaillées dans l’article sur l’ASS, qui présente le régime national.

Le contexte local est difficile : l’Insee compte 25 % de chômage à Mayotte en 2025, contre 29 % en 2024, soit environ 18 000 personnes. Cette baisse ne traduit pas une amélioration : le halo autour du chômage atteint 50 300 personnes.

Les montants de juillet 2026

Le conseil d’administration de l’Unédic a décidé le 30 juin 2026 de ne pas revaloriser les allocations au 1er juillet. Le minimum de l’ARE-M reste à 16,05 euros par jour, celui de l’ARE-M formation à 11,51 euros. La dernière hausse, de 0,50 %, date du 1er juillet 2025. Le règlement de 2024 mentionne encore 15,97 euros : cette valeur est dépassée.

Sources